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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:28

Label : Atlas / A&M

Sortie : 7 février 2011

Genre : Dubstep de chambre

Note : 3/10

 

On a vite catalogué James Blake dans la catégorie "génie en devenir". Trop vite peut-être… Le jeune londonien, tirant à peine sur ses 22 ans, s’est retrouvé propulsé sur le devant de la scène dubstep en un temps record par la force de quelques EP remarqués et remarquables tel le bijou CMYK (ici) ou encore l’aérien Pembroke (chronique ici). A ce moment là, on pensait vraiment tenir le mec qui allait dynamiter le dubstep, lui permettre de sortir des clichés en l’amenant vers des territoires encore vierges. Ce fut bel et bien le cas avec Limit To Your Love (clip) mais l’orientation pop en laissa plus d’un sur le bas-côté (nous en tête, ne le cachons pas). Mais après tout, seuls les cons restent bloqués sur leurs acquis et la sortie du premier album éponyme de James Blake reste un évènement majeur de ce début 2011.

 

Ce LP se révèle profondément agaçant parce que tristement statique. Ne tergiversons pas : James Blake est chiant malgré quelques rares moments de grâce. Et cela tient à peu de choses.

L’album a beau être court, à peine 38 minutes, il arrive pourtant à provoquer la frustration et l’irritation. En effet, James Blake opte pour un dubstep de chambre, une musique profondément minimaliste où les voix prennent malheureusement l’ascendant sur les arrangements. Le souci venant d’une sur-utilisation de l’auto-tune donnant à la voix un côté R’n’B imbuvable. C’est vraiment dommage car en en faisant un peu moins, il aurait pu se révéler plus attachant. Fatalement, l’ensemble se pare d’un enrobage pop-folk plus mélodramatique que mélancolique. Que le petit James ait des peines de cœur, on veut bien le comprendre, qu’il les mette en musique aussi, mais la façon dont il agence l’ensemble confère à ses compositions un aspect dépressif manquant singulièrement de maturité.

Pourtant, il arrive, lors de quelques fulgurances, à taper dans le mille. Les deux morceaux d’ouverture se révèlent poignant. L’aspect progressif d’Unluck est habile et la voix et les arrangements cohabitent harmonieusement, de même, la fin touchante de Wilhelm's Scream donne l’impression de "tomber" avec Blake lorsque les sons s’étalent pour former un trou noir. Lorsqu’il se focalise un peu plus sur la rythmique, I Mind, on se surprend même à dodeliner suavement de la tête.

Mais cela ne suffit pas à sauver l’album de l’ennui. Un trop long passage à vide parcourt l’ossature de l'album. Pléthore de morceaux anecdotiques finissent pas prendre l’ascendant. Lindisframe I est affreusement vide, totalement gâché par un auto-tune insupportable. Même lorsque James Blake se focalise sur des instrumentations acoustiques, c’est dans une démarche plus paresseuse que minimaliste. Les douces notes de guitare de Lindisframe II n’apportent rien pendant que le piano de Give Me My Mouth et Why Don’t You Call Me nous statufie définitivement dans la lassitude.

 

Ce premier album de James Blake est bien trop lisse pour être une franche réussite mais cela n'empêchera pas l'album de faire un carton. James Blake semble avoir voulu livrer un album résolument sincère et on ne peut rejeter cela en bloc. Parlons seulement d’erreur de jeunesse mais restons lucide, il a encore tout l’avenir devant lui.

 

http://www.addictmusic.co.uk/wp-content/uploads/James-Blake-Album-Cover-300x300.jpg

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

shift. 22/07/2011 09:38


LIMIT TO YOUR LOVE RESTE UN MORCEAU SUBLIME
QUOI QU'ON EN DISE.
MERDE.


johnnyjohn 08/02/2011 20:15


N'ai pu écouter que 2 titres sur Discogs.
A partir de là, je la fais courte. C'est chiant. Aucun intéret.
(que ce soit du dubstep ou pas n'est pas le souci)
2 titres m'ont suffi. Pas envie d'entendre les 32 autres minutes.
Un génie dubstep ? Sortez moi Shackleton.
C'est purement subjectif et parfaitement assumé.


Chroniques électroniques 08/02/2011 20:21



Ah c'est clair qu'on est loin, très loin, de Shackleton.


 


B2B.



WeirdLittleMan 07/02/2011 18:25


Pour rajouter de l'eau au moulin, je viens de l'écouter sans aucun a priori par rapport à ces E.P, à savoir si c'est commercial, prétentieux ou divin...Et j'ai pris une grosse baffe musicale ! J'ai
trouvé ce mélange de Gospel et de Dubstep vraiment réussi, d'une belle finesse et qui m' a emporté pendant 30 mn. Après pour le côté prétentieux et commercial, je préfère écouter le dernier Kanye
West qui me régale de ce point de vue-là !


Chroniques électroniques 08/02/2011 20:22



Mais je l'ai aussi écouté sans a priori. Non, sincèrement, l'engouement autour de l'album m'échappe. C'est d'un plat, d'un convenu, d'un chiant...


 


B2B.



benoit 07/02/2011 10:10


@B2B : je rejoins ton point de vue même si je suis moins sévère que toi. Je ne trouve pas l’album franchement mauvais. C’est simplement que j’attendais autre chose de ce garçon qui ouvrait pas mal
de portes sur ses EPs.


Chroniques électroniques 08/02/2011 20:23



Tu es quand même bien plus indulgent que moi dans ta chronique.


;)


 


B2B.



Quellwasser 22/01/2011 22:58


Mince.
Et bien tu confirmes la baisse en qualité du contenu et du discours observée sur ce blog depuis quelques temps. C'est dommage d'avoir si peux d'ouverture. Quoiqu'il en soit, je conseille vraiment à
chacun de se faire son propre avis sur cet album (et tous les autres) en prenant beaucoup de distance sur "l'avis" et non "la chronique" proposée ici.


Chroniques électroniques 23/01/2011 09:48



Salut Quellwasser, nos chroniques ne sont que nos humbles avis, que l'on essaie de donner le plus sincèrement possible. Il semble en effet très difficile de parler objectivement de quelque chose
d'aussi subjectif que la musique, et ce n'est d'ailleurs pas notre but. Nous donnons notre ressenti en toute subjectivité. Donc libre à chacun de se faire son propre point de vue et de l'exprimer
s'il le souhaite dans les commentaires. 


Raph