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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 01:31

Sortie : avril 2012

Label : Ad Noiseam

Genre : Ambient, Shoegaze, Post-Rock

Note : 8/10

 

Voilà maintenant dix ans que Matthew Jeanes (Larvae) suit son petit bonhomme de chemin chez Ad Noiseam. J'avoue n'avoir jamais été fan du son du bonhomme, que ce soit quand il officiait dans l'électronique à tendance club, ou dans le hip-hop mutant. Il n'empêche que ses trois albums précédents ont eu un certain succès, et ont donc suscité une certaine attente. Ad Noiseam fait partie de ces labels qui accompagnent les artistes jusqu'au bout de leur démarche. On se souvient du surprenant, à la fois mature et anarchique No Land Called Home de Subheim, ou du breakcore pour adultes Even Weight de Enduser. De là à dire que le label allemand accompagne ses ouailles vers une certaine maturité, il n'y a qu'un pas à franchir. Exit Strategy est annoncé comme un album presque dénué de beats. L'excellente vidéo de Vows and Promises a renforcé l'intérêt. Alors qu'en est il vraiment ?

 

Larvae a beau avoir enregistré son album à Austin, il ne semble pas qu' Exit Strategy fut imaginé en contemplant les édifices des Silicon Hills. Mais plus en suivant les rivages du Colorado, vers des étendues plus sauvages, lors des nuits estivales caniculaires que le Texas connaît si bien. Là où on trouve la paix en attendant l'arrivée du matin, en écoutant peut-être du Labradford ou tous ces groupes qui ont semé les bases du dit post-rock.

La matière première de cet album est définitivement organique, mais l'annoncer comme dépourvu de beats serait mentir. C'est justement parce qu'il se fait si rare qu'il fait si bien mouche quand il apparaît, en sniper de luxe, derrière les fameux regains de tension des guitares, qui font le sel de cette épopée contemplative et apaisante. Le beat est aussi là pour parfois suppléer les textures de batteries définitivement naturelles. Et il le fait très bien.

La surprise et la diffusion du venin bienfaisant se fait dès les premières mesures de Locked From The Inside, morceau faussement minimaliste qui prend son temps pour dévoiler ses reliefs. Cette impression de nonchalante évolution est d'ailleurs finalement beaucoup plus subtile qu'il n'y paraît au premier abord, et a le don de clore les yeux des sceptiques de départ, dans l'attente de ce qui fera dévier le thème central de son inertie apparente. C'est très palpable sur l'excellent Vows and Promises, quand le beat et ses boursouflures pneumatiques font trembler ses eaux calmes. Ce sera encore plus vrai sur le tout aussi fort The Switch, titre béat par excellence jusqu'à sa moitié supérieure, quand la batterie déboule et laisse enfin les guitares se saturer pour dévoiler les premières lueurs du jour qui suivent les aurores diluées dans le brouillard.

C'est aussi pour ça que que le beat est pertinent, quand il propose contraste et sursaut, comme sur sur N-1, où les synthétiseurs sont plus présents et la rythmique plus vorace. Ou comme sur le plus court mais très intéressant Quitter, où il semble y avoir comme un glissement de terrain dans les travées ambient. Sans le moindre remix qui dénaturerait la substance originale (fait rare à l'heure actuelle dans certaines sphères électroniques), le nocturne, plus riche et ambigu Easy, viendra fermer cette bien jolie incursion interne, là où les scénarios de nos songes ne trouvent réalisateur que dans notre propre imaginaire.

 

Voilà déjà un moment que je pensais que Mobthrow était une pointure en ce qui concerne le mastering (depuis Emerging Organims 4 en fait). C'est probablement sur cet album que son office est le plus remarquable. Il est parfois bon de s'émanciper des sentiers doggystyle pour trouver un peu de profondeur. A méditer. Bien bel album en tous cas.

 

http://www.adnoiseam.net/images/stories/discography/160/adn160-635.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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