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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 12:37

Sortie : juillet 2011

Label : Editions Mego

Genre : Drones électroniques et électriques

Note : 7,5/10

 

Mika Vainio n’est pas que la moitié (parfois le tiers) de Pan Sonic, légendaire et défunt pionnier de la rythmic noise, du sound-design de fréquences brutes, et finalement du drone électronique en général. Egalement auteur de très nombreux travaux solo (sur Touch, Raster-Noton…) ou en collaboration (avec Charlemagne Palestine, Fennesz, mais aussi comme membre du Vladislav Delay Quartet, chroniqué ici), notre finlandais revient en plein été pour nous servir une nouvelle louche d’expérimentations bruitistes intitulée Life (…eats you up), qui plus est sur Editions Mego, digne successeur du légendaire Mego Records, pionnier lui aussi en matière d’electronica et d’expérimental dans les années 90, et dont le catalogue est aujourd’hui sauvagement pillé par nos nouveaux beatmakers.

 

Que cela soit avec Pan Sonic, en solo ou en collaboration, la musique de Vainio a toujours été à 100%, ou à 95% électronique. On y trouve en vrac des drones fréquentiels, des saturations distordues, des glitches meurtriers, des beats tour à tour métalliques et grésillants, une science des longues montées en tension auditive, et parfois même des kicks dévastateurs flashés à plus de 190 bpm. Ceci reste vrai, mais le propos de ce Life (…eats you up) est ailleurs.

Curieusement, les formations osant le mélange de drones électriques et électroniques sont rares, comme s’ils s’ignoraient réciproquement, engendrant ainsi un clivage abyssal mais vide de sens. C’est donc une agréable surprise que d’entendre Vainio les mélanger de façon systématique sur son nouvel LP. C’en est même le cœur du propos : fusionner les drones électroniques aux drones électriques, à parts égales, sans que les uns soient subordonnés aux autres.

Ainsi la première pièce magistrale du LP, In Silence a scream takes a heart, longue de plus de treize minutes, déploie lentement un mélange de ces drones antagonistes, laissant habilement une place au silence, qui devient un bruit dans ce contexte ; pas de beat, pas de kick, rien que du pur drone, sans envolée lyrique, tout en relance de riffs interminables et de fréquences sans fin, le tout dans une ambiance sombre et malsaine. Après Throat, court drone du même tonneau, déboule Mining, et la première rythmique du disque, martiale et indus, sur fond de larsens travaillés au scalpel et de drones électriques qui tirent jusque vers le doom. Le bien nommé Crashed surprend par ses drones de cuivres dignes d’un éloge funéraire, quand la conclusion A Ravenous Edge fait tranquillement exploser la différence entre la scierie et les chaînes des suppliciés au cachot.

Homogène mais aride, ce disque contient pourtant deux extraordinaires morceaux de bravoure. Le premier n’est autre qu’une reprise géniale du Open up and bleed des Stooges d’Iggy Pop, parfaitement reconnaissable quoique totalement passé à la moulinette drone et non sans des accents de doom. Le second, And give us our daily humiliation (bon esprit non ?), semble rendre hommage à l’un des cinq plus grands album de doom de tous les temps, j’ai nommé le Jerusalem/Dopesmoker de Sleep, dont l’unique morceau débutait par le bruit d’allumage d’un ampli de guitare, que Vainio reprend ici en le samplant pour en faire le beat d’une plage doom/drone furieuse et hypnotique.

 

C’est sûr, l’écoute de la bestiole est aride. Vainio n’est pas homme à pencher pour la compromission : on peut se caler dans le cul la perspective d’un single poppy. On a donc plus l’impression d’écouter une série de recherches sonores un peu disparates. Mais passé l’aspect patchwork vénitien, et muni d’un casque ou d’une installation HIFI conséquente, à même de rendre la finesse extrême et quasi inédite de l’entremêlement des drones à laquelle on assiste à l’écoute de ce Life (… it eats you up), on ne peut qu’applaudir des deux nageoires cette prise de risque sans filet.

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQTGkxy86uZJnLbE3AYrofHnY-rCCwLUknfj3GXZSTrP1qP8l95-A

 

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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