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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:23

Sortie : novembre 2010

Label : Halbsicht Records

Genre : IDM, Ambient, Dowmtempo

Note : 8/10

 

En tant que Mnemonic, Michael Belletz et Sebastian Schulz ont réalisé quatre albums, et ce depuis une dizaine d'années. Le troisième, Monokultur sort sur l'excellent label parisien M-Tronic, tandis que le superbe Denkmodell, qui vit le jour en 2009, signe le début d'une collaboration avec Halbsicht Records, estimable maison outre-Rhin à qui l'on doit notamment le Lucid Dream de Pleq. Mais 2009 marque également la séparation du duo d'orfèvres IDM que sont ces deux Allemands. Ce cinquième album, Hörsinn, est l'oeuvre du seul Michael Belletz, qui rend une brillante composition.

 

S'il demeure dans la lignée de Denkmodell, Hörsinn parait mûri, presque sage, et immensément propice à l'abandon salutaire. La musique de Mnemonic est de celles dans lesquelles on sombre tout entier, dont la beauté inonde l'esprit et épingle l'âme. IDM grave et stellaire, ambient introspectif, les divines mélodies synthétiques se frottent au glitch, épousent des basses profondes, et survolent, sereines et oscillantes, de denses parterres rythmiques. Entre les échos et les délicats cliquetis du beat, les field recordings élargissent encore l'espace. Bruits de pas sur route craquante (Miasma), manipulations métalliques (Hiersein) ou lointains chuchotis vous entraînent loin, au coeur d'un écosystème où l'abstraction a pris l'avantage. Pénétrer ce milieu est risquer le non retour. Hörsinn invoque un abysse émotionnel dont la mélancolie semble aussi pénétrante que la composition est saisissante. Le lecteur régulier et tatillon pourra émettre qu'il est franchement souvent suggéré en ces lignes que tel album renferme des trésors de spleen et de sentiments nostalgiques. Cela aura rarement été aussi vrai que chez Mnemonic. Chaque note, chaque harmonie, chaque souffle semble imprégné jusque dans ses fibres d'une tristesse plus aiguë que la morsure d'une lame, que le baume du temps aurait transcendé et mué en profonde grâce. Trouble désabusé que cette sensation, belle et triste à la fois, qui habite les moindres recoins de Hörsinn. Lorsque les notes de piano s'élèvent et que le glitch léger érafle cette plaie encore ouverte, il ne reste plus qu'à serrer les yeux et céder à la déroute. 

Cet album se doit d'être absorbé d'un seul bloc, et isoler des morceaux relèverait de l'hérésie, face à une telle cohérence. Malgré tout, se détachent l'admirable Violet Tinte, marche glorieuse et calme vers des sommets cristallins, qui n'est pas sans évoquer Arovane, le sublime Menschenlärm, Weg Von Mir, Hiersein, Zeitraffer, Miasma et... tous, on vous a dit. 

 

Michael Belletz a su tirer le meilleur de son expérience en solitaire. Hörsinn fait partie de ces disques intemporels et crève-coeurs, dont l'impact dévoilera ses effets sur la durée. On déplore déjà une diffusion vraisemblablement confidentielle. Certains pourront voir au lieu d'une mélancolie criante, une simple beauté aérienne et planante. Que ceux-ci ré-appuient sur la touche play, et jettent un coup d'oeil à l'artwork. Mais quelle que soit la façon dont on se l'approprie, ce disque ne peut décemment laisser indemne. 

 

mne10.jpg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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