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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:41

Sortie : 17 octobre 2011

Label : Planet Mu

Genre : Dubstep, Electronica, dreamlike Juke

Note : 6,5/10

 

Jamie Teasdale est connu pour constituer avec Roly Porter le duo Vex'D, spécialiste dans une forme de dubstep retors et immersif. Leur Cloud Seed s'était élevé sans mal parmi les meilleurs albums du genre de 2010 (ici). De son côté, le sieur Porter fut évoqué tout récemment à l'occasion de la sortie de son premier album, Aftertime, petit bijou de drone noisy (chroniqué ici). Les deux oeuvrent séparément depuis un bail, et c'est sous le nom de Kuedo que Jamie Vex'D a réalisé seul plusieurs Eps. Entre glitch-hop et dubstep dowtempo et flashy, Dream Sequence et Videowave n'étaient pas complètement indignes d'intérêt mais loin de soutenir la comparaison avec les travaux qu'il a pu accomplir avec son comparse. De même, Severant n'égale pas Aftertime, mais on était loin d'imaginer ce résultat.

 

Lors de la chronique du dernier Machinedrum (ici), paru également sur Planet Mu, il avait été fait remarqué par des lecteurs que les influences de l'album n'étaient pas à chercher dans le dubstep ou la deep-house, mais du côté de ces genres chicagoan, étranges et limités que sont le footwork et la juke. Aucun de nous ici n'est familier à ces sons à 160 bpm, dédiés à des concurrents qui défient en battle la vélocité de leurs mollets. C'est apparemment le nouveau délire de Planet Mu qui en sort régulièrement des compiles. Pour avoir assisté rapidement à la performance du crew de footwork du label au dernier Electron festival (ici), je peux vous dire que c'est franchement inécoutable – désolée pour ceux qui aiment. Mais là n'est pas le point. Avec Severant, Kuedo romps avec le style qu'il s'était constitué jusqu'alors et nous pond un mélange de juke mélancolique à la sauce Vangelis. Ca a l'air horrible, je sais. Pourtant Teasdale s'en sort presque bien. Assumant les influences de Blade Runner, de coke rap à la The Clipse ou de Tangerine Dream, Kuedo dépeint des ambiances languissantes et orangées. L'ensemble est cotonneux, les boucles de synthés sonnent de façon fondamentalement vintage et les nappes détiennent un potentiel cinématique particulièrement efficace. Inévitablement, qui que ce soit ayant les mélodies de synthés rétro-futuristes en abomination n'y trouvera jamais son compte, et ceux qui se sont penchés sur cet album savent jusqu'où elles sont poussées. Mais voilà, Teasdale est tout sauf le dernier des arrivistes. Le bonhomme maîtrise assez les textures et les imbrications sonores pour parer son trip sur l'évasion et la prise de distance avec la réalité de tonalités justes, presque touchantes. Bizarrement, l'aspect flottant et immensément désabusé de Severant s'accorde avec cette prise de position anachronique. On rencontre à l'occasion de larges flaques d'électronica, parfois des petits bouts de dubstep (les syncopes de Truth Flood), mais le plus souvent, c'est ce squelette rythmique répétitif et distant qui confère cette dimension hypnotique et illuminée. Un type de rythme qui peut laisser comme deux rond de flamby lorsqu'on ne fait pas immédiatement la relation avec le footwork, lui-même ayant été préalablement étiré, amolli et adouci. Alors forcément, tout ne fonctionne pas à tout les coups. Les arpèges interminables (Ascension Phase) ou les carillons assommants d'un fake de harpe (Reality Drif) menacent de lasser avant même d'avoir commencé. Severant est inégal, c'est un fait. Mais certains morceaux dégagent un charme qui ne ressemble à rien d'autre. C'est le cas du vaporeux Ant City, de cette exquise kitscherie qu'est Salt Lake Cults, ou du céleste Onset (Escapsim).

 

Alors voilà, Severant est le genre d'album qui pousse à la schizophrénie, car on peut l'écouter un matin et se dire putain, c'est génial, remettre ça le lendemain et le trouver piteux. S'il y a une chose qu'on ne peut reprocher à Kuedo, c'est bien l'absence de prise de risque. Il y a quelque chose d'obsolète dans cette démarche mais la dimension émotionnelle de ce disque n'a rien d'emprunté. Teasdale parvient à en faire un album intriguant et probablement fractionnel.

 

KuedoSeverant600Gb111011

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

shift. 19/10/2011 13:15


J’ai personnellement trouvé les pistes très oniriques et qui m’ont replongé dans une ambiance d’un merveilleux futur has-been… Quelques décennies en arrière, là où la robotique avait encore quelque
chose d’acidulée et de romantique (un mot que j’ai été surpris de ne pas avoir trouvé dans ta chronique). Ouais, on y voit des tours d’immeubles aux lumières roses et oranges, des voitures volantes
et des robots qui mettent du rouge à lèvre. Plus loin, du sable, beaucoup de sable.
Moi cet album m’a parlé… Je ne sais pas trop ce que devient Planet Mu, je n’ai écouté que du Vex’D et du Rolly Porter dernièrement (qui n’est pas sur Planet Mu) mais pour le coup, Kuedo nous livre
en effet quelque chose qui n’a rien à voir avec ses productions brutes et corrosives de son duo… Je pense que ce mec est un amoureux de la ville et que musicalement, il l’a met en scène. Romantique
ici, anarchique avec Vex’D (CF pochette de Cloudseed).


Chroniques électroniques 19/10/2011 14:15



Ton analyse est hyper juste. Le terme romantique n'est pas présent en effet, alors que la mélancolie et les incursions sentimentales - sans être mièvres - sont ce qu'il y a de plus flagrant.
C'est justement ça qui rend l'album intéressant, en plus des robots qui se peinturlurent. Mais je continue de penser que tout n'est pas bon, et les néons parfois trop criards. En plus le moment
d'écoute importe trop. Un bon album doit l'être à n'importe quelle heure. Sinon Planet Mu ces derniers temps, ça ne vaut pas une poignée de cacahuètes. Cet album est peut-être ce qu'ils ont
sorti de mieux depuis un moment. Et la juke, ça colle aux dents.