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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 16:12

Sortie : novembre 2011

Label : Music Man Records

Genre : Techno

Note : 8,5/10

 

Résident phare du Berghain, joyau d’Ostgut Ton, activiste incontournable de la scène techno, Marcel Dettmann a longtemps enchaîné les EP underground, avant de sortir un premier mix pour la série Berghain, et de faire éclater à la face du monde la puissance de son talent sur son unique LP éponyme (ici). C’est donc seulement pour son deuxième mix officiel que nous retrouvons ici notre allemand chevelu sur la série historique et hyper-sélective Conducted du label belge Music Man.

 

 Je ne sais pas si ce qui est rare est précieux, mais ce mix est tout simplement une petite merveille de techno. Qui a déjà eu la chance de voir le bonhomme en mix sait à quel point l’ambiance qui émane de ses sets tranche avec le son clubby en général : âpre, rugueux, étouffant, écrasant, certains en ressentent même des démangeaisons, comme si beats et basses, non contents d’attaquer le cortex et les jambes, commençaient d’abord par infiltrer les pores et ronger la surface de la peau. Dettmann récidive donc sur ce mix, qui condense en dix-huit titres et soixante-dix minutes une nuit trippée à « Berlin, l’enchanteresse ».

L’immense enchaînement des quatre premiers titres aurait pourtant seul suffit à notre bonheur. En introduction, un morceau ambient aux fréquences grésillantes de Sandwell District prépare le terrain au génial morceau Wismut de Signal, mis sous tension par le souffle brûlant de forges incandescentes, sur lequel des beats au rythme saccadé s’installent progressivement. C’est à  Roman Lindau qu'il revient d'envoyer la première grosse décharge, avec un Sub Suggestion qui n’est pas sans évoquer un Spastik de Plastikman recouvert de couches charbonneuses  de suie et de cambouis, avant de laisser la main au kick rageur de Mono Junk. A ce stade, vous vous retrouvez logiquement debout à sauter en l’air dans votre salon, les yeux fermés, jugulant avec plaisir une remontée d’ecsta provoquée par la seule qualité du son.

C’est à Reel by Real puis au très beau Night de Bluemoon Productions de prendre le relai pour une deuxième phase du mix, en l’installant dans la durée sans que la tension ne baisse d’un iota. Plus loin, c’est un V3 bien nommé qu’envoie Vril, puissant et dansant, avant que le Don’t Phonk de Milton Bradley impose son groove vrillé et déjanté. A vrai dire, chaque morceau de cette tracklist mériterait une mention : l’entêtant El Mar de Silent Servant avec ses trois notes de claviers qui rappelle à votre mémoire olfactive l’odeur de sueur moite des clubs, l’accalmie relative de l’enchaînement entre Morphosis et Redshape, le classique Hello Bleep! de Shed, la techno de cauchemar de The Toupe Committee et d’O/V/R (remlixé ici par Ben Klock). FBK fait parler la 808 comme d’autres font parler la poudre, avant la clôture progressive du mix par Answer Code Request, et à nouveau Shed, avec son 44a (Hard Wax Forever !), qui laisse l’auditeur essouflé et en sueur sur quelques carillons.

Avec autant de talent pour le mix, on peine à comprendre que Dettmann n’en soit qu’à son deuxième. Loin d’aligner les morceaux comme d’autres enfilent les perles sur une grossière ficelle, l’allemand parvient à restituer son propre univers sonore en puisant dans une matière sonore extérieure, mais qui ne le dépasse jamais, s’agglomérant au contraire pour former une totalité cohérente d’un bout à l’autre. Encore une fois, le travail de Dettmann écrase de façon prévisionnelle le reste de la concurrence, et parvient à placer haut la main ce mix comme l’un des tous meilleurs de 2011. Encore !

 

http://d2d.up.seesaa.net/image/marcel-dettmann-conducted-20110930.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Paranoiak 02/03/2012 05:01

Excellent set en effet ! :)

bouchonneau 19/11/2011 19:27

Effectivement un des meilleurs mix techno de l'année, le premier de Dettmann sur Ostgut valait aussi le détour. Nous voici donc conforté dans l'idée que ce type incarne l'avenir de notre musique
fétiche. Je regrette par ailleurs que certains producteurs ne s'implique pas davantage comme le fait Dettmann. J'attends toujours que des mecs comme Cristian Vogel ou Landstrumm nous lache un
putain d'album qu'on est en droit d'attendre d'eux.