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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 11:44

Sortie : août 2011

Label : Alpha Pup

Genre : rap abstrait / DJ beats

Note : 8/10

 

Quand Alpha Pup ne distribue pas Brainfeeder, c'est pour sortir des disques plutôt dans la lignée du label de Flying Lotus. Nouvel exemple avec cet album de Kone, premier de ce résident de Los Angeles, qui joue toutefois plus avec les samples qu'avec les bleeps, un style qui rappelle RJD2 ou le très bon LP de Pablo (chroniqué ici). A noter que le titre The Tractatus est inspiré des travaux philosophiques du Viennois Ludwig Wittgenstein sur le langage et la logique, dont les idées ont inspiré la musique de l'Américain... et quelques interludes.

 

Grosse basse, voix samplée et bidouillage de boucles, le disque fait tout de suite penser à un album de DJ avec des collages originaux et un sens efficace de la ligne qui percute. Ce n'est toutefois qu'avec New Los Angeles, troisième extrait, qu'il nous fait véritablement entrer dans son univers aux reflux synthétiques, rythmes downtempo, guitare rythmique blues-rock et cette voix qui nous fait la visite. Les sons un peu crades donnent une impression de bricolage de fond de garage. Happenings définit parfaitement cet univers fait de bout de matières assemblées les unes avec les autres pour former un attelage atypique mais qui fonctionne, notamment grâce à ces cordes passées à la ponceuse. Le sens du groove de Kone se dégage rapidement avec ses claviers funky démantibulés qui nagent sur Chunky Dust dans les craquements poussiéreux. L'album a la patine des vieux 33 tours, la malice d'un as de la MPC et quelques secrets de fabrication. Alors quand sur Cheese Grater l'Américain fait claquer sa batterie de tous les côtés, il fait penser à un DJ Shadow qui se remettrait mal de sa méchante cuite de la veille.

Le reste n'est que poésie (Wax & Wane), vieilles rengaines folkloriques frappées au shaker (Destiny Manifest), barouderies dans une boîte vietcong (Laws Of Nature) ou découverte de nouvelles substances efficaces (New Definition). Kone ne s'embarrasse pas de subtilité pour donner vie à ses visions trippées aussi brutales que spontanées et c'est ainsi qu'il emballe notre imagination et nous entraîne dans ses virées nocturnes improvisées. Les nuits se finissent alors toujours, bouteille à la main, à réécouter de vieux vinyles sur la platine d'un inconnu bienveillant tout juste rencontré. Le guide nous rattrape toutefois régulièrement, marquant les blancs de ses pensées sur la vie. Les heures semblent des jours, le soleil ne se lève plus vraiment et tout sombre dans une apesanteur fluide. Light On The Kid fait figure de remontant, celui nécessaire pour reprendre la voiture et affronter les interminables avenues de LA et repartir pour d'autres pérégrinations où les claviers bluesy d'anciens clubs de jazz retentent de trouver leur entrain d'antan.

 

Kone maîtrise son errance urbaine à coup de caisse claire précise et de samples dénichés au fond de vieux cartons oubliés. Un mélange qui sent le vécu et la gnôle, le bruit et la fureur assagie, mais révèle surtout un sens du beat ébréché qui ne vous lâche pas !

 

http://www.alphapuprecords.com/art/669158523177-300x300.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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