Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 01:07

Sortie : juillet 2012

Label : Raumklang

Genre : IDM, Indus, Downtempo

Note : 7,5/10

 

James Church, résident de l'Alaska, fait du son depuis déjà un petit moment.  Même avant qu'il ne contribue humblement, aux côtés de Paul Nielsen (Tympanik), Shannon Malik (Signifier), Kirdec et Miguel de Sousa (parmi tant d'autres) à l'élaboration de l'aujourd'hui mort webzine Connexion Bizarre. Il a depuis créé son propre label, CRL Studios, où il publie ses propres releases ainsi que celle de ses potes. Il met en avant deux facettes de sa personnalité artistique, l'une, plus agressive et plus intraçable en tant que Lucidstatic. L'autre, définitivement orientée vers une IDM teintée d'indus et de tribalisme narcotique : Pandora's Black Book. C'est avec cet avatar qu'il signera à mon sens sa plus belle réussite : Black Brothel, en 2009, millésime d'exception pour Tympanik. Raumklang Music, label dirigé par Dirk Geiger (autre artiste proche de Tympanik), lui ouvre en grand ses portes pour publier le présent Divergent.

 

En bon originaire des contrées glacées, Jimmy Church a su parer sa musique d'un étincelant spectre polaire. Surtout pour ce qui est de transmettre une bonne part d'onirisme à ses grasses nappes ambient. Même si Divergent est à envisager définitivement comme originaire d'un terreau downtempo, la palette rythmique tient ici une place conséquente. Tant et tellement, qu'il y a parfois comme une sensation de surcharge. L'impression que le cul entre deux chaises de l'américain, ne sait si il doit privilégier et donc s'asseoir, sur la partie rythmique ou sur l'atmosphère en général. Un peu comme si Lucidstatic voulait sortir de la boite de l'hibernation, pour péter le nez de PBB. Ce léger reproche trouvera sa source surtout en fin d'album, avec ce petit excès de strates et de maelström rythmique.

Car pour ce qui s'agit de l'ambiance et du rythme, Church est tout sauf un manchot. Car même si Divergent n'a pas la force torride et frénétique de Black Brothel, il contient son lot d'atmosphères ambivalentes à souhait. Là où la beauté limpide fréquente parfois d'obscures sanctuaires fleurant bon la pisse frelatée et les vapeurs froides de crackhouse. L'américain est un fan de la première heure du génial Tricky (même si, ça comme le reste, c'était mieux avant). On ne pourra pas réellement parler ici de propres influences, mais le même goût pour les ambiances claustrophobiques et malsaines est bel et bien là. Cet art de la synthèse difficile qu'est ce genre de downtempo, trouvera son apogée lors des excellents Burrowers et Formula 51. Quand ses glitchy beats donnent un tassement vertébrale à une nappe métastasée, on peut même dire que ça surbute carrément.

Notons également que l'aspect tribal, bien que discret, sera suffisamment bien maîtrisé pour ne pas tomber dans la caricature et le kitsch. J'en veux pour preuve le tout début de l'opus, où les glaces semblent pénétrées par des nuées de djinns haschichins. Saluons aussi les boursouflures saturées, ainsi que les tonalités vicieuses et écholaliques de Suspect. Tout comme le débordement âcre et diluvien des antagonistes Empty Spaces, ou le sépulcral Fear Of Tomorrow.

On regrettera par ailleurs que ce qui relevait au départ de l'onirisme (en terme de synthés) sombre un peu parfois dans l'ésotérisme éculé. Tout comme encore une fois dans ce sérail, le non apport de remixes pourtant pas mal branlés.

 

James Church livre ici un album certes imparfait, mais incontestablement sérieux et abouti. A l'heure ou sans même le sentir, tout un pan de cette scène se mord la queue tous crocs dehors, l'américain livre une copie qui comporte prises de risques et rigueur. Ne serait-ce que pour ça, le boulot est à saluer. De son côté, Raumklang se hisse petit à petit au même rang que les labels phares du genre. De quoi agrémenter à terme, les pantagruéliques barbecues de Dirk Geiger.

 

http://www.raumklang-music.de/uploads/images/l_release_32_5a4e1w0q3z.jpg

par Ed Loxapac

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

P.L 12/09/2012 16:10

Coincidences des calendriers de sorties, ou reflet des humeurs du chroniqueur, j'ai l'impression que les genres apparaissent par phases. Une plus deep house, dernièrement pas mal d'ambient / field
recording et plus récemment bien dark indus, plus dur... Toujours excellent en tout cas !

Chroniques électroniques 13/09/2012 12:24



c'est aussi peut-être parce qu'on est deux... avec pas vraiment les même goûts. Merci pour le compliment en tous cas.