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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 16:00

Sortie : juillet 2010

Label : Mochilla

 

Mochilla aime les objets originaux. La maison de production fondée en 1997 par les photographes Eric Coleman et Brian Cross (aussi connu sous le nom de B+) propose dans un magnifique coffret DVD tiré à seulement 4.000 exemplaires, trois concerts enregistrés au début de l'année 2009 à Los Angeles, retranscrits en noir et blanc, et ayant vocation à être éternels. Pour tendre à ce statut, trois artistes officiant dans des sphères apparemment différentes ont été réunis sur Timeless.

 

Le premier est Jay Dee. Eteint en 2006, le producteur américain de Detroit se voit en fait organiser un concert hommage, sous le titre Suite For Ma Dukes (la mère du garçon), pour lequel un orchestre de 60 musiciens a été réuni autour du compositeur Miguel Atwood-Ferguson qui a adapté les titres originaux. 15 de ses productions sont exécutées, prenant un relief tout particulier de par leur interprétation par un large ensemble classique. Si la présence de Jay Dee pouvait sembler incongrue à côté des deux autres artistes, la richesse de la musique proposée apporte un démenti formel. Compositions fines et nuancées sont jouées avec une subtilité loin des productions rap. Les hochements de tête ne viennent que plus tard quand la batterie entre en scène, notamment sur Gobstopper, tout en gardant des constructions soignées.

Les titres prennent rapidement des airs de musique de film, rappelant parfois des arrangements de Quincy Jones. Ainsi sur Don't Nobody Care About Us, une grande tension est palpable. L'ambiance monte peu à peu et décolle notamment sur Hoc N Pucky. C'est l'heure pour quelques invités d'arriver sur scène: Dwele chante sur un Angel assez jazz, puis ce sont Bilal, Amp Fidler, Posdnuos de De La Soul et Talib Kweli (ces deux là se font bien plaisir à rapper sur Stakes Is High) qui défilent sur les derniers morceaux.

 

Le deuxième artiste convié est un habitué de nos colonnes en la personne de Mulatu Astatke. Le vibraphoniste éthiopien n'en finit plus de faire l'actualité et de recevoir des hommages de nombreux musiciens de styles différents. La version en concert de certains de ses classiques et de quelques nouveautés permet d'apprécier ses compositions dans le détail. Entouré d'un large groupe, il mène les morceaux derrière son vibraphone avec une certaine discrétion, prenant quelques solos assez sobres.

Entamé par le thème lancinant de Yekermo Sen, le concert permet aux cuivres, au guitariste, au pianiste, au violoniste ou au percussionniste d'intervenir en solo chacun leur tour pour apporter leur contribution au cadre fixé par Mulatu Astatke. Tout comme le premier volet, les morceaux sont parfois entrecoupés de scènes de répétitions ou d'images prises en coulisse avant le spectacle. Ce concert permet d'apprécier le groove assez funky du musicien, sur Yegelle Tezeta par exemple, qui officie toutefois dans un registre plutôt jazz, mais avec une tonalité qui lui et propre.

 

Le troisième invité est moins connu, notamment parce que son heure de gloire a sonné en 1972 avec quasiment son seul album solo qui n'a de plus pas rencontré le succès commercial. Ce disque d'Arthur Verocai est toutefois considéré par certains producteurs américains comme Madlib ou MF Doom comme une perle. Ce DVD permet de se plonger dans les arrangements que le Brésilien n'avait jamais joué en concert, s'étant tourné après le flop de son album vers la composition de musique pour la télévision. Les morceaux sont cette fois-ci entrecoupés d'interviews de Verocai qui raconte son histoire et son rapport à ces morceaux qu'il avait lui-même essayé d'oublier.

Côté son, les arrangements assez cinématographiques de cordes prennent tantôt un esprit jazz avec les solos de cuivres et de saxophones, tantôt funky quand la guitare se met plus en avant ou brésilien lorsque les différents chanteurs s'expriment. Si l'ambiance retombe parfois un peu, cette variété d'influences apporte des regains d'intérêt. Et Verocai semble finalement très heureux de réentendre ce témoignage du passé.

 

Voilà donc trois concerts agréablement filmés, avec de nombreux plans sur tous les musiciens, qui permettront de découvrir ces trois artistes ou d'avoir de nouvelles perspectives sur leurs travaux. Un genre de projet trop rare... d'autant que les heureux possesseurs de ce coffret pourront également télécharger la musique.

 

http://mochilla.com/media/images/2115_shop-thumbnail.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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