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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 16:41

En trois albums, Saul Williams a imposé un style unique avec une musique entre rock, rap et électronique, parfois qualifiée d'afro-punk, pour accompagner des textes abondants et d'une rare richesse déclamés avec une verve imparable. Découvert dans le film Slam de Marc Levin en 1998, qui faisait sortir cet exercice de style des cafés branchés de New York pour conduire au meilleur comme au pire, l'Américain a tracé sa propre en route sans s'intéresser aux modes, signant un classique absolu avec Amethyst Rock Star, produit par Rick Rubin, en 2001. Diamant brut suivi en 2004 par l'album Saul Williams qui enfonçait le clou avant de s'adjoindre les services de Trent Reznor de Nine Inch Nails en 2008 pour son troisième long format The Inevitable Rise And Liberation Of Niggy Tardust. Il avait goûté sur ce dernier aux joies de l'indépendance avec une distribution par Internet (quelques mois après Radiohead).

Il revient sur une major, Columbia/Sony, pour son quatrième album, Volcanic Sunlight, qui bouscule une nouvelle fois ses habitudes musicales, puisque, comme il le dit lui-même, il s'agit d'un "Niggy pop". Saul chante, laisse plus de place à la musique et montre de nouvelles facettes de sa personnalité, plus heureuses, même s'il garde toujours une impressionnante énergie et une intensité qui bouscule. Après le Bréil, New York, Los Angeles, l'artiste a posé ses valises a Paris où nous l'avons rencontré pour évoquer ce disque qui sort en numérique le 18 avril et début mai en "physique".

 

Chacun de tes albums est différent, comment Volcanic Sunlight se démarque des autres ?

C'est la première fois que je n'écris aucune chanson avec de la colère, cet album donne la perspective la plus globale de moi-même, c'est une meilleure réflexion de qui je suis. Beaucoup de gens connaissent ma colère, mais je ne suis pas une personne énervée. Je ne suis aujourd'hui pas plus heureux ou moins en colère. Volcanic Sunlight est la suite de Niggy Tardust, à la fin du titre Dance, je dis d'ailleurs "this is Niggy pop"...

Comment as-tu conçu cet album ?

Je travaille seul, souvent tard chez moi, avec ma basse et des écouteurs pour pouvoir écouter la musique fort. Avant, j'écrivais des poèmes que j'enregistrais quand je sentais quand ils étaient terminés. Cette fois-ci, j'ai travaillé d'abord la musique. Je suis arrivé à Paris avec dix-onze titres composés à Los Angeles, et je n'avais pas encore les textes. Je les ai fait écouter à Renaud Letang en chantant au hasard sur les instrumentaux.

Quel a été le rôle de Renaud Letang en tant que producteur ?

Il a été le gardien de la sécurité. Il régnait une certain ambiance sur les démos qui aurait pu être perdue si nous avions surproduit les morceaux. Je suis venu avec les squelettes des chansons, nous avons ajouté les muscles avec les rythmiques puis nous avons amené d'autres instruments comme les cuivres pour faire la peau. Trois ou quatre musiciens, comme David Sztanke, le clavier de Tahiti Boy, et Vincent Taeger, le batteur de Pony Hoax, sont venus pour donner vie aux morceaux à l'issue du processus créatif qui a duré environ six mois avec Renaud Letang. Ma fille Saturn et Janelle Monae ont également participé à l'enregistrement.

C'est pour cette raison qu'il y a moins de texte sur cet album ?

La poésie n'est pas quelque chose qui appartient aux mots, c'est une manière de percevoir les choses. Dans ce disque, la poésie est plus dans la musique que dans les textes. En réécoutant mes anciens albums, je me suis toujours demandé comment dire moins, faire des économies de langage. Je voulais exprimer des émotions sur mon amour du monde et pas en parler. Et si cet album est plus chanté que par le passé, je ne commence pas à chanter, je commence seulement à le faire en public.

 

Saul_Williams.jpg

 

Au milieu de l'album figurent des titres plus pop, avec des influences funk qui sont nouvelles chez toi, pourquoi cette nouvelle direction ?

Ces morceaux sont tout à fait logiques pour moi. Le titre Give It Up me fait penser à James Brown et je rappelle que je suis né après que ma mère a été évacuée d'un concert du chanteur. C'est typique de la musique que j'écoute. Dans le passé, j'utilisais la musique pour des raisons politiques, j'avais des choses à démontrer, alors que là je cherche plus l'énergie. Je crois en la vérité, je ne suis pas optimiste mais réaliste. La danse est aussi nécessaire que le combat. Depuis mon séjour au Brésil, je pense que les meilleurs combattants sont les danseurs. Sur cette partie du disque, je suis plus danseur que combattant.

Malgré ce côté plus joyeux, tu gardes toujours cette même intensité, en es-tu conscient ?

C'est quelque chose que j'ai découvert en travaillant avec Trent Reznor. Je pensais qu'il fallait que je sois en colère pour aller avec la musique sur laquelle je chantais. Dans cet album, tous les morceaux sont une explosion de lumière. Le volcan évoqué dans le titre de l'album est une métaphore pour évoquer cette lumière qui jaillit de la musique. Il faut à chaque fois trouver la manière de pousser les nuages pour sortir.

Cette intensité vient sans doute de la mise en avant de la batterie, pourquoi ce choix ?

La batterie est l'instrument qui a la plus forte similarité avec mon rap. Les gens qui écoutent mes disques pensent beaucoup aux paroles, mais ce sur quoi je me concentre depuis le premier album, ce sont les rythmes. Ils sont sur cet album plus organiques et plus proches de mes influences, des musiques avec lesquels j'ai grandi au Brésil, la samba ou l'ambiance des carnavals, ou d'autres artistes que j'ai écouté comme Fela. Je partage ainsi plus mes goûts musicaux, je suis aujourd'hui plus ouvert alors que j'étais avant dans un style plus pointu.

 

http://musikplease.com/wp-content/uploads/2010/12/saul-willliams-sunlight.jpg

 

Il y a aussi un côté plus rock dans cet album, pourquoi ce choix ?

Le son de l'album n'est pas vraiment quelque chose que j'ai choisi. Tout était électronique au départ. Nous n'avons rien enlevé, mais nous avons ajouté des musiciens pour remplacer certains sons. Il reste donc toujours des éléments électroniques dans les morceaux.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Rocket, qui débute sur un sample d'un classique du rap, et sur New Day qui achève le disque d'une manière assez puissante ?

Au début de Rocket, il y a effectivement un sample de The Bridge de Mc Shan et Marley Marl, déjà utilisé par Mobb Deep et Dr Dre. C'est le titre le classique absolu du rap pour moi, il a fait KRS One et le son du Queen's. Il me semblait intéressant de l'utiliser car il rappelle une époque vraiment dure à New York. L'utiliser consistait à prendre quelque chose de sombre et essayer de le porter vers la lumière, comme je l'ai expliqué. Tout le monde partage cette expérience avec moi, cela montre l'évolution des choses.

New Day est le dernier morceau que j'ai composé pour l'album, il a été écrit à Paris. Sa particularité est que je l'ai composé seulement sur ma basse, sans programmation. Les autres éléments sont venus s'ajouter plus tard.

 

 

propos recueillis par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans Interview
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commentaires

Mathieu Lavanant ( modestement Trentemoller) 21/04/2011 15:56


félicitations pour cette première compilation, je la télécharge en ce moment même. Tous mes voeux de réussite à ce nouveau label. Vous faites un excellent travail.

PS : comment puis-je télécharger le dernier album de Art Department, il faut absolument que je baise là-dessus, votre article m'a trop mis la queue ^^


Chroniques électroniques 21/04/2011 16:32



Merci.


 


PS : Pour le Art Department, il sort lundi.