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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 16:03

Sortie : février 2012

Label : Erased Tapes

Genre : OST, Modern Classical

Note : 8/10

 

Olafur Arnalds est un prophète en son pays, l'Islande. Après avoir suivi ses compatriotes de Sigur Ros en tournée, le multi-instrumentiste aux trois albums magnifiques pour autant d'EP's a accédé à un auditoire plus vaste. On sait également qu'il a officié comme batteur au sein de formations metal. Il a même participé à la composition de l'album Antigone des Heaven Shall Burn. Son immense talent de musicien classique, sa présence fidèle chez Erased Tapes, et sa complicité avec une des rares égéries justifiées de la hype (le grand et beau Nils Frahm) l'ont aidé à construire des ponts risqués au départ, entre culture classique et indie au sens large. L'oeuvre aujourd'hui chroniquée est une commande, la bande originale du film Another Happy Day de Sam Levinson, avec Ellen Barkin, Demi Moore, Kate Bosworth et Ellen Burstyn.

 

L'intérêt de cette comédie dramatique familiale cynique étant plus que discutable (on voit pas les seins de Demi Moore), concentrons nous dès maintenant sur ce qui nous intéresse, la musique.

Même si on a bien à faire ici à une commande et que cela peut paraître frustrant pour les fans de l'islandais, Arnalds nous montre ici qu'il sait aussi faire simple. Ses gammes mineures se montrent dépouillées de tous artifices (si on leur enlève le brillant mastering de Nils Frahm) et de toutes velléités démonstratives sur le plan technique, pour servir un ensemble bien plus vaste et rendre hommage à l'ambiance sensible et mélo-dramatique du film. Car oui, les musiciens de cette trempe savent plus souvent aller à l'essentiel quand ils n'ont plus rien à prouver. Alors oui, l'oeuvre est peut-être maculée de la même décharge dégoulinante de bons sentiments que le film mais mon Dieu, que c'est beau à crever.

Bien plus loin que son incontestable génie musical, l'islandais se place en orchestrateur boulversant. Quand les crins déboulent (Before The Calm mais surtout Lynn's Theme) tels des ronins au milieu des loups des steppes givrées et des terres hostiles, la gorge se crispe el laisse deviner quelque part au plus profond des âmes sensibles, l'apparition de larmes aussi orphelines qu'invisibles. Certains titres au début et au milieu de l'ensemble renvoie à la frustration évoquée plus haut, ceci n'est qu'une BO aussi noble soit-elle et certaines pistes auraient plus que forcément gagner en évolution et en longueur (Alice Enters, Through The Screen...). Mais la beauté brute et charnelle de Poland, Autumn Day et même Out To Sea (quelles mélodies magnifiquement tristes pour le premier et troisième cité !) justifie à elles seules l'acquisition de l'objet. Et quand l'exceptionnel Everything Must Change de fin reprend des schémas entendus plus tôt pour leur donner des contours plus riches et plus aboutis, les plaintes de cantatrices damnées succèdent aux cavalcades des touches et aux gémissement des larsens, il est vain de contester l'évidence. Olafur Arnalds fait de la musique belle à en mourir.

 

Utilisant l'électronique comme un simple élément d'ornement, l'islandais livre une nouvelle fois un album de qualité majeure. Souhaitons un bon anniversaire à Erased Tapes (5 ans) et prions, dans l'attente désarmante d'une suite longue à ...And They Escaped The Weight Of Darkness. Olafur Arnalds joue du piano oui, mais tellement plus. C'est bon, maintenant que j'ai pleuré, tu peux payer tes seins Demi.

 

http://migratemusicnews.com/wp-content/uploads/2012/01/another-happy-day-1024x1024.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

laurent 05/03/2012 11:15

celui-ci me paraît un peu "fade" comparé aux précédents "and they have escaped the weight of darkness" et "living room songs"

Philippe 04/03/2012 19:03

Quelle belle découverte pour moi! Je ne connaissais pas cet artiste du tout. J'ai parcouru ses oeuvres. Elles sont d'une très belle profondeur. Dès que le violon et le piano se font entendre,
plusieurs impressions émergent de cette musique (nostalgie, mélancolie, béatitude). Cela dépend du morceau. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais sa musique m'interpelle
personnellement.

J'ai déjà fait l'éloge de votre site, mais je désire sincèrement réitérer mon admiration devant votre travail. Vous faites ces critiques avec beaucoup de professionnalisme. De plus, vous m'avez
permis de plonger dans un univers électronique dont j'ignorais totalement l'existence il y a deux ans. Les découvertes que j'ai faites ici m'accompagnent quotidiennement et agrémentent mes
journées. Merci de partager cette passion avec nous.

Sincèrement vôtre

Philippe, un lecteur assidu.