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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:13

Sortie : 29 mars 2010

Label : Desolat

 

Compère de Loco Dice au sein de Desolat, l'Allemand Martin Buttrich est un membre mystérieux de la planète techno. A son compteur figurent quelques maxis chez Cocoon, Poker Flat ou Planet E. Il est avant tout connu pour son travail de studio. Son premier album fut présenté lors de la grand messe du Time Warp à Mannheim, où il s'est lui même produit en compagnie de la crème de la crème. Ceux qui ont assisté à sa prestation parlent de live anthologique. Voyons si il en est de même pour son Crash Test.

 

Aux antipodes des DJ mercenaires activistes de la "composition" kilométrique sans âme et responsables de la paupérisation de la techno, se révèlent des mecs comme Martin Buttrich.

Rarement il m'a été donné d'entendre un album de house doté d'une telle identité artistique. Beaucoup se serait contenté de servir un empilage de maxis ayant déjà eu leur quart d'heure de gloire. L'Allemand replace la dénomination album à l'essence de sa signification.

Crash Test jouit d'un groove implacable et s'inspire de ce que la house a fait de mieux depuis 15 ans. On est donc bien loin de l'étiquetage basique "techno allemande". C'est juste un album d'une classe et d'une maturité incroyable. Pas un vulgaire recueil de DJ, un opus d'ingénieur du son de grand talent.

Même quand le son se fait plus typiquement binaire (Back It Up), Buttrich garde son imparable sens du groove. Il se permet même d'insérer des cuivres dans ses perles dancefloor pleine de subtilité, un basson (Tripping in the 16th), une trompette déchaînée (I'm Going There One Day).

On comprend rapidement que rien ne peut longtemps rester statique chez Buttrich, tant et tellement que qualifier sa musique de répétitive ou de minimale relève du bûcher hérétique.

Qui peut s'empêcher d'écarter les bras et de lever des yeux extatiques au ciel sous l'impact de bombes telles que Song Six ou Everyone Else Is Already Taken.

Buttrich aime prendre son temps et envelopper l'auditeur dans les méandres de ses boucles subtiles, et cela même quand le kick tarde à venir. On se noie dans ces arrières plans conversationnels, junglesques ou de cour de récréation.

Le vrillé et ascensionnel Blackouts Non-Stop serait capable de faire sursauter n'importe quel dancefloor en pleine descente, tout comme l'aérien et mélancolique Enough Love To Hate It, évoluant par la suite vers des rythmiques presque africaines agrémentées de piano et de carillons.

Comme un symbole, le très sensuel et très soul You Got That Vibe vient clore cette divine galette.

 

On aimerait presque croire que Crash Test s'élèvera comme un message envers l'industrie mercantile. Bien loin des albums conçus pour surnager le temps d'une saison, celui-ci squattera et se révélera dans la platine sur le long terme. Voici donc un album de classe absolue, qui franchira aisément le test de sécurité pour oreilles sensibles et mélomanes.

http://locodice.com/newsletter/desolat/butti.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

-Twist- 25/10/2010 21:27


Ma connaissance de l'electro doit être bien trop faible (et elle l'est d'ailleurs) car je n'ai vraiment pas compris cet album.
Pour être honnête, j'ai trouvé ca vaguement chiant et sans saveur (même si la fin de l'album est plus remarquable). Vais le réécouter car j'imagine qu'il mérite plusieurs écoutes (et la chronique
donne envie de ressentir les mêmes choses) mais je suis vraiment très loin de lui trouver, à cet instant, un qqconque intérêt.


Fab 06/04/2010 14:02


Enfin un album !
Ca fait quand même 15 ans qu'il produit pour Timo Maas puis pour Loco Dice (qui doit décidément beaucoup à Maas) et qu'il ne met pas assez en valeur ses travaux personnels.
Je me rappellerai toujours du Full Clip/Progammer sur Planet E, sublime!