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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 21:37

Sortie : septembre 2010

Label : Raubbau

Genre : Dark Ambient où tu te chies dessus

Note : 8/10

 

Kraken est un duo belge constitué de Joris Vermost et Ricardo Gomez. Depuis 1999, ils ont sorti une bonne demi douzaine d'albums, dont on retiendra plus particulièrement Chagrin, paru en 2006. Les sociopathes amateurs de dark ambient vont probablement se jeter sur ce Strop, sorti il y a quelques jours sur  Raubbau, label berlinois connu pour avoir publié des albums de Deaf Machine.

 

Nous ne faisons que trop peu souvent l'éloge du dark ambient dans nos lignes. C'est sans doute parce que nous n'avons pas l'habitude de nous y attarder et, reconnaissons le, parce que c'est rarement notre tasse de thé. Mais il y a parfois des exceptions qui confirment la règle. Strop est de celles-là.

Si vous avez des pulsions claustrophobiques et que vous aimez vous sentir pourchassés par une meute de spectres en quête de rédemption, ce disque est fait pour vous. Oubliez la dimension harmonique de la mélodie. Il y a bien longtemps qu'elle a préféré fuir, embarquant avec elle toute rythmique conventionnelle. Pas de place pour la volupté ici, bienvenue dans les bas fonds d'un univers cauchemardesque et paranoïaque. Samples dignes de scénarios d'épouvante et captures industrielles frelatées sont au service de votre indisposition. Un peu comme si Lynch décidait de trouver la bande originale d'un film d'horreur aux dialogues minimalistes. Après de sculpturales mises en bouche qui auguraient du pire, on préfère enfiler une pampers senior pour se plonger dans la terrifiante fresque Ze Komen Me Halen. Oui oui, on voit bien de quoi parle cette voix masculine bien trop calme. "Y en a un qui arrive vers moi, tu le vois ?" On a envie de lui renvoyer : "Débrouille toi avec tes nouveaux copains, si tu me cherches, je suis aux chiottes en train de changer de futale." Vriend In Een Fles nous entraîne quant à lui dans une crypte qui contourne à peine les sentiers de la perdition. Même chez un Lustmord, on avait croisé des drones plus chaleureux. 

On a beau tourner la situation dans tous les sens, l'échappatoire est impossible. Cette désagréable impression d'être un gibier traqué intervient plus nettement sur Morgen Zal Mijn Reet Roesten. Pour varier les plaisirs, l'impression d'être digéré par une gargouille et de sentir ce fameux vent qui souffle une imposante odeur de mort, déboule lors de Praatjes Van je Sloerie. Les deux derniers titres réservent eux aussi leur lot de joies charnelles, plus particulièrement l'imprononçable morceau de fin.

 

C'est bon parfois d'avoir peur. Et là y a de quoi. Nous sommes heureux de vous faire découvrir ce disque ainsi que la beauté immense de la langue flamande. Blague à part, Strop est un album qui devrait à coup sûr, ravir les coutumiers de ce noble genre.

 

http://www.adnoiseam.net/store/images/kraken-strop.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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