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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 12:10

Sortie : mai 2011

Label : Fool House

Genre : Electro-dark, Techno, IDM

Note : 7/10


Paul Régimbeau, aka Mondkopf, 25 ans, fait figure de grand espoir de la scène électronique française, depuis cette année 2009, où dans une même foulée, deux maxis ((Declaration of) Principles sur Fool House, et Nuits sauvages sur Citizen Records) suivis d’un premier LP (Galaxy of nowhere, cette fois sur Asphalt Duchess) avaient emballé bon nombre d’auditeurs et de journalistes de la presse musicale. Pourtant, la musique distillée par Mondkopf n’a rien à voir avec la french touch habituelle de notre pays ; au contraire, après ces deux maxis essentiellement orientés dancefloor, où des beats rugueux défonçaient un lyrisme mélodique dont la spécialité semble être (et demeure encore) la montée en tension progressive, Galaxy of nowhere dérouta, en s’aventurant cette fois dans des tracks perdant en efficacité ce qu’elles gagnaient en maturité et en construction. Le passage de l’electro-tech directe à l’IDM réfléchie n’étant pas si courant, c’est avec curiosité que nous attentions le deuxième essai du frenchy : Rising Doom, de nouveau sur Fool House.

 

Mondkopf semble retourner à l’efficacité electro-tech, mais sans perdre les acquis essentiels de son aventure IDM. Là où le Galaxy of nowhere avait surpris par son côté fouillé, aérien, et finalement peu rentre-dedans (sauf exception, dont la magnifique Dame en bleu, qui résume à lui seul l’esprit "tête de lune"), Rising Doom privilégie clairement la force brute. Mais ce n’est pas tout : faire danser les morts plutôt que les clubbers, voilà qui pourrait être un mot d’ordre de ce disque. De nombreux chroniqueurs ont déjà souligné la rage dépressive qui habite ce Rising Doom, chose peu courante dans le petit monde techno, plutôt habitué à la dépression autiste renfermée sur elle-même. Ces blogueurs ont raison, mais ne savent souvent pas pourquoi… cela peut pourtant trouver une explication musicale précise.

Tout se passe en effet comme si Paul Régimbeau avait décidé de lancer, avec ce Rising Doom, une OPA hostile sur la scène electro-dark chère aux soirées gothiques (avec des groupes aussi cultes, dans ce milieu, que Velvet Acid Christ, Wumpscut, Suicide Commando : autant d’artistes qui plongent leurs racines dans la froide EBM du début des années 1980, Kraftwerk ou Skinny Puppy plutôt que Funk Parliament ou Liquid Liquid). De ce point de vue, la réussite est au rendez-vous, et il faut parier que les DJ goths ne mettront pas longtemps avant de s’emparer de la bête pour la caler dans leurs sets. Car oui, il y a bel et bien un côté goth dans cette électronique sombre, aux kicks grésillants et torturés, aux irrésistibles montées lugubres de nappes de synthé compressées et habilement entremêlées, branchée sur le mode "montée permanente" (ex : Deadwood, Day of Anger, Girls don’t cry, When the Gods fall). Rising Doom, où quand les clubbers à Raybans s’essaient aux Newrocks !!!

Certes, il n’y a pas que des réussites sur ce disque, certains tracks s’essoufflent un peu, ou plongent trop visiblement dans l’héritage sonore, parfois trop visible, de leur compositeur. Certains morceaux n’auraient pas dépareillé sur les premiers travaux de Modeselektor ou Apparat par exemple (The Song of Shadow, Sweet Memories, My Heart is yours). Quoiqu’il en soit, la science subtile et terriblement efficace de la montée en tension auditive, qui parcourt cet album d’un bout à l’autre, ne peut que réjouir les amateurs d’une techno qui préfère la concision percussive (un seul morceau, l’outro, dépasse les 5'30 !), aux autoroutes conventionnels de la minimale, ou aux foutages de gueule de certaines formations pseudo-intellos de l’IDM noyant leur poisson musical dans des distorsions sonores vides de sens.

 

En mixant deux conceptions très différentes de la musique électronique, Mondkopf signe avec ce Rising Doom une œuvre sombre et dansante, dont la cohérence d’ensemble demeure toujours audible. Un beau paradoxe donc que ce disque, où un jeune issu de l’IDM signe sur un label de fluokids une sortie inspirée par la musique goth !

 

http://4.bp.blogspot.com/-mnzUTnfEwIA/TdEGBlru0tI/AAAAAAAAA44/OzXwWnqH0Ac/s1600/mondkopf-rising-doom.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

gro 30/09/2011 12:23


Suis-je le seul?
Merde, je me sens bien isolé, je n'aime pas ce disque. J'ai beau regarder autour de moi, demander à mes amis lire les critiques. Je suis seul, suis-je normal?
Pourtant le packaging Mondkopf a de quoi séduire: playlist et tshirts de groupes de métal et doom (un de mes genres musicaux favori), artwork superbes et titres de morceaux inspirés...
Le seul hic selon moi est peut-être l'utilisation de son image omniprésente qui me fait un peu penser au marketing de James Blake, même mèche d'ailleurs...
Concernant la musique en fait je n'aime pas ce son, je crois que ce qui me dérange le plus c'est le son du kick et cette reverbe de hangar, très marqué warp fin 2000 personne n'a fait le
rapprochement avec "turning dragon" de clark? Pourtant le parallèle me semble évident.


Chroniques électroniques 30/09/2011 12:26



Parallèle accepté !



js13 20/07/2011 13:39


Bon, il va falloir que j'arrête de lire vos chroniques sinon je vais me mettre sur la paille! Mondkopf, Deadbeat, Frank Riggio, etc. A cause de vous j'achète trop de CDs :) . Bon ok, continuez.


Unknown 17/07/2011 18:25


Parfois, j'aime que les choses soient très simples.

Comme quand John Carpenter écrit un soundtrack, ça fait pleurer tant sa foi est pleine et innocente. Ce mec ne sait rien à la musique, mais il en fait. Et ça passe, et c'est beau même.

"Day of Anger" illumine ma journée. Enfin, façon de parler... j'avais imaginé un truc compliqué, en raison de ces mots "Anger" et "Rising", je me sentais déjà un peu chez Kenneth Anger.

On a peur, peut-être un peu peur quand même, face à un film de John Carpenter, on se demande bien ce qu'il branle, où il va, vers quelle nouvelle surprise absolument pas surprenante il nous mène.
Comme ses musiques ne nous mènent que vers des contrés que l'on a déjà arpentées.

On se demande aussi ce qu'il fout, Kenneth Anger quand il balance ces rituels, ces délires et ces cérémonies.

Le point commun : froid dans le dos.

J'ai un peu cette impression de cinéma de genre et de cinéma d'avant-garde précieuse qui se rencontrent dans ce disque : les arpèges à la John Carpenter ("Fossil Lights") et les mystères langoureux
à la Kenneth Anger ("My Heart Is yours", rien que le titre), le matérialisme de l'un et le lyrisme-mysticisme de l'autre. Lecture partiale? Peut-être. Juste pour dire que ce disque, que
naturellement je vais oublier complètement dans deux mois - bien ou mal, mais après tout, ce ne sont que passages - ce disque illumine cet aujourd'hui, ce dimanche, intense.

Et puis "Day of Anger", oui, le piano qui l'introduit disparaît bien vite mais les machines qui dévoilent juste immédiatement après leurs compétences ne sont pas moins sensibles. Peut-être est-ce
cette impression qui me marque aujourd'hui.