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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 18:27
Alors que le nouvel album de Massive Attack, baptisé Heligoland (chroniqué ici), sort en février 2010, Chroniques électroniques a rencontré Daddy G (à droite sur la photo). Une interview publiée en deux parties et dont la première permet de revenir sur l'histoire du groupe, sa discographie... et de parler identité nationale !

Quand et comment s'est passée la rencontre avec 3D ?

En 1977-78, nous participions à la scène punk de Bristol avec des gens comme Nelly Hooper ou DJ Milo et d'autres amis dont 3D. Nous étions des jeunes gens fans de musique et qui prenions du bon temps. Nous avons créé à cette époque notre sound system, Wild Bunch Project, qui nous permettait de faire des mélanges des nombreux genres musicaux existants à l'époque en Angleterre : soul, punk, new-wave, reggae, etc. C'était très excitant car c'était multiracial et multi-influences. Les disques que l'on jouait alors sont la première influence de Massive Attack. Nous avons baigné dans une culture qui mélangeait les beats ensemble. A Bristol, il a toujours été question de "bassline", notamment avec la musique des Caraïbes et l'influence du dub. Le hip-hop est arrivé en 1983 et nous a beaucoup influencé. C'est le premier style qui nous a unis en tant que DJ. Une musique incroyable avec de nombreux éléments qui gravitent autour comme le breakdance ou le graffiti. Le hip-hop nous a donné notre première "arme" en tant que musicien : le sampler. Neneh Cherry a découvert notre sound system à ce moment là et nous a ouvert les portes des studios pour enregistrer nos premiers disques.


Quand on regarde la discographie de Massive Attack, on peut remarquer deux cycles : le premier, plus soul, avec Blue Lines et Protection, le second, plus rock, avec Mezzanine et 100th Window, très frozen wave. Heligoland est-il le début d'une nouvelle ère pour Massive Attack ?

Quand on regarde, il y a effectivement des cycles, et notre public a d'abord augmenté puis baissé au fur et à mesure de ces cycles. Au début, nous n'utilisions que des samplers, ils n'avaient pas beaucoup de mémoire, nous étions donc limités pour nos premiers disques, et notre musique n'était pas très évoluée. Blue Lines et Protection sont des albums de studio conçus avec des idées de DJ. C'était tout ce que l'on pouvait faire avec des samplers.

 

Quand nous avons commencé à tourner, nous sommes devenus un groupe et notre vision a changé, notamment car nous pouvions voir la réaction du public par rapport à notre musique. Nous avons alors élaboré nos albums avec l'idée qu'ils soient joués en concert. Nous avons alors introduit plus d'instruments. A la platine et aux samples se sont ajoutées la basse, puis les percussions de Talvin Singh, la guitare, etc. apportant aussi une puissance sur scène. D'autres influences sont venues ensuite nourrir nos expérimentations.

Pour résumer, les deux premiers albums étaient influencés par la scène punk avec des incursions funky, reggae, etc. Mezzanine est plus new wave, 100th Window... je ne sais pas ce que c'est !
MassiveAttack.jpg
Pouvez-vous nous expliquer le concept des messages qui passent sur des écrans durant vos concerts ?

Nous ne voulons pas mettre la politique dans la tête des gens, mais nous voulons qu'ils soient au courant, car il se passe beaucoup de choses dans le monde et ils ne peuvent pas tout remarquer. Les hommes politiques nous la mettent parfois bien profond. Massive Attack est très impliqué politiquement, il y a différentes causes qui nous tiennent à cœur, notamment la Hoping Foundation (Association d'aide aux Palestiniens, NDLR). Pour ces raisons, dans toutes les villes où nous allons, nous rencontrons des étudiants en journalisme et nous les interrogeons sur l'actualité. Nous passons ensuite ces informations sur les écrans pendant les concerts. Notre public est surpris par ces messages dont il n'avait pas toujours connaissance.

Quelle image avez-vous de la France au niveau politique ?

J'ai entendu parler du débat sur l'identité nationale la dernière fois que nous sommes passés en France. C'est un débat très actuel sur qui est représenté par un drapeau. Est-ce que cela signifie être français d'origine ? Etre arrivé en France dans les années 1950 ? Qui fait partie de ce drapeau ? Cela signifie quelque chose, notamment pour les pays colonisateurs pour qui il était normal au siècle dernier d'aller en Afrique et aux Caraïbes et décider qu'ils étaient chez eux, tuant ensuite les indigènes. Mais ces colonies ne sont pas la France, c'est l'Afrique. Les Américains ont aussi fait la même chose avec les Indiens à qui appartenait le pays à l'origine.

Ce n'est pas la même chose pour une personne qui vient dans notre pays et qui se bat pour survivre. Il vient en se foutant du drapeau. Pour un pays comme la France, le fait de coloniser un pays revient à s'approprier les terres, mais aussi les habitants. Mais si vous ne les autorisez pas à venir dans votre pays pour partager vos richesses, vous ne devriez pas exploiter ce pays.

N'est-ce pas pénible que les journalistes continuent de vous coller l'étiquette trip-hop, qui semble bien trop étriquée pour Massive Attack ?

Nous comprenons ce qu'est le trip-hop, qui à l'origine fut créée par James Lavelle. Cela permet aux gens de trouver les disques dans les magasins. Mais nous combattons le fait que cette étiquette nous soit collée. Massive Attack est mis dans une boîte qui nous emprisonne. Nous faisons une musique plus large que le trip-hop, mais c'est un nom qui décrit bien ce que nous faisions à l'origine : une musique à base de hip-hop mais qui va plus loin que cela.

(à suivre...)

propos recueillis par Ed Loxapac et Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans Interview
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