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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 11:15

Sortie : Mars 2012

Label : Thin Consolation

Genre : Abstract Hip-hop, IDM, Minimal, Expérimental

Note : 8/10

 

A priori, nous avons affaire à un énième artiste autiste avec un pseudonyme imprononçable, qui a eu le bon goût d'avoir choisi la musique électronique expérimentale comme centre d'intérêt principal. LBNHRX a la trentaine et son second degré a l'air de tout déboîter. L'artiste réside en Belgique, accompagné du label auquel il est affilié : Thin Consolation qui nous propose sa dix-neuvième release avec Tales From The Moustache. Pour son premier album, le belge nous propose de vivre dans un univers poilu, avec comme pierre angulaire la problématique de la perte de cheveux et ses réflexions métaphysiques sur la calvitie. L'ambiance mystérieuse est orchestrée par une musique nonchalante chaperonnée par une tension absurde, rappelant parfois celle de Nicolas Jaar avec néanmoins un aspect expérimental plus développé.

 

L'album est enveloppé entre Awakening Razor et Fu Manchu's Thunder, deux morceaux expérimentaux. L'un entame, l'autre achève cette histoire de cheveux. Le premier narre l’avènement du régime de la terreur. Le rasoir se prépare à trancher accompagné de tintements dissolus dans le temps. Le morceau d'introduction est une prélude à Red Sink dont le nom est porteur de plusieurs interprétations. Le beat de ce dernier est résolument Hip-hop et la mélodie laisse place au suspens, à ce corps se vidant goutte à goutte de son sang qui tournoie ensuite dans la spirale aquatique du lavabo. Entre les deux tracks, il y a une véritable suite dramatique, un schéma narratif et musical. On retrouve ainsi des sons de Awakening Razor dans Red Sink. Le premier morceau prépare l'emboîtement des sons dans le deuxième, technique classique mais redoutable quand elle est bien amenée. Le souffle cherche d'abord un rythme régulier avant que s'ensuive le combo classique kick-snare. Le beat glitché ne paraît jamais fixe et synchronisé, il se décale et varie énormément. Cette première partie est fort intéressante et ancre le style de l'artiste, bien qu'elle précède un morceau d'un niveau encore supérieur.

Cut it/Or not est une bombe s'émancipant de la techno minimale à une teinte mélodique plus IDM, avec une envolée émotionnelle en guise de final. Les rythmiques sont sèches et ne tombent jamais réellement sur les temps. Les mélodies paraissent distordues avec des sonorités peu classieuses voir anormales. Le rendu est tout de même monstrueux, bel et bien enivrant, laissant place aux rêveries absurdes décalées qui contrastent la noirceur de l'album. Le jour de tondeuse s'est écourté et les poux fêtent cette chance à trois minutes de la fin du morceau. Chicken Wear Moustache Too est plus lugubre dans son atmosphère, commençant sur une longue mise en tension comme LBNHRX à l'air d'adorer. Les rythmiques alternent encore galop et marche dans le jeu d'irrégularité qui chemine toute l’œuvre. Happy Skin est un morceau plus dansant à la mélodie sournoise. La construction est bien ficelée, intriguant d'abord avec ses sonorités IDM-Dub, et mutant progressivement vers une simplicité rythmique Techno.

 

Dernier tableau, le diptyque composé de Fu Manchu's Fall et Fu Manchu's Thunder. Le premier morceau possède une rythmique cyclique qui s'enrichit progressivement jusqu'à abonder de bruits désordonnés et nihilistes. Ce nihilisme est ensuite constamment présent dans la dernière piste, Fu Manchu's Thunder, qui expérimente avec du bruit et une rythmique minimaliste sur 10 minutes. Le délire irréel se termine. Il est difficile d'apprécier une telle fin aux premiers abords et pourtant je trouve qu'elle est toute à fait en adéquation avec les autres propositions du musicien. Les timbres utilisés dans l'album sont les mêmes pour tous les morceaux. Il recycle et combine les mêmes outils dans des compositions différentes. Il nous livre alors 50 minutes parfaitement homogènes dans le contenu, qui peuvent cependant lasser rapidement par son système de progression un tantinet répétitif. Tales From The Moustache est une œuvre originale aussi bien sur la forme que le fond, prenant toutes les libertés qu'elle désire pour s'amuser et mélanger différents genres avec habilité.

Je me rends compte que je n'ai pas de point de comparaison assez juste avec la musique du belge, unique et osée, qui révèle un attachement particulier pour la progressivité et les ruptures. Comme un grand enfant, l'artiste crée un univers à partir de rien, et invite tout prétendant à venir jouer avec lui dans la cour de récré. Il est maintenant possible de revivre l'enfance d'un serial killer, de comprendre ses névroses, l'origine du mal, l'époque où ses camarades se moquaient de sa coupe de cheveux. Sa haine provient de cette discrimination capillaire. Voici le thriller psychologique qui remonte à la source du problème.

 

Il ne faut pas se le cacher, l'histoire de l'album qu'il est possible d'interpréter n'est qu'un prétexte infime devant l’ingéniosité de la musique bricolée de LBNHRX. Incolore, l'album n'est pas une pleine gorgée de sensations instantanées, son raffinement a plus lieu dans notre imaginaire. Il faut alors faire abstraction des modes capillaires, savoir s’examiner de la moustache jusqu'au pubis sans ressentir la moindre répugnance. Un conte musical assez fou, qui contient son lot d'hochements de tête pour les amoureux des beats abstract. Encore un album gratuit. Téléchargez la bête ici.

 

http://www.unrezt.be/wordpress/wp-content/uploads/2012/02/lbnhrx_cover.jpg

par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

raph 19/04/2012 11:58

Je voulais juste préciser que je parlais pour moi et non pas au nom du blog...je suis simple lecteur.

J'accepte et trouve ça très sain bien sûr que les goûts et idées diffèrent, et je trouve ça enrichissant de lire des avis divergents.

Il ne faut pas être plus positif, mais plus constructif ;)

Timon 18/04/2012 14:41

Agressif?
Venant d'un blog qui fusille allègrement les Ad Banger and Co (cible un peu trop facile), c'est l'hopital qui se fout de la charité.
Ce qui m'a fait réagir ce n'est pas tellement la musique (il y en a des kilomètres sur le net du même acabit)c'est la tartine qui en résulte pour une chose aussi inconsistante.
Néanmoins je continue à vous lire avec plaisir.
Et la prochaine fois que je poste un commentaire promis j'essayerai d'être plus positif.
Timon

raph 18/04/2012 11:29

Typiquement le genre de zick experimentalo-trippante bien agréable. Avec tout les attributs qui vont avec :rythme déglingue, un peu de piano en mineur pasque tu vois ça sonne bien tout simplement,
des zigouiiiii bien placé etc...
Un peu comme l'ancienne cuisine, c'est pas beau dans l'assiette mais tu te remplis bien la panse.

...un autre Timon aurait très bien pu écrire cela non?

A part donner ton avis subjectif (pléonasme) sur un ton désagréable, ça sert à quoi d'écrire ça?

Tu aurais pu écrire la même chose de manière constructive et j'aurais essayé de comprendre ton point de vue. Là non.

Décidément, cette manie de l'agressivité et de l'affirmation de ses propres opinions comme vérité générale me dépassera toujours.

---

Que de bonnes chroniques ces derniers temps! Je ne sais plus où donner de la tête! Content.

Timon 17/04/2012 18:56

Typiquement le genre de zick experimentalo-casseburne sans intérêt.Avec tout les attributs qui vont avec :rythme déglingue (ouais tu vois le 4/4 c'est dépassé) un peu de piano en mineur pasque tu
vois je reste un esthète,des zigouiiiii pour faire expérimental etc...
Un peu comme la nouvelle cuisine c'est beau dans l'assiette mais y a rien à becqueter.
Timon