Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 01:10

Sortie : avril 2012

Label : Scion Audio/Visual

Genre : House de puriste

Note : 8,5/10

 

Se déclarer fan de house music sans connaître Moodymann c'est un peu comme parler de hip-hop newyorkais sans avoir pris sa claque sur le Illmatic de Nas. Pour accorder quelques circonstances atténuantes à ceux qui le découvriraient seulement aujourd'hui, convenons qu'il a parfois été masqué par les ombres de Carl Craig, Omar S, Roy Davis Jr, Derrick May ou Glenn Underground, entre autres légendes de Detroit et de Chicago. Proche d'un autre virtuose du genre nommé Theo Parrish, il a pourtant sorti des albums aussi légendaires que indispensables. Si Silentintroduction se révèle forcément comme le plus mythique, avec le titre intemporel Sunday Morning et cette fameuse collaboraton avec Norma Jean Bell sur I Can't Kick This Feeling When It Hits, les albums Black Mahogani et Forevernevermore sont aussi des chefs d'oeuvre.

Si Moodymann (ou Kenny Dixon Jr, ou même KDJ pour les intimes) est autant décrié qu'adulé, c'est probablement car à force de se faire flûter derrière des draps pendant ses sets et déballer des théories plus ou moins racistes, sa nonchalance et sa profonde capacité à se foutre de la gueule de son public, surtout quand il est blanc, ont fini par lasser. Si ses derniers Det.riot '67 et Another Black Sunday contenaient des bonnes choses (foutu Freeki Mutah F cker), on ne pouvait que constater son cruel manque d'imagination créatrice et son envie de perpétuer son music business plus que sa légende.

Malgré tout, sa musique n'a jamais souffert du moindre compromis et a toujours ramené la house à ses éternelles racines noires. Certains ont également pu croiser son travail au sein du projet plus techno (Detroit oblige) Urban Tribe, en compagnie de Anthony Shakir, Carl Craig et Sherard Ingram. Nul n'attendait plus grand chose de l'homme qui gère autant de labels que d'avatars. La sortie de ce Picture This crée donc autant d'espoirs que de doutes.

 

Quand ce ronflement de basses si engluant et cette manière de kicker la production si typique au son de Moodymann se propagent dès les premières mesures de 9 Nites 2 Nowhere, on croit légitimement tenir quelque chose de lourd. Car entre la trompette et les divins contretemps, résident de petits bidouillages et des nappes obliques de claviers qu'on avait pratiquement entre-aperçu uniquement sur ses projets plus techno. Grand titre.

Clamer son amour à la jungle urbaine décharnée de ses industries qu'est aujourd'hui Detroit n'est pas un fait nouveau chez Moody. Il agrémentait souvent ses titres d'instants capturés dans la rue ou dans des clubs, quand il ne transcendait pas le prêche d'un pasteur déjà survolté haranguant les fidéles sur Black Sunday (Mahogani Brown, 1998). On retrouve ce sentiment de proximité avec le bitume de Detroit et ses clubs noirs sur l'excellent, énergique et imparable Basement Party.

Prendre la house de KDJ dans la gueule, c'est aussi comprendre comme jamais toute l'influence que la soul motown, le funk, le jazz, le gospel et même le rock ont eu sur le genre. La musique black bordel, avant qu'elle ne donne ses fesses et le reste à MTV. C'est agréablement palpable sur les classiques et irrésistibles U Ranaway et Pray 4 Love, où l'on croise la voix sucrée et chaude de Amp Fiddler et d'autres éternels compagnons du pape black. Même seul à la maison, on pourra sentir les divines odeurs de ganja mêlées à celles de la cyprine et donc, danser comme un ouf, se rêvant plus qu'un instant comme un empereur du doogystyle. Que dire alors de Hold it Down, de Got 2 make It et de sa fausse version dub ? Detroit, Hold it down and keep the spear burning.

 

La sortie de ces huit excellents titres inédits sur l'obscur mais prolifique depuis 2011 Scion Audio/Visual peut entretenir l'espoir de la sortie prochaine d'un véritable et énorme nouvel album de Moodymann. Ce Picture This est bien plus qu'encourageant. Accueillez donc chers lecteurs, le fait qu'il soit disponible en téléchargement libre et gratuit ici comme il se doit. Si la musique de Moodymann se savoure forcément mieux sur le dancefloor ou au plumard, elle peut aussi dévoiler des pages d'histoire de la musique lors d'écoutes domestiques. Un document donc, plus que recommandé.

 

http://image.vmixcore.com/imgman.jpg?url=http%3A%2F%2Fcdn-aki.vmixcore.com%2F287%2F0%2F1%2F1216847121%2F2741%2F287%2F1401%2F8cbe2239c9049b0ba85b3c71361e5fa7.jpg&fill=000000000&output_format=jpg

par Ed Loxapac

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

Dave 26/04/2012 10:56

Miam, la cyprine...
Comme vous j'ai été heureusement surpris par la qualité de ce gros EP. Excellente chronique. Juste une remarque : pour moi c'est plutôt Moodymann qui fait de l'ombre à des mecs comme Glenn
Underground que l'inverse.
A+