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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 16:48

Il s'était fait remarquer à la production du premier album de Psykick Lyrikah en 2004 (Des Lumières Sous La Pluie) et puis on l'avait un peu perdu de vue. Mr. teddybear revient avec un album solo, Huis-Clos (chroniqué ici), qui nous a donné envie de parler musique avec lui... A l'heure de la rencontre, il nous parle avec une grande humilité de son parcours et de son activité avec Dezordr Records.

 

Pour commencer, peux-tu nous raconter comment tu es tombé dans la musique ?

Je fais du son depuis que je suis adolescent, je n'avais ni projet, ni vraiment d'ambition au départ. J'ai bougé à Rennes pour mes études en 2000 et j'ai commencé à coanimer une émission de radio sur Radio campus Rennes. Je passais surtout de l'abstract hip-hop, un peu de post-rock ou des musiques de film et mon collègue des musiques plus extrêmes. On se rejoignait sur la drum'n bass. Au milieu de la playlist on balançait nos morceaux... ce qui a amené Arm [MC de Psykick Lyrikah] à me contacter. Nous avons beaucoup discuté musique. Nous avions pas mal d'influences communes.

 

De là débute l'aventure du groupe ?

Nous avons effectivement sorti une première mixtape en 2002, Lyrikal Tecknik, car on avait envie de concrétiser nos projets. Lors d'un concert, nous avons été remarqués par le label Idwet qui voulait sortir notre tape en CD. Ils l'ont finalement distribué sur un CD-R avec des titres en concert en plus. On est ensuite parti sur un album car nous avions plein de matière. Des lumières sous la pluie est sorti en 2004 et il a fait l'objet d'un gros gros buzz un peu étonnant. On fait pas mal de concert dont le festival Panoramas qui était notre première grosse date. On a joué avant Rubin Steiner qui a bien aimé et qui a décidé de nous aider. Puis nous avons fait les Transmusicales et on a eu un très bon article dans Les Inrocks... le truc est parti.

 

Et pourtant tu as choisi une autre voie ?

Je suis parti à Paris pour le boulot, ce qui a un peu cassé le délire. Une fois l'album sorti, j'avais http://i160.photobucket.com/albums/t180/dezordr/Huis_clos.jpgl'impression d'avoir fait le boulot. Je voyais la sortie d'un album comme un acte égoïste. Je n'étais pas prêt à aller sur scène, je ne comprenais pas la substance du live. Je suis beatmaker donc ma présence sur scène était un peu une arnaque. Ca n'a pas été facile. Arm s'en occupait plus et voulait se lancer à fond dans la musique alors que je préfère faire ça artisanalement, à côté d'un travail. Je trouve que ça solidifie ce que je fais et apprend l'humilité. Ca c'est donc un peu effiloché. Mais Psykick était un projet suffisamment solide pour tenir. Arm a donc continué avec le guitariste Olivier Mellano qui était déjà sur le premier disque.

 

Après ces années dans l'ombre, pourquoi revenir avec un album solo ?

Depuis longtemps j'avais envie de faire un album "bullaire", d'ambient. Il y a deux ans, j'ai fait un grand ménage dans mes archives et je me suis aperçu que j'avais cet album. C'est pour cela que l'on retrouve sur Huis-Clos des morceaux qui datent d'il y a plus de dix ans. Ca c'est donc fait un peu tout seul. Il y a peu de morceaux, mais c'est cohérent. Il m'a fallu tout ce temps pour trouver le fil rouge. Toutefois, j'ai rebossé pas mal dessus. J'ai ajouté des sons, modifié des structures, refait des prises avec des musiciens. J'avais une envie un peu floue au départ, je ne savais pas trop ce que ça donnerait. Mon univers est noir et tendu mais il n'y a pas que ça. Je ne voulais pas tomber dans la complaisance du mec torturé.

 

Comment travailles-tu et quelles sont tes influences ?

J'accumule les sons, les samples. Je bosse un peu comme un peintre, touche par touche. J'avais à l'origine une démarche très mentale, maintenant un peu moins. Je travaille avec un clavier midi, une MPC 1.000 et un ordinateur. J'aime l'aspect narratif de la musique. C'est ma manière de dire les choses vu que je ne chante pas. Je guide de cette manière. La musique parle suffisamment. Quand tu es trop personnel, il y a une confusion, un déséquilibre entre ce que tu es et ce que tu fais. Comme les auditeurs ne connaissent pas ta vie, ils se font leur propre voyage.

Le deuxième album de Set Fire To Flames m'a inspiré. C'est un collectif de 13 musiciens [notamment de Godspeed You! Black Emperor, NDLR] qui pour l'enregistrement s'étaient enfermés une semaine dans une ferme et ont laissé tourner la magnéto en permanence. On est dans le narratif complet, avec seulement des bruits de porte à certains moments.

 

Le label sur lequel sort l'album, Dezordr records, est en fait un collectif de musicien (Audioclockers, K2C, Dtracks, etc.) auquel tu participes ?

Le label est né sur les cendres de Kamasoundtracks, j'ai pris le train en route il y a deux-trois ans. Nous sortons pas mal de choses et notamment des compilations en téléchargement gratuit d'artistes que nous repérons sur Internet. Nous mettons aussi quelques-unes de nos productions. Un concept monté pour se faire plaisir. On essaie d'en sortir une ou deux par an, un rythme qui laisse le temps de laisser mûrir les choses, d'avoir de la cohérence. Et puis nous publions aussi des albums payants, ceux des membres du label car chacun a un projet à lui. Nous avons aussi actuellement un projet qui s'appelle pour l'instant "versus" et qui devrait déboucher sur une série de vinyles de collaboration entre les mecs du label.

 

propos recueillis par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans Interview
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