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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 17:43

Sortie : 20 septembre 2010

Label : Ninja Tune

Genres : multiple

Note : 4

 

Matt Black, le boss de Ninja Tune, nous en avait parlé en juin dernier (interview ici), le label sort pour ses 20 ans une méga compilation de six CD, six 45 tours, un livre, des posters, etc. Et malgré le titre, 20 Years of Beats & Pieces, il s'agit de nouveaux morceaux ou de remixs exclusifs, un effort à saluer. Nous avons pu écouter quatre des six disques, une somme imposante et très variée... trop peut-être.

Plutôt que de se pencher sur son passé, Ninja Tune a voulu avec ce coffret évoquer le présent et le futur. Les morceaux choisis représentent donc quatre grandes tendances chères aujourd'hui au label : l'électronica qui a fait connaître les artistes "historiques" ; un mélange rap-ragga-grime – avec un Roots Manuva omniprésent – qui tire de plus en plus vers le dubstep et qui est généralement défendu par la sous-division Big Dada ; la nouvelle tendance folk-chanson annoncée par Bonobo et qui compte de nouveaux représentants comme Andreya Triana ; enfin ce qui pourrait constituer le futur d'une certaine branche de l'électronique avec de nouvelles signatures et les liens créés avec Brainfeeder et son chef : Flyng Lotus.

 

Première difficulté face à cette compilation, toutes ces tendances sont mélangées et les disques manquent très sérieusement de cohérence. Ceux qui n'ont pas une admiration sans limite pour l'ensemble de ce que propose Ninja Tune verront ainsi leur attention énormément varier au long de l'écoute. Le premier disque part avec le puissant Fools de Two Fingers qui vrombit dans vos oreilles. Le contraste est dur avec les morceaux de Roots Manuva et le Toddla T accompagné de Ms Dynamite qui suivent, le second étant particulièrement poussif. La suite prend un chemin IDM plus intéressant mais inégal, avec notamment un prenant The Forest de Zomby avant l’un peu mou Jen At The Station d'Offshore. Puis apparaît la première chanson avec une comptine électronique signée Emika et le défilé de genres continue en reprenant une voie plus rap (avec DELS et un pénible Big Dada Sound). Et puis, et puis...

Dérouté par tant de changements de directions, il est désormais clair qu'il faudra piocher, zapper dans chaque volume pour trouver satisfaction qui, dans mon cas, se situe tout particulièrement dans la branche "historique" électronica et dans les pistes tournées vers l'avenir. Alors ressortiront quelques merveilles comme ce remix par Flying Lotus de Lost Where I Belong d'Andreya Triana, le Lost & Found poignant d'Amon Tobin (aussi présent avec les excellents Eight Sum et Foley Versions repris par le Kronos Quartet) ou l'épique Endless Galaxy de Jaga Jazzist (dont le Toccata et magnifiquement remixé par Grasscut). Quelques artistes moins connus tirent aussi leur épingle du jeu, Dan Le Sac qui remixe Metropolis de PRDCTV ou l'edit mystique de Tunng du I Hear The Drummer de Quincy & Xen Cuts Allstars par exemple.

Il y a toutefois dans cette veine quelques passages un peu légers, comme le Catch A Fire de The Bug et Pickled Spider de Mr Scruff vs Kirsty Almeida qui sonnent un peu datés, voire désagréables pour le post-rock-electro de Cougar ou la house bien plate de Daedelus sur Trouble With A Capital D.

 

Du côté des titres rap-ragga-grime, tout n'est pas à jeter même si Jammer, King Cannibal ou Poirier revu par Mark Pritchard tapent un peu sur les nerfs et que la présence de Diplo fait tousser (Summer's Gonna Hurt You (Diplo 2010 remix)) ou vomir (Newsflash (Metronomy remix)). Il faudra s'arrêter sur le sombre Dub Styles de Roots Manuva remixé par Micachu (et éviter son Let The Spirit revu par Hot Chip), la relecture des étoiles plein les yeux de Volcano d'Antipop Consortium par Fourtet ou, au rayon dub, le Man In A Garage de Coldcut passé entre les mains de King Jammy avec un mélodica prêt à enflammer les sound systems. A noter la présence de remixs de Joker et de Benga démontrant l'intérêt de Ninja pour la scène dubstep, même si leur relecture de The Heavy et de Toddla T peuvent être assimilées à de la torture, la faute à des voix très irritantes. Avec Diplo, ils tuent ainsi l'entame du CD 2. Plus dans un esprit dubstep, la version d'El-B du This Is The Thing de Fink est nettement plus convaincante.

Reste la partie qui tire vers le folk à laquelle je n'arrive pas à adhérer. Si le premier album d'Andreya Triana qui sort en cette fin août ou le dernier Bonobo sont jolis à l'écoute, je ne trouve ni l'originalité ni la qualité qui ont fait la renommée du label anglais. Ces deux artistes et The Cinematic Orchestra ouvrent le CD 3 qui manque sérieusement de relief tombant dans une sensiblerie facile, malgré la touche de poésie offerte par Grasscut (leur premier et récent album est chroniqué ici). Avec Tomorrow, Jono McCleery propose quant à lui un passage folk plus inspiré, mais dont la présence dans un environnement électronique ne peut qu'interroger.

 

Concernant le contenu des autres CD et 45 tours, vous retrouverez une avalanche de remixs de Coldcut, Roots Manuva, Blockhead, DJ Food, etc. par des artistes aussi différents que Modeselektor, Cut Chemist, EL-P, Scuba ou Prefuse 73. Ils contiennent aussi des inédits de Kid Koala, The Qemists, DJ Vadim, Jaga Jazzist, Blockhead et bien d'autres. De quoi se gaver pendant au moins six mois.

Mais au final les auditeurs risquent de se perdre dans cette somme impressionnante, presque 150 morceaux (pour 115 euros), dont le manque de logique est embarrassant. Ninja Tune dessine un futur multiple où le meilleur côtoiera le pire, ou le profond fera jeu égal avec le plus léger. Nous n'avons pas fini de trier, les nouvelles signatures comme Eskmo, Emika, Shuttle ou Dark Sky brillant surtout par leur discrétion.

 

http://www.ninjatunexx.com/images/ninjatunexxboxset.jpg

 

Pour ceux qui préfèreront fêter ces 20 ans dans des salles de concert, cinq dates sont prévues à Paris le 10 (Bonobo, DJ Vadim, DJ Food, Scratch Bandits Crew, etc.) et le 17 septembre (Mr Scruff, Roots Manuva, Herbaliser en DJ set) à l'Elysée Montmartre, les 15 (Andreya Triana, Bonobo, Grasscut) et 17 septembre (The Cinematic Orchestra, Andreya Triana, etc.) au Centre Pompidou et surtout la grosse soirée à La Machine du Moulin Rouge le 1er octobre avec notamment Amon Tobin, Coldcut, Kid Koala, DJ Kentaro, Daedelus et bien d'autres dans les trois salles du lieu.

 

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

SPQR 25/08/2010 00:15


Un joli foutoir ! D'accord avec la critique, c'est bien l'impression que m'avait laissée une (rapide) écoute des quatre mêmes CDs.