Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 22:09

Sortie : septembre 2011

Label : Troisième Bureau

Genre : rap français ?

Note : 4/10

 

Aurélien est né à Alençon en l'an de grace 1982. Il est blanc et ses parents sont salariés de l'Education Nationale (oui, j'y mets les majuscules). Il s'installe par la suite à Caen, et tente péniblement de faire des études de management. On dit qu'il a passé du temps aux states, et même qu'il a fait un boulot de veilleur de nuit dans un hôtel où il aurait écrit certains de ses textes. Et malgré tout ça, il décide de faire du rap, du rap français. Orelsan passe aussi beaucoup de temps à se branler sur internet, presque autant sur son skyblog que sur you porn. Ses clips sont au départ artisanaux. Le plus remarqué, Saint Valentin, redonne ses lettres de noblesse au slackness, genre rarement aussi bien exploré dans le rap hegagonale. La sauce samouraï prend vite sur les plate-formes vidéos. Il a l'intelligence de bien relayer les visiteurs sur son myspace souvent mis à jour. C'est parti. Immédiatement, ses incontestables talents d'écriture sont dévoilés, maniant les punchlines et les métaphores avec brio. Certains le décriront comme un éternel ado frustré, misogyne, bref un loser qui n'aurait d'autre partenaire sexuel que son disque dur (pas encore externe à l'époque). Analyse rapide et faux débat. Vient ensuite le chef d'oeuvre Sale Pute, décrivant les errances alcoolisées d'un homme trompé, crachant sa haine et ses frustrations de loser magnifique à son ex dulcinée sur MSN. Sale Pute est à remettre dans un contexte. Quand on est trompé par sa meuf, on ne crache pas sur les buralistes. Alors oui, de pseudo-féministes crient à la provocation et à l'incitation à la haine en arborant des T-Shirts à l'effigie d'une Sohane encore fumante. Et pourtant ce n'est que le début des récupérations politiques. Même de grosses pointures éclairées comme Ségolaine ou Frédéric Lefebvre tenteront de reprendre l'affaire à leur compte. Le bouillon est déjà trop puissant pour la marmite d'Orelsan.

Monsieur Cotentin est un enfant de la France d'aujourd'hui. Qui s'est pris une certaine France dans la gueule. Celle de Bénabar, de Sarkozy forcément, mais aussi de la France qui a consciemment élu femme de l'année une pauvre pouffiasse peroxydée qui se faisait sautée dans une piscine face à tout le pays, pendant que sa gamine moisissait à la DDASS. On l'appelait miette à l'époque, double miche aujourd'hui. Un de ces gamins parmi tant d'autres qui a échangé à l'adolescence ses posters de Guns and Roses contre les clips clinquants de MTV. Orelsan s'est aussi pris en pleine gueule les avancées technologiques, l'alcoolisme précoce, les capotes trop grandes et les parties interminable de PES entre couilles dans un appart' sale. Il illustre plus que bien le constat dans le très bon Changement, figurant en bonne place sur son premier album officiel (Perdu d'avance). Il croise la route du producteur Skread, les majors, les physios de club et les médias commencent à lui faire autant de risettes que le rayon pur malt d'une épicerie fine écossaise.

Le rap français est un genre musical gangrené depuis 98 par les poncifs et un capitalisme rampant (à l'exception de certains circuits indépendants), l'érigeant en musique de droite à destination de potentiels électeurs de gauche. On est donc un peu moins surpris qu'Orelsan et ses pensées sombres se soient assis sur les berges d'une certaine industrie schizophrénique. Des affiches annonçant la sortie du Chant des Sirènes pullulent dans un métro parisien qu'Orelsan ne fréquentera jamais. La province n'est pas épargnée. L'industrie a capté qu'il y avait un gros paquet de pognon à se faire sur le dos d'Orelsan. Voyons maintenant si cette personnalité définitivement attractive et attachante s'est prise les pieds dans le tapis.

 

Le Chant des Sirènes est annoncé par Orelsan lui même comme son dernier disque. Et c'est tant mieux. Parce qu'au fond son rap est aujourd'hui plus que jamais souillé par ses lacunes techniques en terme de flow, l'hyper production de Skread et des contradictions qui flirtent avec l'hypocrisie cynique d'un Tariq Rammadan. Il a abandonné l'autotune pour des samples french touch 1.0 et des boucles synthétiques dignes de ces bouffons de TTC qu'il déteste tant (Plus rien ne m'étonne, Double Vie). Sur le très bon Raelsan, il dit porter un toast à la mort de l'industrie du disque tout en arborant les couleurs. Et pire, il pousse un peu plus loin le fait de chanter vraiment, et très mal (Si Seul, Double Vie, l'inécoutable La terre est ronde). S'alignant ici sur les démarches de rapeurs aussi pourris et créatifs que La Fouine, Soprano et l'heureusement disparu Disiz La Peste. Pire, il gratifie ses auditeurs de l'anémique Petite Marchande de Porte-Clefs, où il est vaguement question du funeste parcours d'une pauvre petite asiatique (même pas sourde) débarquée à Paris pour saouler les voyageurs du RER avec ses babioles pourries. Presque pathétique. Alors que reste-t-il ici du Orelsan de Sale Pute, de Saint Valentin et de Changement. Et ceci en prenant le maximum de distance avec le facile constat que c'était mieux avant ? La plume évidemment, celle qui trempée dans l'acide chronique une société à la dérive faite d'image et de faux-semblants. Celle d'une industrie peoplisée où l'oseille a pris depuis longtemps le pas sur la création. Des clubs de Paris (Babylone la Grande) où tous ces anciens no-life provinciaux bureaucrates ont pris l'ascenseur social pour se réclamer de la phallique Tour Effeil et des 7500 euros au m² du Belleville d'antan. Et ça qu'est ce qu'il le fait bien (Le Chant des Sirènes). Il est à son firmament sur le brûlot Suicide Social, où toutes les franges de la population en prennent pour leur grade, du bouseux dans son étable aux bureauniers des machines à café, en passant par les homos revendicatifs et les blogueurs élitistes matant google analytics comme si leurs vies en dépendait. Magnifique, spontané et intelligent. Même sur l'hommage aux 90's sur le bien nommé 1990, il fait mouche, illustrant parfaitement l'âge d'or du rap français, des survets adidas à pression, et des instrus percutantes qui avaient à l'époque le courage et l'intelligence de demeurer minimalistes. Il adapte même son flow à l'époque. Dommage que le titre soit trop court. Les indulgents et les fans de la première heure (probablement les mêmes) trouveront du bon dans 2010 ou dans Elle viendra quand même. Il n'empêche que Orelsan est ici une caricature de lui-même, ressassant encore ses élucubrations de pineur du Calvados, ses lendemains de cuite et son mauvais gôut en matière de zic et d'instrus. Avouons tout de même que les infra-basses puissantes lui vont mieux que le reste.

 

On n'échappera pas, nous, élite de l'internet et d'over-blog, à cette question pourrie : Mais pourquoi vous publiez une chronique de l'album d'Orelsan ? Vous voulez gagner trente connexions ? En plus pour dire qu'il est mauvais. C'est même pas de l'electro. Vous êtes pas à votre place à CE. Peut-être pour tenter de communier un peu plus avec Aurélien Cotentin, lui non plus pas vraiment à sa place. Ce chroniqueur intelligent, mec lambda installé dans la vie moderne évoquant les frustrations, les dérives et les doutes de toute une génération. Oui, il a fait un album pourri et a bouclé la boucle. Peut-être n'avait il pas envie vraiment de le chier et qu'il fallait bien répondre au chant des sirènes vérolées de l'industrie. Lui et sa fameuse peur de l'échec. Il est désormais temps d'écrire, seulement d'écrire, car le costard de ce rap français là est aujourd'hui bien trop étroit pour lui. Moi, j'attends, tranquillement. Caroline Fourest, elle, se tripote désespérément en attendant son premier essai sociologique. 

 

http://www.moustique.be/a/view/q75/w600/h/64842/orelsan-le-chant-des-sirenes.jpg

par Ed Loxapac

Partager cet article

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

PVX 12/10/2012 20:58

Tout ce bla bla bla pour dire si peu de choses... Orelsan est nul pour vous... mais vous... êtes qui ? Que je sache vous n'avez rien fait de rayonnant... vss noms ne me disent rien à moi,
internaute lambda.
Qu'est-ce, ou plutôt qui est-ce qui symbolise la réussite à vos yeux ? Le chroniqueur, et ses fans, qui disséquent l'oeuvre pour cracher dedans ? Ou le gars qui, en écrivant, réussit à faire du
récit de sa vie banale l'oeuvre en question ?
Avec le chant des sirènes, il a réussi ( partiellement ) à faire ce que vous ne ferez jamais : fédérer.
Mais c'est une fierté pour vous je présume, de rester dans l'ombre à proférer vos saloperies, lol, ou plutôt à vous masturber en échangeant vos commentaires qui se voudraient cinglants... mais qui
resteront des commentaires ^^
Dans l'ombre, comme ces rappeurs que vous adulez ( Casey, La Rumeur ). Des rappeurs pessimistes en fait, c'est d'ailleurs à peu près la seule chose qu'ils partagent avec vous à mon humble avis.
Mais au delà de ca, pensez vous sincèrement, en votre for intérieur, être les mieux placés pour décréter qui sont les " meilleurs rappeurs " ? Est-ce que le rap s'adresse à vous ? Vu le niveau de
langue j'en doute. Ca n'enmpêche pas d'en écouter. D'apprécier la technique. Mais écrire des critiques, je trouve ca vraiment pitoyable. Vous tirez sur l'ambulance, mais en plus vous tirez à côté.

Chroniques électroniques 12/10/2012 21:53



Pouah, cte commentaire de baltringue comme j'en ai jamais lu (ou presque). Où t'as vu que le rap existait pour fédérer quoi que ce soit ? Et où t'as vu qu'il fallait pas savoir manier la langue
pour apprécier le rap ? Je t'invite donc à écouter du rap où y a autre chose que des aspects fédérateurs. Je te parle d'écriture. Sinon, je te félicite, tu a très bien cerné les personnages que
nous sommes.


Bien en toi.



Damien 24/10/2011 19:29


Voir Orelsan sur chroniqueselectroniques c'est un peu comme voir Tyler the Creator dans Noise Mag, c'est gerbant.

Ça intéresse qui Orelsan a part 100 000 kikoolol sur facebook et les plateaux télé people médiocre ?

Agrou !


Damien 21/10/2011 18:02


L'immense talent d'Orelsan, mais où est l'Orelsan de sale pute, d'où que c'est qu'il est passé le rap français si meme que les types géniaux comme Orel ils se prostiputent, etc. J'ai donc écouté
(enfin) sale pute, là, à l'instant, sur youtube, avec le clip en prime, bah putain les mecs y'a comme un problème de jugement à la base, non? C'est de la merde dès le début votre machin. Je suis
très musique bricolée, amateurisme brut, mais je suis aussi très il faut que ça pète bien, que ça touche, amateur ou pas. Là franchement...
Le rap français de toutes façons à part les premiers NTM et quelques productions Jimmy Jay, et puis un peu Le Klub des Loosers, ça a jamais réussi à voler haut, et votre pauvre Orelsan il finit là
où il aurait du etre dès le début, avec les bons gros ringards qui feront une dépression quand arrivera le 4.


pSk 18/10/2011 20:56


J'ai écouté deux extraits sur recommandation et je dois avouer que c'était franchement mauvais. Moi qui suis pourtant amateur de hiphop/rap...


Mathieu 18/10/2011 11:37


Je trouve moi, son album réussi au contraire, comparé au niveau d rap actuel, le PANAME de BOOBA et les autres guignols en casquette polychromiques, je trouve le cynisme parfaitement maitrisé,
l'album n'est pas raté, il est différent du premier, il évolue.