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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 21:15

Sortie : juin 2010

Label : Brainfeeder

Genre : Bonne synthèse électronique

Note : 8

 

Label fondé par Flying Lotus, Brainfeeder tente une incursion hors de Los Angeles avec un jeune homme de 23 ans venu de l'Illinois. Lorn fait à la fois une musique proche et loin de l'auteur du récent Cosmogramma (chroniqué ici). Loin car il il évolue dans une sphère plus rock et très sombre. Les premières mesures sonnent assez post-rock dans un univers aussi torturé que les visages affichés sur sa page Myspace. Proche en raison de sa démarche expérimentale et de ses influences rap instrumental. Ses titres hors format lorgnent finalement surtout vers une drôle d'IDM qui piochent des influences de toutes parts.

 

Deuxième album de Lorn, Nothing Else est un manifeste du mal être. Il sent le malaise et la peur, le manque d'assurance et la solitude. Si les premières minutes trompent l'auditeur par une énergie positive et entraînante, c'est pour mieux le pousser vers le fond. None An Island offre cette plongée dans le noir. La férocité du monde s'abat et vous vous retrouvez désemparés face à ces sonorités rugueuses qui vous font glisser sur le mauvais versant. Bien accroché à la rythmique, les autres sons viennent tester votre volonté. Vous espériez du répit et ce sont les macabres violons d'Army Of Fear qui vous saisissent à la gorge, sur fond de roulement de caisse claire. Cet univers obscur se révèle séduisant, voire addictif. La mélancolie et le dépit de son auteur ont quelque chose de confortable. Le titre du disque, nihiliste, deviendrait presque votre slogan. L'Américain a l'intelligence de ne pas faire dans la surenchère et préfère dispenser ses sons au fil des morceaux plutôt que de jouer l'empilement. L'aspect narratif en est renforcé.

L'heure de la violence a sonné avec Automaton, le producteur bouscule l'auditeur et lui envoie quelques décharges synthétiques vrombissantes. La rythmique s'emballe et seules des petites touches d'espoir scintillent par moment avec un clavier plus léger qui passe au loin. Ce n'est qu'un rayon de soleil au milieu de nuages bien noirs. Les titres suivants continuent de cogner, puis prennent un tournant plus mélancolique avec Glass & Silver et son esprit numérique minimaliste. La guerre semble perdue et le souvenir de temps meilleurs semble miner Lorn. La gorge serrée il lâche ses derniers titres plus aériens, mais toujours sans espoir. La rythmique industriel du What's The Use de conclusion voit toutefois surgir une voix qui ramène, subrepticement, à l'humain...

 

Cet album plutôt court (33 min) brille par sa densité et la cohérence de son univers. Un monde urbain décati, d'une modernité grise et au quotidien dur. Un monde complexe que l'on apprécie pourtant fortement de parcourir.

 

http://www.ninjatune.net/brainfeeder/lorn/nothingelse_350.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Cornell 07/12/2011 20:51

Vos chroniques sont de loin les meilleures de la toile.