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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 13:47

Sortie : 3 juin 2011

Label : Rough Trade

Genre : Techno, deep-techno

Note : 5,5/10

 

Berlin Calling, 2008, aura marqué l’apogée d’une ville, Berlin, et l’avènement de son héros, Paul Kalkbrenner. Tel un gourou, le DJ va devenir le porte parole d’une esthétique électronique propre à la capitale allemande. Berlin s’ouvre alors à des hordes d’easyjetteurs venus s’encanailler dans les lieux branchés dans l’espoir, vain, de pouvoir humer l’atmosphère de la ville. Or, ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que Berlin est mort avec Berlin Calling. La ville n’est plus que le reflet d’elle-même et c’est désormais dans ses marges que l’on trouve matière à création. La faute ne revient pas vraiment à Paul Kalkbrenner. Le pauvre gars n’a rien demandé. Comment pouvait-il prévoir le succès du film Berlin Calling alors même que ce dernier est un puissant navet ? Comment pouvait-il prévoir le succès de la BO du film alors même que le disque est uniquement composé d’anciens morceaux du DJ ? Pourquoi lui ? Pourquoi un tel succès ? La deep-techno de Paul Kalkbrenner est certes de qualité mais elle n’est en rien révolutionnaire. L’aspect mélodique, l'étrange mélancolie et les constructions pop de ses tracks y sont sans doute pour beaucoup car permettant à un public moins coutumier de la musique techno de rapidement pouvoir digérer ces morceaux accessibles. Il ne reste plus qu’à Paul à conquérir les plus grandes scènes de festivals européens afin de faire danser langoureusement un public désormais conquis d’avance.

 

L’épreuve suivante est la plus difficile ; sortir un nouvel album. Les défis sont multiples. Il faut surmonter la crainte de la redite, maintenir un haut niveau d’exigence, satisfaire un public désormais trop large. On imagine un Paul fébrile devant un tel challenge. Pour cela, il s’est échappé de l’école BPitch Control, trop dépendante des volontés de madame Ellen Allien, pour se diriger vers Rough Trade. Le risque est grand car l’écurie rock anglaise n’est pas coutumière du genre. L’an dernier, le label avait réussi son ouverture techno via l’excellent Black Noise de Pantha Du Prince mais avec Icke Wieder le constat est loin d’être aussi dithyrambique. La faute revient principalement à un son manquant étrangement de relief et supprimant ainsi les kicks puissants et les montées fédératrices. Icke Wieder devient alors un album trop mou sur les bords. Même si Paul Kalkbrenner n’a jamais été un producteur misant sur une techno puissante, on l’a cependant connu plus remuant. En cumulant un son plat et des tracks ternes, Icke Wieder ne convainc qu’à moitié.

La deuxième partie de l’album se révèle bien trop linéaire pour satisfaire pleinement un amateur de techno. C’est principalement sur sa première partie que l’album se révèle plus plaisant. Böxig Leise est une jolie techno mélancolique pendant que Jestrüpp puise sa force dans sa simplicité. Il semblerait que Paul Kalkbrenner ait misé sur un certain dépouillement afin que ses tracks ne s’encombrent d’aucun élément superflu. Le parti pris se révèle risqué mais pas vraiment insensé. En effet, Icke Wieder est parcouru d’une élégante esthétique pop, permettant ainsi une écoute distanciée. Il y a fort à parier que l’album va plaire aux fans de Kalkbrenner tout en fédérant un nouveau public. Le tour de force de Paul étant de réussir à rendre plaisant un album relativement anecdotique.

 

On aurait pu craindre le crépuscule d’un roi mais Icke Wieder se révèle être un fréquentable compagnon de route. C’est en choisissant la sobriété que Paul Kalkbrenner espère trouver un nouveau souffle. Mais on reste tout de même loin de la techno inspirée de Berlin Calling et on ne peut s’empêcher de trouver Icker Wieder paresseux et un brin trop facile. Icke Wieder confirme ainsi la lente descente de Berlin. Mais le temps que les touristes comprennent que la création est mouvante et qu’il y a autant de paradis urbains que de mouvements musicaux, Paul Kalkbrenner aura encore le temps de combler des milliers de danseurs.

 

http://img.abrakaba.com/0046CADE-7/Paul-Kalkbrenner-Icke-Wieder.jpg

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Occyde 16/02/2012 21:10

Ouai...,Berlin n'est pas mort c'est juste que certains se sont reveillaient un jour (certains avec Berlin Calling)et on découvert son potentiel culturel(il n'y a pas que la techno à Berlin,c'est
une ville,une ame),quand à Pk le bonhomme ca fait perpette qu'il compose de bons tracks et c'est pas fini...,Icke Wieder on aime ou pas,plus ou moins que les anciennes prod's,mais meme si c'est
plus pop ca ouvre une porte aux Vrais musiques et en particulier electroniques,puis si ca peut éviter les daubes récurrantes sur les radios,je ne citeré pas de nom...puis avant de critiquer faut
dejà arriver à composer un track ne serait ce qu'un du niveau d'un Pk...

July 08/02/2012 18:11

trop trop bien !!! Je l'ai vu 2 fois en concert en 2011.
Paul mon hero !!! :-)

Chroniques électroniques 08/02/2012 21:12



"Trop trop bien" tu vas bien vite en besogne Julie tout de même.



Traum 24/09/2011 17:10


Hello chroniques electroniques,critiques toujours tres pertinentes et decouvertes de nouveaux artistes,thx.Pour le le paul k je suis d accord avec la chronique meme si j aurai ete moins
indulgent,je trouve l album plat et il ne m en reste rien apres l ecoute il y a meme quelques grosses bouses cf kleines bubu...dommage je retourne ecouter le diorama de eulberg,meilleure sortie
techno ces derniers temps pour moi..


Tonifion 12/06/2011 15:38


ARTICLE OK !

Album plat, film bouseux, artiste en deuil !
Paul Kalkbrenner a beaucoup apporté à la scène techno par le passé, premiers albums, premiers EPs, on ne peut pas lui enlever. Il a cette touch, ce côté soul qu'il sait retranscrire à l'infini.
Malheureusement aujourd'hui il n'apporte plus rien à cette musique.

Depuis Berlin Calling, film+album, Paul Kalkbrenner est à la scène techno ce que David Guetta et à l'electro-house; UN FLéAU !
L'album BC en lui même est bon, mais après ça, soit il s'enfonçait dans le commercial pur et dur, soit il tentait un retour aux sources, et manifestement c'est raté, l'album manque cruellement de
relief, c'est une mort lente et douloureuse.

De toute façon, depuis le film "le monde de la techno est un monde dangereux car il y a les drogues, je sombre, mais heureusement je m'en sors grâce à l'amour de la musique", le mec à perdu toute
crédibilité.

Et c'est vrai que la ville en a aussi pris un coup par la même occasion, ça a contribuer à dénaturer des lieux de magie, seul les plus férus restent intègres (Ostgut


Sandy 10/06/2011 14:34


Bonjour,
Je trouve un peu réducteur de juger Paul K. seulement à Berlin Calling - certes assez "electro grand public" - alors que ses albums précédents étaient bcp plus engagés et de purs bijoux.... (je
pense à Castanets, Zeit, ...)


Chroniques électroniques 11/06/2011 04:05



C'est un parti pris volontaire (d'ailleurs, je dis bien que la B.O. de Berlin Calling est un condensé des "meilleurs" morceaux de Paul K.).