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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 09:52

Sortie : 23 Juillet 2012

Label : Brainfeeder

Genre : Hip-hop psyché et expérimental

Note : 7,5/10

 

Jeremiah Jae était programmé pour sortir des skeuds sentant bon le compost. Le chicagoan a notamment été élevé par un papa jazzman, dans une posture post-hippie, devenue aujourd’hui une caste formatée à part entière. Entre bouffe végétarienne locavore et vélo à pignon fixe, le mec est cependant parvenu à s’émanciper de cette base pour réussir à créer un son singulier. Le rap de Jeremiah Jae a beau transpirer la skunk par tous les pores, il n’en demeure pas moins une tentative de collage sonore étonnamment réussie.

On suit le bonhomme depuis quelques temps, son EP Rappayamatantra nous avait tapé dans l’œil l’an dernier (chronique ici). A l’époque, Jeremiah Jae quittait sa windy city natale pour aller se dorer la pilule du côté de Los Angeles. Il faut dire que quand papa Flying Lotus vous appelle pour vous proposer un contrat chez Brainfeeder, difficile de résister. Direction la mecque des hipsters : L.A. L’idéal pour notre poulain qui en connaît tous les rouages. Et quoi de mieux qu’une ville inhumaine pour mettre en avant un life-style aux antipodes. C’est que le Jeremiah n’en a rien à foutre de la tune, pour lui, la vraie valeur est celle du cœur (là, vous avez le droit de vous marrer). Maintenant que tous les ingrédients sont réunis, le bonhomme n’a plus qu’à sortir son premier album, Raw Money Raps.

 

Les premiers maxis de Jeremiah Jae étaient prometteurs et l’album ne déçoit pas. Pour autant, difficile de parler d’un véritable album tant ce dernier se structure autour de titres sortis ces deux dernières années. Mais faisons abstraction du subterfuge pour mieux se concentrer sur l’identité sonore de l’objet. Raw Money Raps est un album de hip-hop enfumé et psychédélique, dans la ligne directrice des sorties Brainfeeder, tendance Teebs et Samiyam. Mais Jeremiah Jae va plus loin dans l’esthétique arty. Le gazier est un artiste protéiforme, en adéquation totale avec son époque. On sent poindre l’influence de la peinture et plus particulièrement du collage dans nombre de ses morceaux, que ce soit avec le dadaïste Guerrilla (Evolution Pt. 1) ou le trip sous hélium de Raw Money (Passage). Raw Money Raps est un ensemble de vignettes courtes (la plupart des morceaux dépassant rarement les 2min30) s’enchaînant dans un joyeux bordel. Le pire dans cette partouze, c’est le sentiment de tenir un objet homogène.

Mais se limiter à cela est réducteur. Le plus intéressant se trouve plutôt du côté de la soul. Le flow nonchalant de Jeremiah est souvent couvert par une ambiance de soul malade, à base de micro-samples impalpables et fantomatiques. On passe ainsi du rachitique et abscons Cat Fight au cinglant Greetings (feat. Tre) subtilisant la semence du Psyché Rock de Pierre Henry. Nous faisons face à la soul du futur, prenant racine dans l’explosion des schémas narratifs standardisés. Les histoires ne se racontent plus, elles se donnent à vivre uniquement dans la fragmentation.

 

Raw Money Raps est un ovni hip-hop confirmant le talent de Jeremiah Jae. L’américain s’amuse des codes du milieu pour mieux les détourner. Il en résulte un album bordélique et pourtant sincère et accrocheur. On écoute alors Raw Money Raps comme un ensemble de propositions indéchiffrables, se demandant jusqu’où peut aller l’audace.

 

RAWMONEYRAPS_FINAL.jpeg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

ARTY 13/07/2012 14:23

je ne suis pas fan du seul titre que j'ai pu écouter mais j'irai voir sa de plus près!! Il y a un petit Kangding Ray sur stroboscopic artefact j'attend la chronique :) hi hi hi !!!!!!