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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:57

Sortie : Juin 2012

Label : Ninja Tune

Genre : Hip-hop, Dubstep

Note : 7,5/10

 

Après avoir sorti en sur Ninja Tune (ou plus précisément sur la branche Brainfeeder de son camarade FlyLo) son premier album Nothing Else (chroniqué ici), prometteur bien qu'inégal et léger, Lorn s'est décidé à produire un album plus construit et abouti dans sa forme. Il garde cependant ses teintures noires et orientales, et cette manière personnelle de faire du Hip-hop bien gras. J'ajouterai que l'américain s'approche parfois du Dubstep (même si l'utilisation du terme se fait par dépit, ne sachant pas à quoi rallier Lorn plus précisément). Il m'aura fallu un certain temps pour juger cet deuxième opus de Lorn. Pensant que j'étais passé à côté du disque même après plusieurs écoutes, j'ai dû invoquer ma bonne foi pour avouer que cet ablum présentait des qualités indéniables.

 

Après une entrée en matière plus qu'alléchante avec Mercy, rappelant entre autres l'audace d'Altered Carbon, les bases de l'album se discernent. Lorn maquille sa musique avec des textures crades. Il adore cela. D'ailleurs sa virilité est un peu trop explosive, sans aller non plus le confronter à un fou furieux comme Milanese. Il compense d'ailleurs un morceau sur deux par un assortiment de voix fantomatiques, comblant l'arrière plan de sa mélodie comme sur Weigh me down. L'esprit lugubre du titre enchante réellement et laisse place à une forme de sensualité. L'américain a pour péché mignon les styles wonky et club dont il aime la classe et la sueur, le dynamisme et les voix graves qui font fantasmer la gente féminine. Globalement, on peut être assez satisfait de la finition et de l'homogénéité du disque. On ressent l'ambiance profonde filée d'un bout à l'autre de l'album. Sa musique dévoile une violence stylisée qui aurait pu agrémenter pour le meilleur comme pour le pire les films de Nicholas Winding Refn. A plusieurs reprises, Lorn nous joue la carte du hipster mal-aimé. I better ou The gun présente cette même voix bourrue et nonchalante qui lance un appel au secours à la hype, celle qui le laisse pourrir au second plan.

En tant qu'artiste de Ninja Tune, il se contente aussi de placer certains morceaux peu recherchés comme Chhurch, qui laisse penser que les notes du morceau ont été disposées de manière hasardeuse. Le tout se contente d'être convaincant et de faire trois minutes minimum. On avait ressenti la même difficulté sur le récent premier album de Slugabed qui cherchait beaucoup trop à combler des pistes, dans l'unique but de faire genre je fais un vrai LP d'une dizaine de morceaux. N'empêche que ces malins ont quand même parfois une sacré inspiration. Pour Lorn, c'est assez facile, il joue à peu près sur trois niveaux : une branche éléctro-downtempo qui exhale la classe ; des beats bien crades en guise de style fondateur, se ralliant à une volonté d'Hip-hop futuriste ; et une troisième branche qui s'est démarquée sur ce deuxième volet, une facette dark-ambient morbide aboutissant toujours sur l'arrivée du beat énervé, climax dont il est si friand. Everything is a violence témoigne, rien que par son titre, du désespoir qui règne dans l'atmosphère d'Ask the dust. Le sympathique Dead Dogs insuffle par sa construction, une véritable tension cinématographique. Lorn possède des sauts d'humeur, il tergiverse et on a peur qu'il radote un peu à l'avenir. Mais vu le nombre impressionnant de futurs retraités sur Ninja Tune et de leur nombre consternant de recrus lamentables, on peut se demander si Lorn n'est pas un des futurs fers de lance de l'écurie dans lequel on garde encore espoir.

 

Avec cet album, Marcos Ortega a compris que sa musique peut faire plus que bouger les têtes. Mais on constate finalement qu'Ask The Dust s'inscrit dans la lignée de Nothing Else avec son lot de déceptions. Ses qualités singulières restent cependant les mêmes. Remarquons cependant que les albums attendus bénéficient souvent d'une chronique trop pressée, la plupart du temps à leur désavantage. Le dernier Clark s'est révélé par exemple, comme un excellent disque avec le temps. Alors à défaut de faire l'unanimité, cet album s’immiscera dans certains walkmans pour une période indéterminée. Quant aux aigris au bon cœur, ils continueront à synthétiser les releases de Ninja Tune par un simple mot : « chiant ».

 

http://musikplease.com/wp-content/uploads/2012/06/lorn-ask-the-dust.jpeg

 

par Pneu

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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