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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 20:36

Sortie : 6 juin 2010

Label : Ant-Zen

 

En fidèle de la maison allemande Ant-Zen, Mika Goedrijk revient seulement un an après son très bon Pellicules, déjà sorti sur le label à la fourmi. Certains le connaissent aussi suite à son projet This Morn'Omina, réalisé en compagnie d'un autre Belge : Empusae (Nicolas Van Meirhaeghe). Le titre de ce nouvel opus ne souligne pas de référence à l'univers de Lewis Caroll, mais pourtant, Goedrijk tire bien les ficelles derrière le rideau. Le Belge n'a sûrement pas pu résister plus longtemps à ce que son reflet lui renvoyait dans le miroir. Cet album ne ressemblera donc à rien, à part à lui même.

 

On attendait depuis plus de six mois un album d'IDM touché par la grâce qui allait mettre tout le monde d'accord en cette année déjà bien fournie en bons disques du genre. Le Flamand nous entraîne dans un univers aussi inquiétant que magique, où les synthés et les textures amples contrastent avec l'infection rythmique. Les lignes de basses s'enfoncent quant à elles jusqu'aux tréfonds de l'âme. En parallèle aux sursauts rythmiques plein de glitch, apparaissent parfois des instruments bien naturels. Comme l'agonie de cette guitare désarticulée sur le magistral Dead Air, ou une trompette qui fit probablement en son temps chuter les murs de Jericho sur l'exceptionnel Lost Decade. Tout comme les Britanniques d'Autechre, Goedrijk a probablement été inspiré par Cabaret Voltaire. C'est pourtant, il me semble, des synthés chers à Aphex Twin qu'il utilise sur At The 11th Hour et White Sand Semantics. Malgré ces nobles références plus que probables, il semble que Mika Goedrijk ne s'embarrasse pas de ce genre de comparaisons en se creusant une voie propre. L'extrême qualité de chaque morceau efface allégrement le manque de liant qui les entoure. Tout cela a même l'air pensé. C'est ce qui frappe le plus à l'écoute de Looking Glass World, le fait que rien ne soit placé au hasard. Loin d'une IDM d'autiste ou de l'indus trop martial et frénétique, le Belge fournit ici un album déconcertant de subtilité sur lequel il est difficile d'écrire. Citons le plus ambient Quiet Plan, les mi-inquiétants mi-majestueux Draussen Im Grünen et Broken Toys On A Hill ou le divinement parasité et terrifiant Le Grand Mal de clôture au rayon des réussites absolues.

 

Cette année, il y aura un avant et un après Looking Glass World en matière de compositions IDM et industrielles avant-gardistes. Celui qu'on ne pouvait pas non plus jusqu'alors qualifier d'apprenti devient avec cet opus magistral une référence absolue du genre. Plus que jamais, on regrette que des vétérans comme les anciennes vaches sacrées ayant officié chez Warp soient autant d'arbres qui cachent une forêt luxuriante et ténébreuse où Mika Goedrijk tient toute sa place.

http://www.ant-zen.com/graph/ant-zen-act251-x3.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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