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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 19:03

Sortie : juin 2011

Label : Schematic

Genre : IDM, Experimental

Note : 8/10

 

Le duo américain Phoenecia s'est nourri des 90's. En 1995, Romulo del Castillo et Joshua Kay fondent Soul Oddity et réalisent l'album Tone Capsule. Leur projet Phoenecia, axé sur une IDM aux consonances de musique concrète, éclot en 1997 avec un EP, Randa Rommet, sorti sur Warp Records. Les deux comparses créent alors leur propre label Schematic, qui collaborera avec Autechre, Richard Devine ou Scott Herren (Prefuse 73), comme avec The Designers Republic. En une décennie, ces deux natifs de Miami ont réalisé une paire d'albums, Brownout et Echelon Mail. Voilà pour leur actif. Aujourd'hui c'est de l'excellent Demissions dont on parle, troisième album inclassable, abstrait et très beau.

 

Encore maintenant, les sons de Phoenecia semblent emprunts de reliquats de l'âge d'or warpien. Il y a dans Demissions une profonde recherche d'abstraction, de réfutation de la mélodie au sens classique du terme. Mais puristes qu'ils sont, les deux sont à des lieux d'une trop grande et pénible opacité. L'univers de Phoenecia est difficilement descriptible. Une chose est claire, ce disque possède des capacités d'absorption impressionnantes. Et cela même si on ne peut jamais être vraiment certain de l'endroit dans lequel on a atterri. Faille temporelle dans un futur troublé sans être réellement menaçant ou réminiscences d'un passé plus fédérateur, nul ne peut le dire. Les nappes paraissent habitées. Les rythmiques s'apparentent à des pulsations organiques d'origine inconnue. Parfois on voit poindre des lueurs magnifiques, telles des tonalités liquides qui subliment les froides répétitions de boucles impérieuses. Demissions est un album intransigeant, qui se doit d'être proprement assimilé, délivrant alors des trésors de sculpture sonore, de finesse et d'ambiances sombres et moirées.

Un disque qui s'ouvre sur une pièce telle que Two-Part Invention For Bohdran & Computer démontre déjà un niveau plus que conséquent. Telle une symphonie bruissante s'étirant sur 12 minutes, le morceau trace dans sa première partie des liens de filiation avec les compositions concrètes. Des touches d'électronica légères et pures marquent la transition vers le second mouvement. Des drums travaillées aux pinceaux développent alors une quasi-trance, métallique et tribale. S'en est terrassant. Autres pépites, le délicat et jamais naïf Aunt Annie, ou Dogness, qui emprunte un sample du My Dogan de Kettel. Demissons se referme avec superbe, sorte de classe impétueuse qui le teinte de bout en bout. Frénétique, vicieux et fleurant bon les influences d'Autechre, Livelihoods brouille tous les codes, vous crache de la fumée dans le cerveau et progresse avec des desseins hallucinatoires. Un truc énorme.

 

Il n'est pas impossible que ce disque doive attendre quelques années pour être justement apprécié. Phoenecia réussit la performance d'unir une vision avant-gardiste et un profond esprit old-school. Entre IDM, drill'n'bass, ambient et manipulations abstraites, Kay et del Castillo livrent un album profond, chimique et élégant. Les nostalgiques de l'époque où Warp couronna ses grands seigneurs pourraient être à nouveau comblés.

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 09/08/2011 22:53


Et je n'en pensais pas moins à sa sortie (http://www.indierockmag.com/article14841.html), mais n'ayant toujours pas fini d'explorer Echelon Mail je pense en effet que le pouvoir de fascination de
celui-ci n'est pas prêt de retomber.


Rabbit 09/08/2011 08:36


Album de l'année, ça méritait un bon 9,5.


Chroniques électroniques 09/08/2011 22:08



Ce que j'en pense est dit, mais il n'est pas impossible que j'admette à posteriori avoir sous-noté. C'est indéniablement une tuerie.