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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 08:16

Sortie : 28 mars 2011

Label : Skylax

Genre : Deep-house

Note : 9/10

 

En 2009, Chroniques Electroniques avait placé sur la plus haute marche du podium (ici) l’album deep-house de DJ Sprinkles, Midtown 120 Blues (ici). Aucune contestation possible tant cette house suintait la classe absolue. Depuis, celui que l’on connaît mieux sous le nom de Terre Thaemlitz était reparti sur sa terre d’accueil, le Japon. Cet extraordinaire personnage, originaire de New York, a fuit la Grosse Pomme pour mieux vivre sa sexualité sur les terres moins formatées du Soleil Levant. L’androgyne Terre Thaemlitz (il réfute le terme de transsexuel, trop restrictif selon lui) est un érudit étendant ses connaissances au-delà de la simple sphère musicale. Passant avec aisance de la musique à la photographie, l’écriture, la vidéo ou encore le design graphique, son œuvre est tellement prolifique qu’il est difficile d’en dégager une tendance unique. Ce qui demeure, c’est cette démarche profondément politique visant à ouvrir les gens sur les minorités sexuelles. Pour arriver à ses fins, il se sert principalement de la musique et est ainsi à l’origine d’un son particulier qu’il a lui-même baptisé "fagjazz". L’idée étant de s’approprier des thématiques jazz pour arriver à un son deep-house afin de démontrer que rien n’est figé, tout est mouvant. Cette allégorie musicale lui permet ainsi d’insidieusement ancrer ses idées dans l’esprit de ses auditeurs.

 

On retrouve donc notre singulier musicien sous l’appellation de K–S.H.E. (pour Kami-Sakunobe House Explosion) car il aime à brouiller les pistes, multipliant ses identités toujours dans cette idée d’éclatement des normes. Routes Not Roots n’est pas un nouvel album à proprement parlé car étant déjà sorti en 2006 mais uniquement au Japon (et donc introuvable ailleurs depuis). Il n’en demeure pas moins que cette sortie fait figure de nouveauté. Je vous mets d’ailleurs au défi d’arriver à situer contextuellement l’album. Ce dernier sortirait pour la première fois aujourd’hui, vous n’y verriez que du feu.

Routes Not Roots est une perle ! Il est impossible de cataloguer l’album dans l’étroite case de la deep-house tant Terre Thaemlitz se joue des genres et des formats. Oscillant entre courtes interludes nippones mettant en avant un travesti japonais se faisant passer pour une fille de lycée, longues plages (dépassant allègrement le seuil des 10 minutes) de fagjazz lancinantes et moites, incartade improbable sur un stand-up queer et sublimes tracks de deep-house, les douze morceaux de l’album frôlent la perfection. Rien que l’ouverture, Down Home Kami-Sakunobe, a de quoi vous laisser transi. Ce bijou deep-house aux basses souples n’en finissant plus de vous achever avec ses cordes déchirées et déchirantes. La prouesse de Terre Thaemlitz étant d’user jusqu’à la moelle une rythmique répétitive en y insérant de la manière la plus subtile qui soit des éléments extérieurs. Tout se confondant alors à la perfection. Et que dire du morceau achevant ce voyage dans les marges ? Infected offrant une sémillante house sur une thématique pourtant obscur : les cobayes médicamenteux contre le VIH. L’unique point de fixation de l’album étant cette tendance à jouer sur la répétitivité pour mieux fixer l’attention de l’auditeur. La démarche pourrait paraître bancale mais le résultat est sidérant tant le travail sur la matière sonore est subtile (aucune compression sonore et refus du kick).

 

Absolument rien n’est à jeter dans cet album frôlant la perfection. On savait que la musique de Terre Thaemlitz était synonyme d’une house de haute qualité et Routes Not Roots en est la plus singulière confirmation.  Le titre offre d’ailleurs une des multiples lectures possible de l’album. Il n’est aucunement question de racines mais uniquement de chemins, de propositions de pistes à explorées. Terre Thaemlitz poursuit avec brio son travail sur la notion d’identité. Trop rare sont les artistes de cet acabit. Que l’album soit de 2006, après tout, on s’en fout. Routes Not Roots sera sans doute un des meilleurs albums house de 2011. Neutralisons les normes !

 

333-copie-1.jpg

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

eTMO 17/09/2011 00:17


Ya rien à jeter.. Mouais en tout cas au moins toutes les interludes!!
Sinon les tracks sont vraiment sympas


funky5 24/03/2011 17:42


http://soundcloud.com/carousel-pr/sets/dj-sprinkles-kami-sakunobe-house-explosion-routes-not-roots