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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 15:42

Sortie : juin 2011

Label : Cocoon Records

Genre : Tech-house minimale

Note : 5/10

 

Lorsque l’on décide un soir chez soi, un peu esseulé, quelques shots de Mezcal et deux ou trois spliffs dans le nez, d’intituler son nouvel LP On the Road, il faut être intimement décidé à produire le disque de sa carrière. Personne n’ignore la provenance de ce titre évocateur, soit le génial roman de Jack Kerouac, écrivain tutélaire de la Beat generation (avec William Burroughs ou Allen Ginsberg), qui secoua l’Amérique littéraire des années 1950 et 1960, contemporaine de l’explosion de la jeunesse jazz d’après-guerre et de l’invention parallèle du glam-rock (Bowie, The Velvet Underground, Iggy & the Stooges, etc.). Le Polonais Jacek Sienkiewicz, curieusement peu connu du grand public malgré désormais quatre LP au compteur, dont trois chez Cocoon, semble avoir voulu relever le défi de mettre en musique cette œuvre définitivement entrée, tout comme Le Festin Nu, au panthéon des œuvres littéraires du 20e siècle.

 

Le con m’aura fait espérer 1'30 un chef-d’œuvre inconnu, mais soyons net : c’es un échec. On aurait pourtant pu imaginer de bien belles choses : un On the Road transposé dans la Pologne natale de Sienkiewicz, ou bien une évocation deep, dub ou micro-house de paysages sud-américains ocres et desséchés, défilant lors d’interminables et chaotiques voyages en camionnette bringuebalante, flash de bourbon à la main, aux côtés de jeunes pleins de rêves et de désirs d’horizons nouveaux : prendre la route et ne plus la lâcher, se perdre dans ces interminables et désertiques lignes droites aux nids de poules incessants et au soleil meurtrier. On aurait pu y sentir la liberté adolescente de fuir un monde sans intensité, où la seule promesse d’héritage d’une petite ferme texane tient lieu d’accomplissement vital ; on aurait dû sentir la lente fulgurance du départ conscient vers nulle part, l’errance comme seul but, le refus des identités fixes…

A la place, nous avons une tech-house minimale basique et sans relief, que les DJ internationaux n’intégreront dans leurs playlists qu’en vertu de l’inévitable anonymat du bonhomme. Aucun morceau n’est vraiment mauvais, mais aucun non plus seulement bon. En tout cas, on peine à déterminer un seul track qui pourrait sauver l’ensemble. C’est terrible, parce qu’outre la prétention infinie du titre de ce LP, On the Road incarne parfaitement cette minimale insupportable que dénonce dans son ensemble Chroniques électroniques : des morceaux longs de plus de huit minutes pour faire croire à un développement spirituel profond, alors qu’il n’y a que de la répétition stérile de boucles inintéressantes ; une monotonie malheureusement involontaire, soutenue par un BPM mid-tempo inamovible… rien ne parvient à enthousiasmer, aucun paysage défilant "on the road" ne réussit à nous captiver. Même le single qui surclasse habituellement les autres titres de ce genre de prod’ est absent, et l’on ne sent malheureusement jamais cette étrange excitation à l’idée d’arriver aux portes de Las Vegas, la vulgaire… rien, pas une émotion.

 

Ni bon, ni mauvais, seulement inexistant : tel pourrait être l’appréciation global de ce travail de laptop technologiquement dépassé, qui peut être comparé à nombre de Dubfire, Radio Slave et autres charpentiers du linéaire. Tout au plus un mauvais warm-up, ce On the Road sans cœur ni génie atterrira bien vite dans les bacs de la prétention sans scrupule. Si vous cherchez une BO du roman On the Road, allez plutôt voir du côté de l’americana des pères historiques du drone, Earth (par exemple le magnifique The Bees made honey in the lion’s skull). Désespérant !

 

http://www.deeptechhouse.com/images/postimgs/9e08f5589bca34cc7f3255e0aaf519d63b3264ab.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Héron Anonyme 27/07/2011 09:59


Et si Jacek Sienkiewicz n’avait jamais lu Kerouac, dans quel camp se situerait la prétention ?


Unknown 26/07/2011 19:40


Et puisqu'il est question de Earth, allez faire un tour aussi du côté de "Hex : or printed in the infernal method" ou "Earth 2 : Special Low Frequency Version", dont je crois les titres parlent
assez bien.
Je n'écouterai pas ce disque, vous m'en éloignez Chroniques, bienveillants vous m'en éloignez, mais la pochette de ce disque m'en aurait éloigné aussi efficacement. Même les communicants les plus
malhabiles des éditions Gallimard n'auraient jamais osé affubler la littérature de ce Monsieur Kerouac de pareille niaiserie. Ils le font? Bah oui, ils le font. Je n'en pense rien? Non, n'en pense
rien.
Et si peut-être vous avez cinquante minutes à accorder à une Amérique curieuse et maladroite, mais qui en a senti la poétique, les larmes et les désirs, elle sera alors finlandaise, dirigez-vous
vers ce joli disque en téléchargement libre : "Lovely Bone Structure" par Heroin and Your Veins. (heroinandyourveins.bandcamp.com). Les finlandais eux-aussi ont de magnifiques et infinis paysages.
Et des lacs immenses et innombrables et font des paysages qui n'ont guère à rougir de leurs concurrents outre-Atlantique. Je pense naturellement à ce joli disque rapport à la référence à Earth.
J'espère que vous y trouverez plaisir. J'y pense aussi pour avoir regardé pour la centième pathologique fois Blue Velvet hier soir. Triste juillet.
Chroniques, bien à vous.