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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 10:37

Sortie : 12 mars 2011

Label : Abstrakt Reflections

Genre : IDM, Downtempo, Ambient

Note : 7/10

 

Après l'excellent album de r.oo (chroniqué ici), le netlabel argentin Abstrakt Reflections comble à nouveau les amateurs d'IDM ample et subtile en sortant le premier long format du Grec Mihalis A. aka Miktek. Cet originaire de Mytilene compte deux EP à son actif, ainsi qu'un superbe format court, Ambient Network, qui dépeignait l'univers astral, sombre et introspectif de son auteur. Mais Miktek prévient lui-même qu'Anisotropy explore des territoires sensiblement différents. Se faire une idée devrait être à la portée de tous, car à l'image des sorties d'Abstrakt Reflections, ce très bel album est livré gratuitement sur leur site.

 

Résolument porté sur l'ambient, les soundscapes oniriques et les grands espaces, Anisotropy apparaît comme une vaste fresque à la gloire de l'évasion de l'âme. Une chose est anisotrope si la vision que l'on a d'elle diffère selon son orientation. Observez-là de biais, et le rayonnement qu'elle dégage vous semblera ne plus exister. L'album de Miktek se doit d'être envisagé de front. Une dimension profondément organique marque son IDM downtempo. Les résonances mates et feutrées des multiples percussions créent des ambiances en clair-obscur, parfois ethniques, qui tranchent avec ses précédentes compositions. La démarche acoustique et les atmosphères languides pourraient même pousser au rapprochement avec le sublime No Land Called Home de Subheim. Alors que les denses volutes d'ambient ont peu à peu anesthésié vos contacts sensitifs avec l'extérieur, les cordes et leur poignant vibrato achèvent de transcender la charge émotionnelle latente. Les rythmiques aux consonances toujours concrètes, parfois puissantes, se parent à l'occasion d'un glitch piquant, et les textures semblent modulées avec une infinie délicatesse, distillant légères craquelures, échos poudreux et murs de vapeur.

Composé de quinze titres et long de presque une heure et demi, Anisotropy exige une imprégnation profonde et appliquée. Le seul regret viendra de la nuance entre la première et la seconde moitié. Cette dernière, ou plutôt les cinq morceaux finaux, apparaît moins passionnante à mon sens, que la phase liminaire, même si incontestablement la qualité demeure. Il faut dire qu'après des perles magnifiques comme Ping, son beat martelé mordant dans la chair de nappes de cordes, ou le sublime Collapse, qui voit le chant vibrant de Cellar Door épouser ses courbes, manifestement arabisantes, il n'est pas toujours évident de tenir la longueur. Il n'empêche que Never To Be Found, Anisotropy, Total Consciousness avec The Empath, Striped Aurora, When The Day Breaks et le très dark Apognosis sont fait de ce même bois, tous superbes et enivrants.

 

Mihalis A. rend une oeuvre singulière, méditative et écorchée. La légère irrégularité s'efface au vu de la densité d'Anisotropy, n'entamant en rien le talent criant du sieur Miktek. La sensibilité affleure et la beauté scintille d'elle-même. On émerge conquis.

 

re 

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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