Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 09:56

Sortie : 21 Février 2012

Label : Editions Mego

Genre : Expérimental

Note : 8/10

 

Cela fait 3 ans, depuis le lancement de Chroniques Electroniques, que j’attends le moment idéal pour parler de Keith Fullerton Whitman. Pourtant, depuis ce temps, le barbu en a sorti des disques, mais pour pouvoir appréhender l’œuvre d’un tel personnage, il fallait d’abord trouver une porte d’entrée tolérable. C’est que l’américain officie dans la frange la plus abscons de la musique expérimentale. Mais attention, on ne parle pas d’un vulgaire expérimentateur se paluchant sur ses machines en pensant que son art est génial. Non, loin de là, Keith Fullerton Whitman est un érudit, une encyclopédie vivante de la musique électronique expérimentale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il dirige l’entité Mimaroglu Music, gigantesque catalogue de réhabilitation des chefs d’œuvres perdues de la musique expérimental, et accessoirement magasin de disques du côté de Cambridge. Le mec domine largement son sujet et c’est un doux euphémisme.

Concernant sa carrière personnelle, elle est impossible à suivre convenablement. Sachez seulement que son Playthroughs sorti en 2002 est encore aujourd’hui dans mon top 5 des plus grands albums d’ambient. Si vous ne deviez en choisir qu’un de sa discographie, alors foncez (et si vous en voulez un second, misez sur Lisbon, sorti en 2006). Keith a ainsi sorti près de 30 albums sous son vrai nom, mais il ne s’est pas arrêté ici puisqu’il officie aussi sous l’entité Hravtski pour une IDM volontiers plus accessible, si ce n’est commercial. A cela s’ajoute encore une dizaine de pseudos.

Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est la sortie de Generators aux Editions Mego, illustre label de musique expérimentale. Generators se compose de deux titres de 18 minutes. Ces compositions sont un hommage à la française Eliane Radigue, pionnière de la musique minimaliste.

Il est difficile de parler correctement d’une telle « musique ». En effet, il ne s’agit pas vraiment de musique mais uniquement d’expérimentation. Le premier morceau, Issue Generator, est un vortex absolu. Keith module à l’infinie les sons, jusqu’au moment où vous vous retrouvez littéralement happé par la masse sonore. Entre abandon physique et tension cinématographique, vous n’êtes plus. Il est évident qu’un tel ouvrage ne peut s’apprécier qu’avec un matériel hi-fi digne de ce nom. Ces 18 minutes restent accessibles pour tout néophyte même si l’implication physique est implacable. Keith maintient en permanence son édifice et le rendu est d’une exceptionnelle cohérence. Le deuxième titre, High Zero Generator, est bien plus difficile à appréhender. Les tâtonnements et l’impression d’être en pleine session d’improvisation pourront rebuter les plus acharnés des intégristes. Mais derrière l’opacité expérimentale et les sonorités désagréables, petit à petit, se dégage une poésie du vacillement.

Je ne peux que vous encourager à pénétrer dans l’univers de ce géant de la musique expérimentale. Il faut briser la carapace pour atteindre la substantifique moelle. Mais une fois atteinte, vous vous exposerez directement à une lumière aveuglante.

 

http://www.anost.net/out/pictures/onthefly/oxarticle/normal/344x344/1/DeMego024V.jpg

 

par B2B

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

crackers 11/04/2012 22:28

Scotchant, en effet !
Si les organisateurs des Siestes Electroniques pouvaient le faire venir à Toulouse, en plus de Paris, ça serait le pied !