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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 11:38

Sortie : 23 avril 2012

Label : Kompakt

Genre : Ambient

Note : 7,5/10

 

Quand deux entités de la sphère Kompakt se rencontrent, cela ne peut qu’attiser la curiosité. Ceci est d’autant plus valable dès lors qu’il s’agit de deux producteurs faisant partie de l’école abstraite du label allemand. Mohn, c’est la réunion de Wolfgang Voigt et Jörg Burger. On connaît le premier pour ses travaux hautement corrosif pour un cerveau humain normalement constitué. De la techno inaudible de Freiland Klaviermusik aux expérimentations complexes de Kafkatrax (chronique ici), il faut bien avouer que les albums de Wolfgang Voigt ont beau être remarquables, ils n’en demeurent pas moins difficiles d’accès. Mais de toute façon, il n’en a rien à foutre puisque Kompakt lui appartient et qu’il est libre de faire joujou avec. Son comparse Jörg Burger est tout aussi intrigant. Depuis bientôt 20 piges, le mec sort, sous une quantité astronomique de pseudos, des disques tout aussi étrange, passant allègrement d’une techno classique à une ambient austère. Les accointances entre nos deux gaziers étaient tellement évidentes qu’ils ne pouvaient que finir par copuler ensemble. Le rejeton se nomme donc Mohn et fait la part belle à une ambient insolite.

Ce qui frappe, de prime abord, dans ce disque abyssal, c’est le travail apporté au son. On a l’impression d’écouté un album « métallique ». Chaque sonorité, nappe, semblent sortir d’un tube en fer. Le rendu général est pour le moins intrigant et donne à l’ensemble un enrobage futuriste. Ajoutez à cela le fait que Mohn verse dans une ambient sombre (nous ne sommes pas non plus dans le domaine de la dark-ambient mais plus proche d’une goth-ambient) et vous comprendrez que l’album est destiné aux nihilistes.

Mohn s’appréhende avec difficulté tant les points d’accroches sont rachitiques. L’album est froid et garde une distance continue avec l’auditeur. Pour autant, l’ennui n’est jamais présent car, en plus d’être un album homogène, chaque morceau se révèle être une antithèse du précédent. On passe ainsi d’une ambient métronomique et vertigineuse, Ambientôt, à un dub fuyant, Seqtor 88, avec une rare aisance. Ce qui rapproche tous ces morceaux est l’absence d’une instrumentation classique. Puisque l’album est métallique et futuriste, autant faire uniquement appel aux machines et à leurs jeux de fréquences et de modulations.

On se laisse donc lentement happé par cette atmosphère délétère, se transformant lentement en glaçon. Wiegenlied nous enveloppe littéralement avec ses nappes atmosphériques avant qu’un beat ne vienne s’étaler sur le sol et résonner à l’infini, nous laissant dans un gigantesque entrepôt abandonné. Avant cela, Ebertplatz 2020 nous aura figé avec sa lente progression et ses sonorités se faisant échos, dans une ambiance solennelle marquée par les fines nappes en arrière-plan. Mohn joue pleinement le jeu de l’abstraction et refuse de brosser l’auditeur dans le sens du poil. Le duo ne semble avoir qu’un seul but : nous perdre définitivement. L’intention est louable et le résultat à la hauteur.

Il est difficile d’émettre un jugement définitif sur un tel album. Wolfgang Voigt et Jörg Burger restent fidèle à eux-mêmes et livrent avec Mohn, un album d’ambient aux confins de l’abstraction.

 

http://media.kompakt.fm/01/assets/releases/fitted/kompaktcd99-mohn.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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