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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 17:10

Sortie : août 2011

Label : Planet Mu

Genre : Dubstep, deep-house, R&B

Note : 6,5/10

 

Ca y est, la London a dégueulé sa dernière hype, comme tous les deux mois depuis plus de cinquante ans. Le Pingouin revêt donc son vintage jacket, fourni avec son gramme de mauvaise C réglementaire, se déleste d’un prohibitif billet d’Eurostar, et vous chronique ce nouveau Room(s) de Machinedrum (aka Travis Stewart, originaire de New York), sur le dos duquel certains essaient depuis une grosse semaine de se faire de l’oseille à bon frais. Machinedrum : les hypermnésiques parmi vous savent qu’il s’agit d’un outsider de l’IDM, officiant depuis le début des années 2000 principalement sur Merck Records. Cette fois, c’est Planet Mu qui régale. Aucun besoin de rédiger un historique de la musique de Machinedrum, puisqu’il effectue sur ce LP un virage musical à 90°, passant d’une IDM de facture très classique à un mélange improbable de dubstep, de deep-house et de R&B.

 

A court terme, l’histoire montre déjà que le dubstep n’est pas qu’une mode, une hype parmi d’autres. Il fut effectivement un mouvement de percée : synthèse d’un dub erratique pour blancs, d’une drum&bass aux rythmiques tronquées, et d’un UK garage au bass-wobbles rageurs, le dubstep n’en fut pas moins musicalement assassiné deux fois : une par Burial et son trip-hop maquillé, une seconde avec Shackleton et son lissage ou glaçage des aspérités du son dubstep des origines, pour des morceaux cliniques et efficaces mais pacifiés. Depuis, le dubstep se divise en deux camps : ceux qui résistent, en redorant le blason révolutionnaire du style, et ceux qui se lancent dans la course du toujours plus mainstream.

Ce Room(s) de Machinedrum s’inscrit intentionnellement dans cette dilution générale du son dubstep. La structure du morceau d’ouverture, She died there, en décrit parfaitement l’esprit. Partant d’une rythmique dubstep dévitalisée, des vocaux R&B viennent s’imposer rapidement pour déboucher sur un ensemble deep-house mitigé. Ce sont ces vocaux de R&B prostitué pour MTV, parfois salement vocodés, qui expliquent sans doute la rampe de lancement que lui ont avancée les spécialistes de la tendance éphémère. Ils confèrent à l’ensemble de ce Room(s) une ambiance clubby assez mièvre, et dont le dosage d’influences musicales semble calibré en brainstorming de cadres-sup’ de la hype. Le Machinedrum a envie de plaire au plus grand nombre, et ça s’entend très fort.

Les amateurs du genre avaient pourtant déjà été prévenus : par exemple, depuis une petite année, le label Nonplus, antre des Instra:mental, D-Bridge ou ASC, semble en voie de fondre son dubstep initial avec des vibes soulful de plus en plus marquées. Mais jamais cette fusion n’avait été si claire, et surtout si racoleuse qu’avec ce Room(s). La plupart des morceaux exploitent la même recette décrite ci-dessus : la fusion d’une vieille hype, le dubstep, avec deux valeurs sûres du clubbing londonien, la deep-house fin 90’s et le R&B des années 2000. La seule chose qui rend finalement supportable l’écoute de ce LP, ce sont les sections rythmiques montées par Machinedrum, et leurs BPM surélevés : certes, seule la structure rythmique demeure dubstep au sens propre, tandis que le grain des beats évoque parfois d’autres influences un peu jazzy. Mais sur ce point au moins, il y a un travail indéniable.

 

On l’avait pourtant gueulé très fort il y a maintenant vingt-trois ans : "don’t believe the hype !" On a simplement avec ce Room(s) un album que personne n’aurait jamais eu l’idée d’écouter avec attention, si les managers de la com’ en électronique n’en avaient décidé autrement. Les Instra:mental le répétaient eux-mêmes sur leur mix Fabriclive de 2010 : "London : no future". Un disque qui fait réfléchir, mais pas vraiment à la musique.

 

http://img.electro-maniacs.net/19466.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

toctoctoc 12/08/2011 22:56


Je suis parfaitement d'accord avec le com précédent, parler de dubstep ou de deep house pour un disque qui n'a rien a voir avec ces genres c'est un peu hors sujet.
Machinedrum balance ici un disque clairement footwork/juke plus influencé par les Rp Boo, dj nate, ou rashad que burial ou le son dubstep anglais.


Choco 11/08/2011 22:35


L'influence la plus flagrante dans tout ça reste celle du Footwork/Juke que se soit les samples de voix ou les beats et le BPM.
Par contre, la Deep House j'dois avouer que je vois pas trop où se trouve l'influence... Youniverse ?