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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 17:02

Sortie : 8 mai 2011

Label : Echomania Netlabel

Genre : Dark ambient, Drone, Trip-hop

Note : 8/10

 

Cet inconnu russe n'est pas le seul à avoir emprunté le nom du légendaire acteur allemand qui hanta le cinéma durant plus de 40 ans. Un groupe de shoegaze espagnol lui rend hommage de la même manière. Toujours est-il que le Klaus Kinski en question est l'auteur d'un premier format court passablement troublant, noir et inspiré. Le tout jeune netlabel Echomania, basé à Minsk, avait réalisé en avril dernier la compilation Roll The Dice, qui s'ouvrait par un titre d'un certain Pleq... Il sort maintenant cet EP qui, on l'espère, lui accordera davantage de visibilité, car le choix s'avère prodigieusement excellent.

 

La seule chose que l'on puisse reprocher à In Isolation est le fait d'être trop court. Ces quatre titres représentent un condensé de drone, de dark ambient et d'un genre de trip-hop acide et corrosif. On en devient dépendant. Il y a une puissante forme d'originalité dans les travaux de Klaus Kinski. L'approche n'est pas tellement éloignée de l'IDM, pourtant des éléments comme le glitch, les nappes ou le brouillage synthétique se combinent de façon inédite. Des ambiances post-industrielles grignotent l'entier espace sonore, plongeant de façon immédiate l'auditeur dans des flux nébuleux, encrassés mais délicieux. Aller simple vers la perdition. Plutôt mid-tempo, les rythmiques ne reculent pourtant pas devant le concassage, les tournures écorchées, et le martèlement récurent. Les textures sont chimiques et les beats semblent traverser différents stades de mutation, pour se désagréger au final en pluie grenue crevant des brouillards électrisés.

En guise d'introduction, Junior évoque ces machines en surchauffe, frémissantes, rougeâtres, telles que bien des images d'Epinal peuvent nous les évoquer. Les sonorités mécaniques ont sonné l'heure de la castagne, les polyrythmies s'emballent et la discordance est radieuse. Puis le beat gagne en cohérence, et sur To Be Out Of Temper, on comprend l'aspect trip-hop de la chose – néanmoins d'allure hybride et infectée. Les cymbales cisaillent le beat, jusqu'à ce que, stupeur, l'ensemble se taise pour laisser s'élever des nappes d'une pureté fabuleuse. Instant d'ambient ténu qui se voit avalé la minute suivante par le roulement hypnotique du beat. Des volutes grasses et narcotiques embaument l'excellent To Brink, perle downtempo nonchalante qui se mue progressivement en drone crépitant d'où jaillissent des choeurs d'opéra dignes d'une occulte fantasmagorie. Puis c'est le retour des giclées de rouille et de sueur et des fêlures au marteau pilon. La première moitié de The Rest In Silence lamine merveilleusement le crâne. Mais passé 2'25, on est face au vide astral, béat devant les émanations des drones, puis flippé par les battements sourds d'une basse inflexible. Ces morceaux sont quatre satanées tueries dont les progressions insoupçonnées laissent pantois.

 

Ce vicelard de Klaus Kinski livre une bombe d'EP. Indus, drone et downtempo ont rarement été si subtilement mêlés. Libre à vous de cliquer ici pour savourer gratuitement cette pépite. Au risque d'un plaisir coupable.  

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Deepo 01/06/2011 19:16


clair, un grand merci pour cette découverte les amis. Un pti gars à surveiller ce Klaus Kinsky!


unknownout 29/05/2011 20:53


Quoique la pochette dostoïevskienne et la typo un peu cheap utilisée ne soient pas selon moi du plus bel effet, ce petit disque est très aventureux et agréable ; et effectivement, on ne serait pas
mécontent que l'écoute se prolonge au-delà des quatre titres proposés.
Avec comme armes un beau sens de la surprise et des variations, tout se fait décidément ici de manière subtile et délicate.
Ce n'est sans doute pas une révolution dans les musiques électroniques, mais après tout, les révolutions sont rares. Persistent sans doute dans ces sons quelques postures et effets qui peuvent
déplaire à l'oreille exigeante et désabusée du connaisseur à qui on ne la fait pas. Quoiqu'il en soit cependant, c'est un bel essai assurément. Et l'on imagine déjà combien la maturation de ce
projet pourrait occasionner un grand disque.
Et puis il faut le lui reconnaître, ce Klaus Kinski sait vraiment être plus subtil que l'acteur fétiche de Monsieur Herzog. Il convient de lui en savoir gré...
Merci Chroniques Électroniques pour cette agréable découverte.