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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:00

Sortie : 10 octobre 2011

Label : Brainfeeder

Genre : 2-step protéiforme

Note : 7/10

 

Martyn a toujours suivi sa propre voix dubstep, bottant en touche dès qu’il en avait l’occasion. Le Hollandais n’est pourtant pas le vilain petit canard du dubstep, il est simplement son trublion, son empêcheur de tourner en rond. On ne cesse de vous clamer dans nos lignes que le dubstep est un sous-mouvement musical, un genre ne méritant pas autant d’attention et que c’est uniquement dans ses marges que l’on arrive à trouver des projets audacieux. Martyn s’est donc volontairement isolé du mouvement dès le départ et passé un premier album plutôt réussi (Great Lengths, chroniqué ici) et un adoubement par le milieu pas démérité (Fabric 50, chroniqué ici), arrive enfin la nouvelle monture du gazier, Ghost People.

 

Voir Martyn déboulé chez Brainfeeder n’est pas vraiment une surprise. Les accointances entre Flying Lotus, boss du label, et Martyn sont évidentes : éclatement des formes, expérimentation accessible, hétérogénéité des compositions. Ghost People c’est du Martyn affranchi.

Passé une introduction bénéficiant de l’apport de Spaceape (dont l’excellent album avec Kode9 a été injustement oublié sur notre site), c’est le futur du clubbing qui vous tombe entre les mains. Exit le dubstep à papa, bienvenu au 2-step éclaté n’hésitant pas à piocher allègrement dans tout ce que la musique électronique a pu nous livrer depuis bientôt 30 ans. Popgun vous malaxe des rythmiques jungle, Twice As s’immisce du côté de la house de Chicago, Horror Vacui est un appel du vide propre à la techno berghainienne. Ca part dans tous les sens avec 15000 idées à la minute (Flying Lotus, que fais-tu là ?) mais ça sait rester cohérent. C’est là tout le génie de Martyn. Le mec plante sa tente avant de partir à l’aventure. On reste ainsi les pieds ancrés dans une esthétique 2-step fichtrement actualisée.

Ghost People est d’une densité étonnante, les morceaux multipliant les strates sonores avec un souci d’emboitement abouti. Mais là où Martyn reste malin c’est qu’il reste avant tout accroché à l’idée que sa musique est faite pour danser. Il multiplie ainsi les kicks efficaces qui feront grincer des dents. Ghost People c’est du clubbing intelligent, un album taillé pour une warehouse moite. Et réussir à faire danser les gens sur une telle musique n’était pourtant pas gagner.

Gardons le meilleur pour la fin. Les 9 minutes de We Are You In The Future sont la synthèse des morceaux précédents, une sorte de bouquet final inattendue. 9 minutes d’un mix non-négociable où tous les genres se télescopent sans jamais se chevaucher, où les expérimentations sonores se mêlent à la rythmique syncopée.

 

Ghost People est un album éclairé, démontrant l’étendue de la culture musicale de Martyn. Le passage chez Brainfeeder est un pari réussi. Réussir à proposer un album intelligent de musique électronique urbaine dansant était pourtant loin d’être aisé. Martyn s’en sort avec les honneurs, à son Ghost People d’haranguer désormais les foules.

 

http://crocnique.files.wordpress.com/2011/09/ghost-people.jpg?w=490&h=489

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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