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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 00:52

Sortie : mai 2012

Label : Facture

Genre : Ambient, Modern Classical

Note : 7,5/10

 

Alex Smalley et Svitlana Samoylenko sont les deux parties qui composent Olan Mill depuis 2010 et leur premier album Pine, sur le trop rare label Serein (abritant déjà Nest et Konntinent). Cet opus avait généré une confidentielle mais certaine émulation autour de leur nom. Des sites aussi renommés que crédibles comme The Silent Ballet, Fluid Radio (forcément) ont vivement salué ce nouvel album à sa sortie. L'illustre Textura lui a même offert le titre d'album du mois de mai. Autant de raisons qui forcent Paths à trouver sa place aujourd'hui dans nos lignes. Il est sorti sur le très jeune et calme label Facture, affilié à Fluid Audio.

 

Il y eut une époque pas encore si lointaine où nous nous efforcions de mettre en avant des sorties de qualité, venant de labels indépendants, officiant majoritairement dans l'IDM. Cette époque est loin d'être révolue, même si l'année 2012 illustre parfaitement le manque de renouveau de cette "scène", qui sombre encore plus aujourd'hui, trop souvent dans la geekerie sauvage, la sempiternelle redite et des influences trop visibles pour qu'elles soient véritablement honnêtes. L'avènement des netlabels et de la dématérialisation (même si tout ceci ne date pas d'aujourd'hui) a plus que participer à donner un réel rayonnement aux labels indépendants, mais aussi à un certain amateurisme. Nous y avons participé à notre humble niveau. Nous ne nous en excusons pas. Alors pourquoi ce préambule ? Parce que nous accordons de plus en plus d'importance aux productions ambient pures, expérimentales, électro-acoustiques et "modern classical". Genres qui continuent d'inventer en préservant les bases et qui ne peuvent souffrir de l'amateurisme décrit plus haut. Ici, les artistes sont musiciens avant d'être des bidouilleurs informatiques. L'esbroufe se voit donc de bien plus loin, même pour l'oreille peu avertie. Fin de la parenthèse peu utile à la chronique, mais nécessaire à toi lecteur, qui continue de lire nos chroniques parfois un peu moins électroniques.

 

Outre l'incontestable et troublant romantisme qui habite les six titres de Paths, qu'est-ce qui distingue cet album de la multitude de sorties similaires qui pullulent actuellement ? Sa désarmante désinvolture sans doute, de par son absence totale de cohésion entre les titres. Mais aussi parce que l'orchestration classique (certes dominante) est avant tout le maillon d'un ensemble qui pourrait avoir vu le jour sur la Lune.

Ce sentiment d'altitude infinie est surtout palpable dès l'entame de Bleu Polar, où le dialogue tenace entre crins volatiles et d'épaisses nappes ambient dévoilent des paysages oniriques propices à l'apaisement. The Square Is Porcelain ouvrira les même sentiers de la béatification stellaire à un piano volubile, narrateur de belles mais tristes histoires où il est probablement question de nostalgie, d'amours passés à côté de l'érosion des sentiments. Tout cela est définitivement très beau, mais peut-être un peu lisse et convenu si on doit s'en enfiler plus d'une heure.

Voilà donc pourquoi Amber Balanced peut prétendre à l'excellence, parce qu'il rompt complètement avec les schémas précédents. Parce que ses flux tendus installent un terreau plus sombre, à la limite du drone, avant d'enfin lâcher les orchestrations semblables à des cris. Parce que la guitare, et ses effets de mutation, viendra maculer les étendues désertiques d'une matière plus torturée et plus inquiétante. Il pleut des larmes chaudes sur la Lune.

Le bifidus actif reprendra ses droits sur Intestinal Flora (ahahah) et Eye's Closed. Le deuxième cité ouvrira même la voie à un nouveau métronome (après le piano et la guitare) avec l'apparition plus précise et plus intéressante d'un orgue à piston, qui amplifie forcément cette impression de voguer vers des cimes spatiales. Tandis que le plus long Stalled Boson mettra toutes les strates décrites précédemment au diapason, en s'armant avec patience de toute la féerie et l'élégance qui éclatent lors de ce très très joli album pourtant bien trop court.

 

Quand je parlais au départ d'absence de cohésion, c'est surtout pour souligner (peut-être maladroitement) que chaque pièce de cet album peut-être envisager individuellement et dans des contextes complètement différents. Fait rare dans ce genre d'albums, même si pour moi l'aspect lunaire et contemplatif en est la véritable toile de fond. Quatre titres de plus et on aurait pu parler de réussite totale. Car l'ambivalence et certaines aspérités plus sombres auraient pu sublimer d'avantage les contours de cette beauté un peu lisse. Très bel album quand même.

 

http://www.soundsbetterwithreverb.com/wp-content/uploads/2012/02/olan-mill-paths-400x400.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Poulain 11/06/2012 10:10

C'est une très bonne chose de faire des chroniques parfois pas électronique! (n'ayez pas de doute là-dessus) :)

Haha, j'aime cette précision sur cette artiste : -Ici, les artistes sont musiciens, avant d'être des bidouilleurs informatiques.

Greg 09/06/2012 18:13

Yes merci ! Très beau morceau dans le lecteur..

Et sinon vous avez écouté le Woven Tide de From the Mouth of the Sun ?

Chesh. 09/06/2012 11:28

Merci