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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:24

Sortie : 28 février 2011

Label : Honest Jon’s

Genre : Electronica rigide

Note : 7,5/10

 

Irrémédiablement, la pochette d’Horizontal Structures me renvoie à cette scène quasi mythologique de 2001 : l’Odyssée de l’espace, lorsqu’un singe découvre que frapper un objet avec un autre, l’os en question, permet de décupler sa force. S’en suit l’enchaînement le plus sublime de l’histoire du cinéma : l’os jeté dans les airs s’efface pour faire place à un vaisseau à la forme identique.

Il y a de ça dans la musique du Moritz Von Oswald Trio, notamment dans l’idée que la multiplication des forces peut aboutir à une sorte de perfection, ici métronomique, que l’évolution n’est que le fruit d’une superposition de modèles, que l’architecture n’est que l’addition de formes déjà connues.

 

Horizontal Structures est le deuxième album studio du combo (le live étant un objet à part) et il y a déjà cette notion de travail perfectionniste abouti, d’accomplissement indépassable. Le trio, composé par le maître Moritz Von Oswald (officiant aussi sous le pseudo de Maurizio et instigateur des mythiques Basic Channel et Rhythm & Sound), Max Loderbauer (NSI) et Sasu Ripatti (Vladislav Delay et Luomo), poursuit sa quête de l’édifice architectural parfait. Cette fois-ci au trio s’ajoute Paul St Hilaire (à la guitare) et Marc Muellbauer.

Mélange de dub, de jazz, de kraut, de kosmische et de musiques improvisées, les plages électro-acoustiques du groupe sont un exemple de rigueur abyssale et de répétitivité hypnotique. La démarche est presque austère. L’intérêt se situe au-delà du plaisir d’une écoute passive. Horizontal Structures est une musique du détail répondant à un agencement millimétré. La prouesse étant de donner l’impression d’une certaine improvisation. Il n’en est rien.

Pour négocier de tels agencements, il faut maîtriser les fondements. Pour maintenir droit l’édifice, il faut structurer son évolution. Horizontal Structures c’est quatre morceaux (entre 10 et 20 minutes) pour quatre constructions. Chaque piste se construit autour d’un son qui lentement va s’effacer, sans que l’on ne s’en rende compte, pour laisser d’autres instruments prendre le relais. L’aspect électronique, aussi apparent que transparent, sert de ciment pour mieux sceller l’ensemble.

Si Structure 1 se base sur un simple riff de guitare, Structure 2 se réfère uniquement à une pulsation régulière. Les réminiscences dub restent prégnantes, d’autant plus sur un Structure 3 chargé d’échos. Chaque morceau évolue alors vers une sorte de perfection froide empêchant cette musique d’être automatiquement cataloguée. Les influences s’entremêlent, autant africaines que latino-américaines, et on se laisse enfermer.

 

Le parallélisme avec le plan de 2001 prend place. Alors qu’on était parti d’un rien, un os lancé en l’air, on arrive à une structure futuriste répondant à la situation initiale. Subtilement, on vient de vivre une évolution parfaite. Horizontal Structures est l’objet architectural pur réussissant à fusionner la mélodie et la rythmique. Le Moritz Von Oswald Trio signe un album rigoureux et austère mais d’une maîtrise folle. Ce sont des architectes pointilleux.

 

http://4.bp.blogspot.com/_5HeGeE_QhSs/TUvhTaeO_OI/AAAAAAAAAcg/JwxhL-XbuwI/s1600/COVER_Moritz+von+Oswald+Trio.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

maxdag 21/09/2011 14:41


merci


Cynosargos 09/04/2011 22:21


J'avais zappé cette chronique...
Du coup, ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai découvert cet album incroyable.
Vraiment impressionnant et jouissif.


mmarsupilami 02/03/2011 11:03


Superbe! Merci de cette recommandation.
Je n'y connais guère, mais ça me fait penser à l'époque où, à ses débuts, le label ECM flirtait avec le rock et le Kraut...


Chroniques électroniques 02/03/2011 15:00



Pareil. Je ne m'en lasse pas. C'est d'une maitrise impressionnante.


 


B2B.