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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:06

Sortie : novembre 2011

Label : Formik Records

Genre : IDM, Dark Ambient, Downtempo, Illbient

Note : 8/10

 

Depuis 1994, le belge Geoffroy Sallustin se produisait comme DJ techno, acid et industriel sous le blaze de S-Virus. Niveau collaborations, l'homme a travaillé sur plusieurs bandes son de court-métrage, d'un livre et d'une pièce de théâtre (L'hypothèse du chaos de la Troupe du Possible). Par volonté d'étendre ses perspectives sonores, il s'invente un nouveau projet en 2005, Neptunian8, avec lequel il s'adonne à des symbioses flippantes d'IDM et de dark ambient. Sortie initiale du label Formik Records, Scyphozoa est son premier album.

 

Bienvenu dans un univers où des fissures anxiogènes lézardent les murs, où l'incertitude colle à la peau et où des méduses hantent les couloirs du métro. Une plongée dans Scyphozoa s'apparente à une journée d'errance au coeur d'un tunnel sans but. L'oppression, tapie derrière chaque zone d'ombre, ne vous lâchera pas la gorge une seule demi-seconde. La bande sonore d'une apocalypse de la création, plutôt que de la destruction, nous dit son auteur. Comme si une bouche d'aération accordait brièvement un souffle d'air moins vicié, certains instants de cette glauque pérégrination se voient éclairés d'une beauté absurde, de la grâce des situations irréelles. Entre deux néons blafards la distance pourtant est infinie. Sous son enrobage sombrement contemplatif et ses textures hallucinantes – à situer entre des crissements à même ton crâne et du malaxage pneumatique - la musique de Neptunian8 mêle mille influences. A côté de titres de dark ambient évoquant un Kreng qui se serait pris d'affection pour l'indus, les phases rythmiques versent dans une froideur clinique, dans la répétition d'un bug aliéné, dont la persistance downtempo est une pierre de plus à l'édifice rampant et torturé que façonne Sallustin. L'introductif Portal Of Elements illustrera ainsi le lent parcours d'un objet mutant sur une chaîne de montage. Les saccades ne sont point proscrites pour autant. La suite immédiate, La Dernière Ligne, balafre les beats et le glitch de bruts riffs de guitare, avant que les coulées de brume ne vous ravalent, désormais seul face à des nuées de bestioles qui vous courent sur la nuque. Des résurgences (mais du futur) de dub industriel, ayant lui-même muté au travers de plusieurs matrice font leur apparition sur C2H2-7A et ExhaustScyzophoa est un album ébouriffant, dont la précision du sound-design n'a d'égale que l'intensité des ambiances. Le détail ultime, qui vient sublimer l'ensemble, réside dans les morceaux Red Room et Light Across Window, seuls reliquats d'un monde encore joli, pas complètement déshumanisé. Les seuls également qui laissent échapper les notes d'un piano et dont les nappes hésitent entre mélancolie pâle, espoir et pur spleen. Le beat lui, joui de ces structures oxygénées qui caractérisent les productions psychill. Light Across Window en particulier, ferme l'album sur une tonalité d'exquise ambivalence. 

 

Scyphozoa est une perle oubliée de 2011. Récit d'une fuite fébrile vers des tréfonds dont on ne sait rien, ce premier album de Neptunian8 expose un talent remarquable, tant pour les atmosphères que pour les déroutes complexes du beat. Scyphozoa n'est pas réconfortant, mais il est bénéfique de s'y plonger.   

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

daymo 24/01/2012 01:55

Bouah ... merci Manon pour cette chronique.
C'est, comment dire ... "un album pour pour daymo" dirait B2B ;-)
gracias