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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 10:33

Sortie : 29 octobre 2010

Label : Archipel Musique

 

Album conceptuel, proposition où le hasard tient une place prépondérante, Channeling (Cycles) ne se laisse pas amadouer au premier regard mais laisse une empreinte durable dans l’esprit. Jean-Patrice Remillard n’est pas un sombre arriviste, lui qui officie, sous le pseudo Pheek, dans le milieu techno depuis une dizaine d’années tout en s’écartant avec malice de tous les schémas préconçus. En fondant Archipel, il a rapidement pris la tangente. Son collectif de musiciens et designers ne travaille pas la matière sonore comme une vulgaire machine à danser. Ici tout est mis en commun pour mieux brouiller les pistes, les sorties sont en édition limitée pour maintenir le mystère.

Alors quand est annoncé le dixième album du Canadien Pheek, on se demande encore de quoi il va en retourner. Le concept est pourtant aussi simple qu’il pourrait paraître roublard : appliquer le principe de l’écriture automatique à la création musicale. Le risque de tomber dans un surréalisme abscons est grand. Après tout, l’écriture automatique peut rester un prétexte à toute expérimentation, même foireuse. Pourtant, Channeling (Cycles) se révèle fascinant car, malgré la part de non-sens, il est fichtrement maîtrisé. Paradoxe ?

L’album se scinde en deux types d’exercices. Les plages purement expérimentales et les tracks deep-house. Quand Pheek se concentre sur une house mental, toujours étirée (les 3 titres house dépassant les 10 minutes), on reste en terrain connu, naviguant entre basses réconfortantes et sonorités aquatiques. Pheek connaît les codes, en joue et petit à petit le piège se referme vicieusement sur nous. Skating (On The Rings Of Saturn) et Ghost Whisperer sont de cinglantes réussites house. Quand Pheek verse dans l’expérimentation, l’album se révèle alors aussi fascinant qu’opaque. Les sonorités désagréables de Big Trouble In Little Cave flirtent avec la recherche sonore, Snake Entry ; Day 3 regarde du côté de la proto-house.

Les jeux de fréquences et d’oscillations demeurent des exercices risqués et pourtant l’album se révèle suffisamment insolite dans sa force de proposition pour que le mélange des genres finisse pas l’emporter devant tant de fluidité et de pertinence.

La musique de Pheek rappelle à quel point la musique électronique est bien plus qu’une simple machine à danser. Channeling (Cycles) permet de télescoper house et expérimentation par le biais du non-sens pour un résultat envoûtant.

 

http://bandcamp.com/files/40/95/4095243431-1.jpg

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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