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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 10:51

Sortie : 7 novembre 2011

Label : Software Rec / Mexican Summer Rec

Genre : Electronica-drone-ambient-synth-psyché

Note : 7,5/10

 

Jusqu’à maintenant, j’ai préféré observer de loin les travaux de Oneohtrix Point Never. Bien que le new-yorkais Daniel Lopatin n’en soit pas à son coup d’essai, la sortie l’an dernier de Returnal a été tellement discuté, disséqué et encensé par la presse qu’il semblait inutile d’en rajouter une couche. Et puis soyons sincère, j’avais encore quelques réticences concernant le bonhomme. Ses travaux ambient-synth ne m’avaient jusqu’à maintenant pas entièrement convaincus, ils leurs manquaient ce supplément d’âme nécessaire. Mais la sortie de Replica, 6ème album du bonhomme en moins de 5 ans de carrière, fait qu’il est désormais temps d’en découdre.

 

Replica est un des plus grands trip chamanique qu’il m’ait été donné d’entendre en 2011, un trip sans porte de sortie, une proposition ouvertement psychédélique, s’enfermant dans une carapace électronique aux confins du drone et de l’ambient. Aucun son n’est identifiable mais le tout est finement agencé, mûrement réfléchi. Ainsi, vous n’êtes jamais laissé seul dans ces songes narcotiques.

Car oui, il est ouvertement question de drogues dans Replica et de drogues dures. Passé Andro, la superbe ouverture de l’album en forme de porte d’entrée enivrante rappelant avec avidité Boards Of Canada, c’est carrément un appel du pied qui est lancé via le très explicite Sleep Dealer. Le début du trip psychédélique peut alors dignement commencer, vous pouvez vous allonger et fermer les yeux. Les grésillements permanents accompagnent vos songes, les sons semblent être avalés donnant l’impression qu’on puise votre énergie. Le moindre morceau joue sur une répétition exacerbée de sonorités impalpables tout en étant contrecarré par des nappes ambients fantomatiques. L’impression d’avoir ingurgité du peyotl se fait puissamment ressentir, vous ne savez plus à quel sein vous vouer. On est d’ailleurs à la limite du bad trip sur un Replica s’automutilant en sabordant sa douce mélodie sous un parasitage métallique.

Mais Oneohtrix nous ramène inlassablement à lui via une utilisation fine du field-recording. On ne sait pas vraiment si on entend des bruits de pas sur Nassau mais on est rassuré par les sonorités aquatiques. Oneohtrix n’est pas un imposteur, il connaît parfaitement ses gammes. Son album prend ainsi sa source dans toute la scène électro-psyché actuelle, notamment du côté de la Californie et des travaux injustement méconnus de Sun Araw, tout en regardant avec malice les 70’s de la Kosmische Muzik.

Telle une expérience totale, Replica s’achève sur Explain. Mais en lieu et place de l’explication tant attendue et finalement balayé par les parasitages incessants brouillant les cartes, on devrait plutôt évoquer la métempsychose. On ressort comme transformé par ce périple, tout en ayant bien compris que l’on n’avait rien compris (à moins que vous ne soyez déjà mort comme le suggère la superbe pochette du disque). C’est là le génie de Oneohtrix, laisser l’auditeur comme ressourcé par ces sonorités électroniques évanescentes alors que l’auteur n’a fait que s’amuser à l’égarer un peu plus.

 

Parlons plutôt d’expérience sonore pour évoquer ce Replica de Oneohtrix Point Never. Ces digressions électroniques sont hautement recommandables pour tout ceux qui sont près à côtoyer de près les univers parallèles. Le voyage est initiatique et repose sur une totale implication de l’auditeur. Cette implication nécessite l’abandon et le refus de vouloir réellement analyser ce qui se passe entre vos oreilles. Replica est un exercice expérimental et surréaliste plus que convaincant dans son approche presque poétique du genre.

 

http://media.paperblog.fr/i/502/5023916/stream-oneohtrix-point-never-replica-L-6H9YsV.jpeg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

PmK 13/11/2011 01:41


La première écoute m'avait déstabilisé, la diversité de ces nouveaux morceaux faisant perdre le trip cosmico-synthétique de ses précédentes oeuvres. Mais petit à petit, c'est vrai que c'est un trip
d'un autre genre que Lopatin nous propose.


Cornell 12/11/2011 13:21


Merci, pour cette découverte.