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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 13:20

Sortie : décembre 2010

Label : Parenthèses Records

Genre : Ethno-jazz, Ambient

Note : 6/10

 

Masonik est un collectif australien qui opère en live depuis 2005, dans la région de Perth. On ne sera pas surpris d'apprendre, face à The Vedantic Chapter, que le groupe s'est rencontré dans le cadre de nuits dédiées à l'improvisation, dans un centre multiculturel d'Australie de l'Ouest. Le premier album de Masonik réunit Basil Psanoudakis, aux machines, le musicien indien Balvinder Singh, le compositeur de jazz Paul 'Pax' Andrews, un mec aux synthés et un joueur de tabla, instrument indien composé d'une paire de percussions. Entrevoyant le spectre grimaçant de la world music, un tressaillement aura probablement échappé à certains. Il se trouve que The Vedantic Chapter, première sortie de Parenthèses Records, est un peu trop intrigant pour subir ce genre de réductions.

 

Le quintet développe une fusion de dub, jazz, ambient et de musiques traditionnelles indiennes, juives, arabes et grecques. Ce qui pourrait être un énième et écoeurant symbole d'union et de diversité s'avère sacrément sombre, alambiqué et franchement expérimental. Une ode à une sorte de transe tribale réfutant toute idée de mélodie ou de rythme. L'album fut enregistré dans des conditions de live, sur la base de pure improvisation, les cinq musiciens, reclus dans une sphère méditative et personnelle, coalisant les flux bruts de leurs instruments. Il est extrêmement facile de passer complètement à côté d'un tel disque - moi-même l'ai-je vraiment compris ? - mais renier la prise de risque et la trouble béatitude qu'il est susceptible de transmettre me semble assez indigne. L'écouter allongé dans l'herbe, le soleil vous cramant délicieusement la peau, s'avère un bon moyen de s'approprier ce fluide entêtant de percussions, mêlé au parfum capiteux des divagations du sarangi, de la clarinette et du sitar. Durant en moyenne plus de dix minutes chacun, les titres s'apparentent à des petits bouts de paysages aux contours légendaires, dont il est vain de chercher à saisir les évolutions ou la logique. C'est souvent très joli, mais on peut aussi très vite trouver ça chiant. C'est au bout de plus de quarante minutes qu'un premier (et unique) beat apparaît. Au long de ce disque, seules les introductions à base d'ambient, et les frugales nappes de synthés rappellent la présence électronique. Dans ces conditions, The Fifth Discourse assène une baffe d'autant plus conséquente. Après un tissu de cordes indiennes en préambule, une rythmique presque hip-hop cogne brusquement, pour se voir muer en un breakbeat mutant, se répandant comme un acide. Sur onze minutes, les phases de percussions déconstruites vont alterner avec ces nuages de gaz métalliques et infectieux. Ce titre est une vrai bombe. Profondément mystique, inhabituel et hermétique, The Vedantic Chapter n'en est pas moins un objet assez fascinant.

 

Il est parfois bon d'abandonner pour un temps nos propres musiques autistiques, pour aller s'enquérir de celles, tout aussi brumeuses, que l'ont compose de l'autre côté du planisphère. Masonik signe un ovni sonore, taciturne et spirituel, que l'on ne conseillera qu'aux vrais aventuriers.  

 

                                   masonik-cd

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

dimitri. 26/03/2011 15:20


manolito, king of the bongo.