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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 16:16

Sortie : 27 septembre 2010

Label : Jarring Effects

Genre : Dub électronique

Note : 7/10

 

Leur premier album sortait il y a dix ans. Kaly Live Dub, groupe éminent de la scène dub française, tire le "live" de son nom de ses démentielles performances en concert. Le crew sort quatre LP durant la décennie, notamment sur Dub Dragon, et s’affiche dans des collaborations avec leurs voisins High Tone (qui se conclue par l’album Kaltone) ou avec l’éclectique trompettiste Eric Truffaz. Même si le mariage semblait évident, les Kalymen ne s’associent avec Jarring Effects que maintenant, pour ce cinquième et double album Lightin’ The Shadows. Alors que le label lyonnais, représentant tout puissant du dub hexagonal, fait face à de sérieux problèmes financiers le menaçant de mettre la clef sous la porte, - et même s’il ne renflouera jamais les caisses - ce disque sonne comme un poing vers le ciel.

 

L’album se scinde en deux sections, The Shadows, puis The Light, structure qui rappelle fortement le dernier Outback d’High Tone (chroniqué ici). Au long de sa discographie, KLD a conservé une certaine fidélité au genre, ne déviant que rarement de leur idée de l’expérimentation, du dub électronique et du métissage qui le compose. En en explorant distinctement les deux facettes, les Lyonnais parviennent à livrer un objet particulièrement abouti. The Shadows sonde le versant menaçant, rêche et éraillé du dub tel qu'ils savent le concevoir. Se fendant en des distorsions aussi enfumées qu’encrassées, le couple basse-batterie a des allures de machine de guerre. Des textures grasses, des grondements de dubstep et de rauques triturages numériques n’en finissent pas d’enrichir la palette. Bien plus proche ici d’un Brain Damage que d’un Zenzile, le groupe donne un aperçu de la dimension noisy, saturée et hypnotique de leur son, et le fait avec maîtrise. Le Zoll d’ouverture, Moog-Lee, Wu et surtout l’exceptionnel Lightin’ The Shadow contaminent et soumettent immédiatement l’oreille. Le flow leste et élastique de K-The-I ??? enflamme le très bon Conflicts, apposant une empreinte de hip-hop bienvenue.

Forcément lorsque lumière se fait, ça pique un peu les yeux. Mais le registre reggae dub creusé par The Light n’est pas de la soupe. Ce second disque observe la participation de Joe Pilgrim et du jeune toaster prodige Biga. La cadence se laisse étirer, les échos et les reverbs épaississent l’air au point de le rendre onduleux, et les skanks font mollement osciller de la tête. On notera particulièrement Wackies, dub lourd qui donne de tenaces envies illicites.

 

Les Kalymen se surpassent avec ce cinquième opus. J’irai même jusqu'à dire qu’au même exercice, ils défoncent High Tone. Une prochaine tournée permettra d'en apprécier pleinement l'impact, notamment le 28 octobre au Nouveau casino pour les Parisiens. Même si la face inquiétante et froide qu’est The Shadows est de loin la plus convaincante, ce double disque n’apparaît point bancal. Jarring Effects est (presque) mort. Vive Jarring Effects.

 

                                 kaly-live-dub.jpeg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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