Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 00:51

Sortie : avril 2012

Label : Syrphe

Genre : Indus, Hip-hop, Breaks

Note : 8/10

 

 

Le Diktat (quel joli nom) est aujourd'hui composé d'un seul membre français, a publié un album avec Babylon Chaos sur le label très ambient OPN et un autre chez les énervés, efficaces mais un petit peu puériles Audiotrauma. A ses heures perdues, il publie des chroniques sur le très bon Noise Mag sous son véritable nom : Thomas Papay. Kirdec vient du plat pays, a des origines grecques et congolaises, sillone le monde à la rencontre des cultures alternatives quand il ne se charge pas du mastering des productions Ad Noiseam. Militant politique convaincu, il développe plus particulièrement des thèses libertaires, et protectionnistes à l'égard de nos amis les bêtes. C'est une des personnalités les plus emblématiques des sphères industrielles. Les deux lascars se rencontrent dans les vapeurs moites de la célèbre Villa Rouge de Montpellier en 2002. Kirdec est venu jouer avec Olivier Moreau (Imminent, celui dont la musique donne envie d'envahir la Pologne) au sein du projet Axiome. Le Diktat était encore à l'époque aussi composé de Benoit Gransac. Thomas et Cedric sont régulièrement bookés à l'époque dans les même soirées, et lentement mais sûrement, l'idée d'un album à quatre mains émerge. Voilà donc six ans que cette "collection" est en gestation. Ce n'est pas pour rien que le vieux remix Nihil ouvre les hostilités.

 

 Leur musique semble trouver sa genèse dans des coins sombres qui hument bon la pisse radio-active, la poudre et l'infection ferrailleuse. Si la tonalité globale est résolument industrielle, ont peut également dégager des poussées hip-hop, expérimentales et même dubstep. Si le power noise et sa rengaine 4/4 continue de séduire dans certaines contrées, les deux francophones ne sont pas tombés dans cet écueil depuis bien trop longtemps maintenu sous perfusion. De leurs boucles se profilent des instincts sauvages, habitées par des convictions politiques aussi rugueuses que leurs kicks. Si l'excellent, dark et sexy Black Smoke y va de son hommage au chef d'oeuvre nihiliste de David Fincher, c'est bien tout l'album qui est habité par les territoires sombres décrits par Chuck Palahniuk. Comme si leur collaboration hébergeait en son sein un corps étranger, un organisme apte à infecter les circuits. Car quand les Vagues à Lames de Kirdec déboulent au premier plan, leurs intentions sont vengeresses et destructrices, prêtes à suriner les plagistes en congés payés du CAC 40, à souiller un peu plus les berges nauséabondes de l'âme humaine consumériste. Le cuivre et les scratchs de la chancelante Torpeur viennent logiquement sonner les cloches faites de verre d'une apocalypse sans témoins.

Si les titres composés à quatre mains ont ma préférence, il est particulièrement étonnant de constater ô combien les personnalités rythmiques des deux compères sont complémentaires. Certains ont parfois besoin de comparaisons viables pour se faire une idée plus précise, alors citons Scorn, avant sa période Ohm Resistance.  Si Illusions et Cridacted posaient des bases encore plus incisives et pragmatiques, Le Diktat défouraille sèchement, en enchaînant probablement les trois meilleurs titres du disques : Ennemi Intérieur, comme un Verbal de Amon Tobin sous Skenan, rappelle qu'un jour le hip-hop fut aussi conscious que dansant. Hunter, et ses boucles de batterie épileptiques assujettis pour l'éternité à la Depakine. Et Black Smoke dont nous avons déjà parlé, tout droit sorti d'une darkroom mixte à Viagras tirés. Les gazs et l'acidité de Mourir de Bonheur prennent le temps d'installer la thèse guerrière et malade. C'est la première fois que je vois la terre en noir et blanc...

Il fallait bien après ça que le Diktat fasse beugler de grasses cordes rock sur Crisis avant la conclusion dont le titre Les pays qui cherchent des obus, n'a pas besoin de vaine description pour illustrer le propos.

 

Mourir de Bonne Heure est une belle promesses mais restera probablement orpheline. Prions pour qu'elle donne un sérieux coup de projecteur sur les productions Syrphe et sur l'univers de Kirdec. L'idéal serait que les deux camarades déploient leurs cavalcades communes et associatives en live. Pour ceux qui ne souhaitent pas attendre l'hypothétique matérialisation de ce voeu chaste, l'acquisition de l'album est bien évidemment plus que recommandée.

 

diktat.jpeg

par Ed Loxapac

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires