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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 15:54

Sortie : octobre 2011

Label : Jarring Effects

Genre : Noise Rock, Abstract hip-hop, Experimental Electronics

Note : 8/10

 

Picore est une nébuleuse formation lyonnaise. Le groupe détient à son actif deux albums, Discopunkture réalisé en 2003 et L'Hélium Du Peuple en 2006. Cinq ans donc, se sont écoulés depuis leur dernier long format, qui fondait leur relation avec Jarring Effects. Un vinyle, une JFX Studio Session Figure One, incluant les rappeurs Oddateee et Ben Sharpa, aura pu donner à manger aux fans, il y a un an de cela. Inclassable et lancinant, mélange de noise, d'abstact hip-hop, d'indus, de jazz et de spoken word, Assyrian Vertigo tombe comme un brusque pavé dans une marre croupie.

 

Picore semble cultiver un certain attrait pour le mystère, la noirceur et.. la mythologie mésopotamienne. Outre les titres des morceaux se référant à des dieux assyriens, leurs lyrics et même leur site donnent dans l'énigmatique et le troublant. Leur musique également, vous vous en doutiez. Picore pourrait être rapproché d'un The Fluid (chronique et interview ici, ), dans la fusion au chalumeau du rock du hip-hop noisy comme dans la démarche opiniâtre de recherche d'abstraction et de télescopage des genres. Dälek, dont DJ Octopus a enregistré cet album à New York, ou Ez3kiel sont également à compter dans leurs influences. Sur Assyrian Vertigo, la musique de Picore évoque un vortex orageux aspirant toute lumière ou gaité dans des conglomérats effervescents. Une chape de plomb recouvre le cosmos, l'offensive approche, plus rien ne sera jamais radieux. La batterie est l'interprète de turbulences répétées et persistantes, la guitare crisse, de ses larsens fusent des éclats corrodés. Mais Assyrian Vertigo n'est pas fait uniquement d'écorchures. Sa dimension cinématique et évocatrice est immense. Si certaines parties du disque déversent dans vos conduits des flux noirs de lave, directement à l'entonnoir (l'introductif et tétanisant Ziggurat), d'autres s'autorisent des plages de 7 minutes d'ambient (le très beau Sardanapal III), les bruissements d'un feu glacé se superposant à l'intensité croissante d'un drone et aux divagations d'une clarinette. Si cette dernière, ainsi qu'une trompette, sont d'un apport indéniable à la densité mélodique de l'ensemble, un élément fondamental n'a point encore été développé. Les lyrics, en forme de spoken word lourd et acide, intervenant sporadiquement et dont le verbe évoquerait parfois celui de Psykick Lyrikah. Qui se livre à l'écoute d'Aubade ne moufte pas de si tôt. « Hystérique en ouvrant la porte... Austère en chargeant la dose... Il se retourne encore et ne parle toujours pas. »  La violence des vagues dronatiques environnantes faisant le reste, on retient son souffle et on attend, subjugué. Picore démontre une qualité notable consistant à égarer l'auditeur le long de sentiers rachitiques et tirés au cordeau, mangés de textures glacées et jalonnés de saccades onduleuses de cuivres. L'intensité augmente graduellement et le sol finit par se scinder en deux dans un déversement rocailleux à l'arrière-goût de post-rock. L'expérience se produit sur Gilgamesh, tuerie en puissance. A mon goût, une autre beauté de cet album s'inscrit dans les 5,56 minutes de Meure Menace. Bien que toujours imprégné de rock, ce morceau dégage une sorte de tourment cristallin, qui finit, inexorablement écrabouillé (ou porté à son paroxysme) sous les lacérations de la guitare. Entre temps, une voix murmure « Je ne suis tout simplement pas là ». 

 

A qui désire s'embaumer le crâne, se tremper de vapeurs mauvaises mais tellement salvatrices absorbe ce disque sans suspension. Picore, réputés tempétueux sur scène, gratifieront les Parisiens d'une prestation live au Divan du Monde en compagnie de Aucan et de Idem le 22 novembre. Chroniques Electronique en sera. Indécent, il serait de louper ça. 

 

arton15149

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Timon 16/11/2011 09:03


Un album intense, dense et sans compromis,ça lorgne du coté de Dälek et surtout du Krautrock mais en ayant les ingrédients de la musique d'aujourd'hui (voir de demain?). Evidement si le groupe
venait de N.Y tout le monde aurait crié au génie!!
Quand aux paroles, même obscures elles on une puissance d'évocation rare.
Et puis un album qui ne vous gonfle pas au bout de la moitié de la 2ieme écoute....
Merci Jarring Effects qui continue à prendre des risques et merci à Picore (mais quelle belle idée ce nom)en éspérant les voir sur scène bientôt.


Arthur 11/11/2011 17:20


Picore ! Un grand groupe. Fantastique en live. Ils passent dans mon bled bientôt... J'ai hâte.


Nathan 08/11/2011 23:02


Ils tournent avec Scorn en plus, sur les dates françaises. Impatient de voir ça la semaine prochaine.