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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 20:32

Sortie : octobre 2011

Label : Ed Banger/Elektra

Genre : Synth pop Hard FM

Note : heuu...

 

Est-il nécessaire de présenter Justice, ce duo français composé de Gaspard Auger et de Xavier de Rosnay. Ceux-là même qui ont apporté richesse et gloire au label de Pedro Winter avec leur album Cross de 2007. Incontestables rejetons de Daft Punk et de tout ce que compte la butte Montmartre en zicos surévalués, les Justice ont tout raflé en tentant de faire une synthèse de tout un pan de la pop culture. Font-ils de la bonne musique pour autant ? Bien sûr que non. Et il est même indécent de croire qu'eux même en soient convaincus. Surfant sur les cendres anticipées de la french touch 2.0, leur musique a toujours été à destination d'un auditoire décérébré, bien installé dans son époque du "tout dématérialisé", sans aucune culture ni éducation musicale proprement dite. On toucha des sommets en visionnant le DVD Across The Universe, où ces profanateurs de chapelles musicales douteuses furent propulsés au rang de rock stars désoeuvrées. Je me suis toujours demandé ce que Kourtrajmé avait bien pu trouver à ces fakes désolants. La provocation et le goût du buzz monté à la main gauche est indéniablement plus le truc de Ed Banger, mais il est obligatoire de constater que les clips ont plus que bien aidé à creuser un sillon hype tellement prévisible. Se dégagent aussi de ça des relents d'ésotérisme plus raéliens qu'autre chose. Les Justice n'ont même pas peur de se réclamer de certains symboles chrétiens. Y en a quand même qui ont dû faire la gueule quand ils ont appris que les messes étaient enrefistées au préalable. Mais là n'est pas la question. Ne nous laissons pas détourner de la seule révélation qu'ils furent capables d'exposer : Justice, ça a toujours été de la merde, même bien avant l'étron dont il est question aujourd'hui.

 

Convenons tout de suite d'une chose. Justice n'est pas tombé dans l'écueil de la répétition copie conforme du premier album. Il y a du changement. Réjouissons nous alors. Cette fois-ci, ils tentent de nous faire croire qu'ils sont musiciens, même équipés de synthés guitares (Roland AX-1 ?). L'idée de Justice sur Audio, Video, Disco est d'imposer un revival Hard FM à la musique électronique. Exit donc la dédicace à peine voilée sur l'artwork à l'album Who's Next. Justice auraient bien aimé être Metallica ou Iron Maiden, il faudra qu'ils se contentent du sobriquet de Europe, de Bon Jovi de stades convertis à leur musique définitivement anémique et d'un autre âge.

C'est presque dérangeant de s'infliger une écoute jusqu'au bout. Mais puisque on est des chroniqueurs élitistes et crédibles, on a accepté de souffrir. Souffrir face à ces voix vocodées de beatniks cherchant l'ascension dans des schémas synthétiques trépanés. Justice souffriraient-ils d'un syndrome encore inconnu ? Une sorte de mal incurable, une envie de faire danser les stades sur des hymnes appauvris et avilissants. Il faut dire que Muse ont réussi. On pourrait le croire à l'écoute de Parade, de Ohio ou du titre qui donne son nom à ce chef d'oeuvre de mauvais goût. L'idée de customiser le pire du disco, du funk et de la pop 80's pouvait effectivement relever du succès commercial potentiel. Mais là, même les fluokids des canaux historiques entrent en deuil, jettent leurs robes de bures fluos, leurs casquettes trop grandes et se demandent où sont passées leurs émotions d'éternels adolescents sous turbines putassières et breaks vulgaires. On leur souhaite d'y trouver des vestiges sur les moins pourris et funkys Newlands et Helix (tout en pizzicatis sans cordes à pincer). Une porte vers autre chose leur est désormais ouverte. En comparaison, Yuksek, Brodinski et Sebastian sont des tournedos rossinis. Doit-on s'en réjouir ? Un peu oui, parce que c'est franchement drôle.

 

Le magistral magazine Tsugi parle de cet album dans les termes suivants : "Nous savons que Justice est le grand groupe de notre époque" (album de l'année, et peut-être du siècle). Il n'est même pas sûr que les créatifs et community manager d' Ed Banger aient eu besoin de faire péter la grille des tarifications pour obtenir une telle chronique. Génération sacrifiée ? Génération malhonnête d'incultes oui. Les fins observateurs nés avant les années 90 peuvent eux sourir, on tient là les Milli Vanilli du 21éme siécle. Justice est enfin faite.

 

AVD.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

heyholetsgo 12/07/2012 15:34

"Lire Tsugi parler d'honnêteté, de petite rédaction de passionnés, d'indépendance, de déontologie, etc c'est proprement incroyable.
Si les gens savaient comment ça se passe en vrai. . ."
Commentaire n°34 posté par Jean Marc Barre le 28/10/2011 à 13h05

"Malheureusement, je crois qu'ils n'ont pas envie de savoir..."
Réponse de Chroniques électroniques le 28/10/2011 à 13h12
-----------------------------

J'ai (réellement) envie de savoir. Vous en dites trop ou pas assez. Cela m'intéresse. J'ai été abonné à Tsugi, désormais c'est plutôt vers votre blog que je me penche. Les deux m'ont permis de
faire de belles découvertes.

Merci pour votre réponse.

Paranoiak 16/03/2012 03:41

Je suis un Technoman aigri et j'adore cette chronique ! Je me sens moins seul dans cette bergerie. :)

Mihael Keehl 23/12/2011 15:24

La new vogue "in" est en marche, l'insurrection de toutes les personnifications du bon goût musical en y affichant des grands mots tel que "société" dans la critique d'un disque sans pour autant
être exceptionnelle certes, se veut intimiste. Pour ma part, je les trouvé décevant, propre à tel point que l'électronique a rarement autant peu sonné comme électronique mais je trouve le potentiel
live assez fort dedans. Comme quoi, ôtez vous de suite les clichés du fan boys défenseur de la sainte croix.
J'applaudirai tout de même le "staïle" parce que je ne vois pas de fond dans l'article. J'ai particulièrement adoré le passage où le public cliché de cette french touch très.. Kitsune & ED est
"grossièrement" tailladés... Et oui, de nos jours être catalogués comme de la musique dite mainstream et avoir sa part du gâteau commercial c'est pas hype, you know bro' ?
Donc voilà, je mets une petite tape sur l'épaule du rédacteur en le remerciant pour cette franche partie de rigolade.
On est bien loin du renouveau de la French touch, de la musique quelque chose de fort est en train de se passer, celle de la surélévation des grands critiques littéraires, l'ère désormais des
intellect' peut être plus pompeux que hypeux s'est élevé.

tonton 21/12/2011 15:20

Ce blog a presque inventé le trolling en matière de chroniques. Ca marche toujours aussi bien, on commente, les pleurnicheuses de tsugi en personne viennent meme vous chier dans bottes! Vous avez
gagné, bravo, un article sur les gogoles ça augmente toujours le nombre de clics. Comment fait-on pour rentrer dans la secte?

Hugo 07/11/2011 03:42


Je n'ai pas écouté l'album, j'ai entendu un extrait et ça m'a suffit à m'ôter l'envie de me pencher dessus. Je ne vais donc pas émettre d'avis sur l'album.
Céline, ma petite Céline,
On ne va pas rentrer dans un concours de bite, je ne sais pas qui gagnerait (si un gagnant peut être désigné, Ed en arbitre?) mais ça serait en tout cas très puéril. Cependant j'aimerais bien que
tu viennes dans mon école de co, pour essayer de me vendre le skeud justement, comme ça je te ferais écouter le dernier Make the girls dance. T'es chaude? Je ne sais pas ce que tu fais dans la vie
mais si tu crois qu'on écoute de la musique de qualité qu'à la fac ou en école d'art et qu'il n' y a pas de la merde qui est écoutée ailleurs que dans ces mêmes écoles de co (pub, etc), c'est que
tu dois être aussi limitée que les "incultes musicales" auxquels tu fais référence.