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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 00:47

Sortie : septembre 2010

Label : Hymen Records

Genre : Abstract, IDM

Note : 8/10

 

Tous les deux ans depuis 2006, Thomas Pujols alias Nebulo, réalise un album sur le sacro-saint label allemand Hymen Records. L'inoubliable Kolia et l'indispensable Avutma siègent dans toute discothèque IDM qui se respecte. Le français a collaboré avec des grosses pointures à sa taille, comme Hecq et Ginormous, et est intervenu sur des compilations références comme Emerging Organisms (Tympanik) ou Miwak Twelve (Hymen). La sortie d'Artefact est donc bien plus qu'un événement. La première écoute s'effectuera avec une appréhension positive mêlée d'excitation.

 

Comme il aurait été aisé de se reposer sur ses acquis. Même si Nebulo nous avait pondu une oeuvre similaire à ses deux illustres prédécesseurs, on aurait une fois de plus crier au génie. Mais le français n'est pas de ceux qui se roulent dans les balisés chemins de la facilité. Bien au contraire. Exit Stress Test entame divinement les hostilités d'une manière complètement inattendue.

Artefact est sans doute son album le plus abstrait et le plus expérimental. En orfèvre des mutations de couches sonores, Nebulo érige une citadelle mouvante et chimérique, où de subtils field recordings viennent se noyer sous des enchevêtrement de polyrythmies et de nappes dark et noisy. Les segments sont tranchés de manière cinglante, traçant une ligne bien plus abrupte, plus sombre et plus urbaine que celle qu'on avait suivi sur les travaux précédents. Les blasts et les différents phénomènes de parasitage évoquent des ambiances électriques et crépusculaires. Les visions sont tout aussi terrifiantes que la désarmante maîtrise de son auteur. Bien plus qu'un squatteur de laptop, le Sieur Pujols est avant tout un joallier de la base acoustique, comme en attesteront les merveilleux Acreee et Aer Vaccum. Comme notre encéphale, les drones sont pris de spasmes, de vertigineuses chutes de tension aptes à dérégler notre oreille interne et notre seuil de gravité. Littéralement terrifiant. Des titres non moins excellents mais plus immédiats dans leur construction (Plasticmare, Batman Dancefloor ou Map Artefact) cohabitent avec des formats plus courts, plus expérimentaux mais tout aussi percutants (Guerilla, Vodoo Machines ou le cauchemardesque Meriadeck). Si le monumental Radiogoo nous filera un air de benêt incrédule ne pouvant maîtriser le filet de bave qui lui glisse au coin des lèvres, l'effervescent Novil de fermeture redéfinie les lois de l'apesanteur.

 

Artefact est une oeuvre dense et sauvage qui se doit d'être apprivoisée avant d'émettre un avis à son propos. Voilà pourquoi il m'a fallu presque un mois pour poser ici mon humble regard. Je sais désormais que cette entreprise (ô combien risquée au départ) risque de hanter mes nuits d'insomnie pendant très longtemps. Énorme baffe plus que recommandée.

 

http://www.inskt.com/wp-content/uploads/2010/11/artefact.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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