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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 09:52

Sortie : 19 avril 2011

Label : Paw Tracks

Genre : Electro-pop hippie

Note : 7/10

 

Si Brian Wilson, par la force d’une ingestion frénétique d’acides, ne s’était pas flingué ses connexions synaptiques, il aurait sans doute pu se muer en Panda Bear. L’ex-Beach Boys sortirait alors des albums pop en apesanteur ouvrant les portes de la perception au commun des mortels. Heureusement, le timide Panda Bear a repris le flambeau. Noah Lennox est davantage connu pour être l’une des têtes pensantes, si ce n’est son âme, d’Animal Collective. Mais le petit Noah n’a jamais pu se limiter aux expérimentations du groupe arty new yorkais, il a toujours souhaité aller plus loin dans ses rêveries. En 2007, sortait Person Pitch, album de pop expérimentale phénoménal, monstre hybride échappant à tout carcan. Panda Bear venait d’accoucher de son Smile, le sommet était atteint. Après ça, on se demandait comment allait réagir notre bonhomme. Il aura fallu attendre 4 ans pour enfin pouvoir écouter Tomboy, son 4e exercice, dans son intégralité (après avoir distillé une bonne partie des morceaux présents au compte-gouttes durant l’année 2010).

 

Exit les samples chamaniques de Person Pitch, Panda Bear revient à une structure plus élémentaire en se cantonnant à une rythmique électronique en sourdine, une guitare évanescente et une voix gonflée de reverbs. Pour autant, cela ne remet aucunement en cause l’identité musicale du Panda. Bien au contraire, l’esprit profondément hippie des travaux précédents transpire à chaque note de Tomboy. De même, l’étrange sensation d’écouter le disque la tête sous l’eau reste prégnante. D’aucun diront d’ailleurs que Panda Bear se répète inlassablement… à raison, puisque malgré une remise en cause des techniques de créations, on retrouve cette même identité sonore, ce même esprit fantomatique, conférant à l’ensemble une impression insaisissable, à mi-chemin entre une chorale païenne et les expérimentations psychédéliques 80’s de Spacemen 3. Sans atteindre les sommets de Person Pitch (mais cela était-il possible ?), Panda Bear signe avec Tomboy une tentative d’expérimentation pop une nouvelle fois sublimée.

Parce que Tomboy respire le soleil et la coolitude, cet album semble être la promesse d’un été élégiaque. Pour preuve, le magnifique titre d’ouverture, You Can Count On Me, renvoie indubitablement aux harmonies vocales des Beach Boys mais ce n’est rien vis-à-vis de Drone, dont les vocalises incantatoires flirtent divinement avec le religieux. Et que dire de Surfer’s Hymn dont le titre renvoie à tout cet imaginaire californien ? Alors même si Tomboy est plus facile d’accès que Person Pitch, ici aucun morceau n’ose dépasser les 7 minutes, on nage tout de même en plein trip psychédélique. Bien entendu, certains seront rebutés par cette avalanche de reverbs mais c’est justement ce trop plein qui permet d’envelopper littéralement l’auditeur dans un monde onirique où chaque titre semble être une réponse au précédent, où la lancinance et la répétitivité renforce l’immersion. Lorsque s’achève l’album sur un Benfica somptueux, on ouvre alors les yeux difficilement pour tenter de rattraper la réalité. Tomboy est un rêve dont on aimerait ne jamais se réveiller.

 

http://www.the-drone.com/magazine/wp-content/uploads/2011/04/pandabeartomboy003.jpg

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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Joris 14/04/2011 14:44


Complètement d'accord avec toi. Un peu moins fascinant que Person Pitch mais il y 'a toujours un travail hallucinant sur les textures et les structures pop. C'est autant un disque qui se vit, qui
se danse ("Afterburner" au rythme house) et qui se pense. Une vraie réussite.