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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 18:55

Sortie : février 2012

Label : Daddy Tank Records

Genre : IDM, Glitch, Ambient

Note : 8,5/10

 

Mitoma est le projet du duo écossais composé de Tam Ferrans et Andrew Paterson. Connus par certain initiés sous les alias de Nonima et theAudiologist, ils sont chacun doté d'une discographie bien remplie. Mais les deux se sont plus largement révélés derrière l'avatar Altered:Carbon (mais si, souvenez-vous, ceci). Ferrans et Parterson sont aussi les fondateurs du passionnant netlabel Section 27. Autant de casquettes notables pour ces deux geeks au sens noble du terme, épris de science-fiction, de glitch et de textures abyssales. Après un premier album, l'excellent et vrillé Interstellar Debris, réalisé il y a tout juste un an dans leur propre maison, c'est le label anglais Daddy Tank Records qui sort leur deuxième essai, qui, préservant la thématique sidérale, s'intitule Satellite Hive.

 

Référence à l'entreprise « Lockheed Mitoma » et tout comme celui d'Altered:Carbon, le nom de Mitoma s'inspire de la série des Takeshi Kovacs de Richard Morgan, qui insuffla également à un certain Access To Arasaka l'esprit de ses trois albums. L'heure est donc bien aux déboires errants sur fond d'espaces dilapidés, aux squelettiques et majestueux vestiges d'une industrie moderniste et déjà morte. En lisière de l'IDM industrielle, de l'ambient et du glitch comme agent coagulant, la musique de Mitoma absorbe et maltraite la conscience. Satellite Hive n'est pas un disque que l'on peut écouter d'une oreille. La découpe des beats, radicale, drastique et souveraine, a tôt fait de clôturer les songes derrière l'irréversibilité de ses coups de rasoir. Associée à des volutes rampants et lourds de toxicité, cette brillante déconstruction confère aux séquences que composent les Ecossais l'aspect d'une substance râpeuse, pénétrante et la propriété de vous éclater les neurones à coups de vrille. Escarpées sont les escalades mélodiques, soutenue par des rythmiques grouillantes de bleep et de plissures. Lorsque les maîtres à bord calment les saccades, toute l'humanité craquelée de leur art s'expose. Le travail des nappes est de joaillier, détaillant avec poésie une infinité de nuances limpides (Swamp Monitor). Les micro-organismes, en veilleurs invisibles, se déversent dans les nuits arides, et l'on est bercé par des roulis mécaniques et très doux (7th Fall). Leur vision de l'ambient ne manque ni de sensibilité, ni de délicatesse. La qualité de leur sound-design et leur attirance pour le dark fait le reste. Quand la rugosité l'emporte – l'éponyme Satellite Hive, beau à tordre le bide - on croit à des luttes internes sans fin, à la traduction sonore de contradictions mentales, de pensées qui fusent le long de rampes incertaines, du heurt entre le désiré et l'illusoire, de flammes encore nostalgiques qui s'entrechoquent... 

 

Satellite Hive est un album retors et exaltant, dont la complexité jouissive atteste du satané talent du duo écossais. Il est conseillé de se pencher sur leurs oeuvres personnelles et de ne perdre une miette de ce qui se passe autour de Section 27, qui nous avait gratifié il n'y a pas si longtemps de l'excellente sortie de Reed Refucher (ici). Encore plus de se perdre le temps que dure ce superbe album. 

 

2296707356-1

par Manolito

 

 

 

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Benk2000 23/03/2012 11:19

C'est quand même une énorme tuerie cet album !
Je citerai aussi le morceau Satellite hive ainsi que Residual (piste 6) , une tuerie je vous dis ...

Rabbit 11/03/2012 15:07

Rien de tel qu'un peu de cyber-poésie pour attirer le chaland. Merci aussi pour le rapprochement avec Section 27 qui m'avait échappé. Coup de coeur perso chez eux, l'Ukrainien Dunaewsky69 qui
officie également chez Kvitnu (le grand oublié des chroniques de CE ce label non ?).