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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 18:28
Un producteur français qui a brillé autant dans le rap que dans la musique électronique, DJ par dessus le tout, il n'y en a pas des tonnes. On en a interviewé un des rares, DJ Mehdi, à l'occasion de la sortie de son album de remix, Red, Black & Blue, qui permet de découvrir des titres passés ou présents du bonhomme dans des styles assez variés.

Commençons pas le commencement, peux-tu nous raconter tes premières expériences de producteur ?
Aussi loin que j'ai eu l'envie ou l'ambition de faire de la musique, ou même d'être simplement DJ, ça a toujours été pour faire du rap. Pour le dire autrement, le rap est antérieur à mon désir d'être musicien. J'ai d'abord voulu danser, puis taguer, puis rapper, puis beat-boxer. J'étais dans le hip-hop, ensuite je suis devenu DJ, puis compositeur, etc...

Quels souvenirs as-tu de cette période quand la Mafia K'1fry n'était pas encore très connue ?
D'excellents souvenirs. On était tous très jeunes, je connais par exemple Kery, Rohff et le 113 depuis que j'ai 15 ans. J'en ai 32 aujourd'hui. On apprenait la musique en même temps que la vie. On était tout le temps ensemble.

Il y a eu ensuite le succès, surtout avec le 113, et puis les premières tentatives plus électro, comment as-tu glissé du rap à l'électro ?
En 1996, après le premier album d'Idéal J, j'ai eu un coup de fil de MC Solaar. Il m'a demandé de venir à son studio, de lui faire écouter des instrus, de participer à la production de son 3e album. C'est là que j'ai rencontré Zdar et Boombass de Cassius - à l'époque Motorbass et La Funk Mob. Ils m'ont fait écouter leurs disques, puis emmené avec eux en tournée, mixer en Angleterre et aux USA. Sur une date à New-York, en 1998, j'ai rencontré Pedro (Winter aka Busy P, NDLR) et les Daft Punk. De fil en aiguille, Pedro et moi nous sommes rapprochés. Pour résumer, tout fut une affaire de rencontres.

Le premier album, les maxis sur la label Espionnage, comment se sont passés ces débuts solo ?
D'abord, il faut rappeler que je n'était jamais vraiment solo au début d'Espionnage. Il y avait toujours Manu Key avec moi, que ce soit derrière le sampler ou chez le banquier. L'idée du label, c'était vraiment tous les deux. D'ailleurs, les premiers maxis du label, Rohff, Rocé, 113, Karlito, sont tous des projets menés en duo. Manu Key est complètement central dans la naissance d'Espionnage. De même, l'équipe de Chronowax, notre distributeur à l'époque, et de 360 Design, notre graphiste/marketing, faisaient intégralement partie de l'équipe. Ensuite, l'idée de faire de la musique instrumentale, seul, était déjà présente dans les premiers albums d'Idéal J et de 113, où de longs interludes musicaux ponctuaient toujours les disques. 

Et puis tu as trouvé une sorte de nouvelle famille avec Ed Banger...
Tout ça fut très progressif. Comme je te l'ai dit, je connais Pedro depuis plus de dix ans. Il y a eu plusieurs étapes avant d'arriver à l'Ed Banger : d'abord il y avait "la bande des Daft", puis Headbangers Entertainment, avec Cassius, Cosmo Vitelli et Thomas Winter&Bogue. Enfin, le label Ed Rec, avec So-Me, Mr Flash et Justice d'abord en 2003, puis dans un deuxième temps Sebastian, Uffie, Feadz et Mr Oizo, vers 2006. On pourrait également ajouter Kavinsky, et les Institubes avec Surkin et Para One notamment, tout ça donnant naissance à une scène assez homogène, et très unie. Quelques bons maxis, quelques belles fêtes - en Angleterre surtout -, et une bonne émulation générale.

Te sens-tu un peu à part, par ta musique ou ton "ancienneté", par rapport aux autres groupes du label ?
Non, pas du tout. Chacun, dans le label, a une personnalité et un son propres. Il n'y a guère que Sebastian et Justice que tu aurais pu rapprocher excessivement en 2006/2007, mais ça n'est plus le cas aujourd'hui. Pedro a toujours veillé à ce que l'équipe reflète ses goûts musicaux : éclectiques et divers.

Tu viens de sortir un album de tes remixs, dont certains datent pas mal, pourquoi ce choix de l'album de remix et comment les as-tu choisi ?
Je me suis beaucoup posé la question, s'il fallait se servir de cette compil' pour "raconter mon histoire", en y incluant des choses anciennes, ou bien "ré-écrire mon histoire" en me concentrant sur les morceaux récents. J'ai choisi la première option, qui a aussi accouché du titre Red Black And Blue, comme trois périodes de ma vie de remixeur. Les titres anciens sont plus simples, plus dépouillés, plus rap aussi. C'est comme ça que j'ai commencé, c'est comme un petit témoignage. Enfin, parmi ceux que je voulais vraiment inclure, il y a eu plusieurs déceptions liées aux maisons de disques impliquées. Certaines major, Universal notamment, n'ont pas souhaité me laisser ré-utiliser des remixs que j'avais réalisé pour eux. Busta Rhymes par exemple, Ghostface Killa ou Akenaton. Pour ça, j'ai fait un autre disque, gratuit celui-là, qui s'appelle Black Black And Black, et qui reprend tous les tracks interdits. Il est en téléchargement gratuit sur mon site.

Tu as remixé des artistes très différents, et plus ou moins connus, comment choisis-tu ou es-tu choisi ? Quelle est ta recette pour remixer un titre ?
Il n'y a aucune règle. La seule constante pour moi, c'est m'amuser. Je choisis au feeling, des artistes que je connais ou pas, pour des labels cool ou des majors, gratuitement - souvent - ou pour beaucoup d'argent - parfois. Le truc le plus important reste pour moi la rythmique. beat/basse, c'est ce à quoi je m'attaque en premier.

On sent une certaine continuité dans ces remixs, comment définirais-tu ton style, ta patte que l'on retrouve souvent ?
J'ai beaucoup de mal à porter des appréciations sur ma propre musique, je préfère laisser ça à chacun, public ou journalistes. La musique a pas mal changé depuis 1999, l'industrie aussi, le matériel et les possibilités également. J'essaie de me tenir à ma ligne, là où me mènent mes mains et mes oreilles.

Quels sont tes projets musicaux et tes envies ?
Beatmaking and having fun.

Quels sont les groupes de rap et les artistes de musique électronique qui ne quittent pas ta platine en ce moment ?
Drake et Siriusmo, artistes de l'année.

Propos recueillis par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans Interview
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commentaires

Astro 13/11/2009 23:41


Il est au courant que.......
Mais quel bande de clowns...
Autant, bref...

Deuxième coms pour vous dire que votre blog est très bon, que j'y ai decouvert quelques trucs bien sympathiques (j'ai le compliment difficile^^) et pour vous rendre la pareil : à écouter d'urgence,
le Dying In time de port royal ---> top 5 albums de l'année et peut être même plus^^

(Pour ce qui est de fluid audio je me demande quand même d'ou vous avez trouvez ça --> ils en sont à leur deuxième releases et franchement je pensé avoir un peu plus de temps devant moi pour me
le découvrir pépère en solo^^)
Bref.
Bon boulot à toute l'équipe. Vraiment.

Ps : comment vous appréhendez l'alliance (pour une soirée certes mais alliance quand même) de warp avec les clowns susnommés et surtout que cela vous inspire t'ils? D'une manière plus générale,
qu'est ce que cela vous fait de savoir qu'on trouve du alva noto chez colette?)

Sinon pour la meilleur soirée de l'année y'avais le m_nus tour à malte le 11 octobre (comme tout les ans depuis quelque temps) qui à tout déchiré : ambivalent, gaiser, marc houle oblige... Je
conseil fortement aux amoureux du son de se renseigner sur le stitchclub (plein air à 5 km de la plage, 25 degrés) (ils font de vieilles soirées très souvent et ont des gouts plus que douteux
egalement tres souvent. Par contre le boss il s'y connait bien comme il faut et, des fois, attention les yeux!! Bref.
Voilà ce que le voulais dire à dj medhi concernant le debat maximal vs minimal : il ne faut pas prendre les gens pour des cons et assumer la merde pour merdeux qu'on fait : en minimal, chez sender,
trapez, m-nus etc. etc. etc. etc. y'a des trucs infiniment plus dansant que n'importe lequel des sons de chez vous. Pas besoin d'écouter nils frahm ou helios en boucle pour le comprendre.
Enfin bref.


Voila voila!

+

Désolé pour les fautes...