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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:25

Sortie : mars 2011

Label : Mush Records

Genre : Pop psychédélique passée à la moulinette électronique

Note : 6

 

Bruce Blay aurait 12 bras. Une thèse que tendrait à accréditer son premier album sous le nom Melting Season dans lequel il joue les multi-instrumentistes en plus de chanter. Le Texan révèle avec ce LP un univers très particulier dans lequel le flower folk rencontre l'électronique à la manière d'un Bibio tout d'un coup épris de grands espaces et entouré de The Dodos, leurs guitares et leurs chants enjoués. Un monde assez psychédélique où ukulélé, batterie, marimba, cloches et bien d'autres instruments fusionnent avec divers enregistrements en intérieur ou en extérieur pour tendre vers une hypnose agréable.

 

Vous gambadez, nu, dans un grand champ de fleur. Le soleil vous réchauffe et élargi encore votre sourire béant. Vous êtes léger et heureux. Une mélodie joyeuse vous porte, rendant vos pas fluides et votre esprit est tout ouïe à la communion avec la nature. La tête vous tourne juste ce qu'il faut. Vous êtes comme dans une grande boule à neige version estivale. Quand soudain vous ressentez la première secousse. L'air se plisse et le panorama devient flou. Une drôle de brume vous encercle et vous ne reconnaissez plus tout à fait les lieux. Bruce Blay vient de distiller un décalage dans votre rêve hippie trop parfait. Il rend le sol mouvant, fait voltiger les herbages dans le ciel et onduler les arbres.

L'Américain expérimente, fait se dilater les sons, donne un sentiment d'abstraction. Il peut aussi bien laisser une guitare accrocheuse mener sa barque (The Cliffs ou Beside The Ferrymen), offrir un versant folk dominer (Trickle My Fears Away) ou partir dans des manipulations électroniques plus poussées (Unknown To Birds ou Beach Blanket), mais jamais il ne tombe dans la facilité. Sa matière sonore est maîtrisée, malaxée, bouleversée pour toujours donner une impression de flottement. Sa voix omniprésente est une sorte de repère dans ce grand tournoiement. Il ne pouvait dans ce trip n'y avoir de clin d'oeil à l'Inde (Green Beard) et ses voyages mentaux fameux.

Les premières lueurs du matin vous réveillent. Le feu est éteint au creux de ce grand canyon où vous avez passé la nuit. Il y a, épars, quelques restes de la fête de la veille, des mégots et des canettes, une bouteille d'une étrange mixture à laquelle vous avez goûté sans trop savoir ce que c'était. Vous vous frottez les yeux en essayant de vous rappeler de cette nuit. Vous n'arrivez pas parmi vos souvenirs à trancher ceux qui sont réels et ceux qui sont de l'ordre du fantasme.

 

Harmoni-Pet Deluxe est une expérience. Celle dont on ne revient pas tout à fait pareil. "Are you experienced ?" disait Jimi Hendrix, qui savait de quoi il parlait...

 http://bandcamp.com/files/10/40/1040150805-1.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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Benjamin F 25/03/2011 14:09


Jolie critique et l'album a l'air fichtrement bien foutu. Je choppe.