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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 01:57

Sortie : février 2012

Label : Denovali

Genre : Ambient, jazz malade, Experimental

Note : 8/10

 

On parle souvent des releases de Denovali actuellement. Encore plus de leurs éclairées ré-éditions. C'est une nouvelle fois le cas ici, avec ce Paal de Pan & Me, déjà confidentiellement sorti l'année dernière sur un certain Sel Limited Series. Mais Christophe Mevel n'est pourtant pas un étranger. Membre du Dale Cooper Quartet, il a déjà collaboré avec Denovali à l'occasion de la sortie de l'excellent album Metamanoir. Son complice Cyril Pansal participe également à cet étrange et exigeant projet. Le décor est planté. Le départ de cet expédition vers le large de l'Alaska se fera à partir d'un port brumeux où n'accostent que des embarcations sans moteurs. Peut-être non loin de la rade de Brest, puisque c'est là qu'il a été mixé.

 

La mer, immensité indomptable, compte autant de mystères que de dangers. Et parce que les bouteilles jetées à la mer ne rapportent que rarement des réponses, Paal est un album qui peut prétendre à l'insondable. Tout commence au son des pleurs d'une viole et de respirations haletantes. The Lighthouse At Two Lights, titre contrasté idéal pour illustrer un film que Bela Tarr n'a pas encore conçu, dérange autant qu'il fascine. La fresque s'étend avec nonchalance dans ses propres vapeurs, pour ensuite se boursoufler de fields recordings inquiétants, de parasites expansionnistes et de spectres farceurs hululant au creux des voiles et des vagues qui viennent mourir sur la coque.

Puis étrangement, les ondes et les vents s'apaisent à mesure que de sereins rivages semblent se deviner, aidés par le piano chevrotant de Unalaska. Mais les sonars s'affolent et laissent augurer d'imprévues intempéries. Le génial jazz malade de The Everlasting Fog tangue comme un bateau ivre. La mer de cet album n'est pas d'huile, et dévoile ses imprévisibles mouvements comme une citadelle assiégée mais éternellement imprenable.

Paal est, vous l'aurez compris, une ode à la mer et au voyage, mais ses tableaux suggestifs sont surtout là pour stimuler l'imagination de celui qui reste à terre.  Si le dialogue entre le piano (discret mais toujours essentiel à la narration) et les fields recordings grinçants revêtent une enveloppe ambigue et oppressante, la citation suivante de Vicor Hugo se révèle plus adaptée que n'importe quelle analyse de chroniqueur en errance alcoolisée pour décrire ses scènes de contemplation. Entre côtes décharnées, récifs menaçants et berges à l'accueil indécis.

O triste mer ! Sépulcre ou tout semble vivant.

Une latitude et une longitude sont révélées. Comme dans les cartes au trésors d'antan, un X marque l'endroit d'où surgira la révélation tant attendue. Quelque part entre Makushin et Kashega Bay, où enfin le voyageur pourra plonger ses mains dans l'eau pour contempler les fruits de sa pêche miraculeuse. C'est étrangement le titre le plus rythmé, probablement le moins abstrait, mais sa cavalcade révèle autant de parfums de traque que de paix.

The Clearing, vient forcément clore le périple et annoncer le retour vers les terres du départ originel. Il restera de ce voyage des instants capturés indélébiles. Les orchestration soyeuses enivrent et appellent à une inexplicable nostalgie. Celle des voyages et des périples solitaires incertains.

 

Paal est une oeuvre étrange et ambivalente, qui ravira les férus de musiques expérimentales exigentes. A situer quelque part entre les travaux de Sylvain Chauveau et ceux de Christian Fennesz. Excusez du peu. Denovali et Pan & Me peuvent dormir tranquille. Leur mer et leur musique, sont loin d'avoir dévoilé tous leurs secrets.

 

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par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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